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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Les personnalités qui bravent le confinement se font sanctionner, et se font de plus mal voir pas l’opinion publique. Surtout si elles avaient au préalable appelé à une attitude civique et responsable qu’elles ne respectent pas. C’est le cas en Afrique du Sud avec une ministre, au Nigéria avec une vedette. Et de façon un peu différente en Israël avec des ultra-orthodoxes qui se réunissent pour fêter Pâques. Tout ceux-là donc bravent l’interdit. C’est-à-dire ne le respectent pas, on l’a bien compris. Mais braver la consigne a un sens un peu différent : au-delà du non-respect, on est dans la provocation ! Il s’agit d’outrepasser la règle, non pas comme si on l’ignorait, non pas comme si on ne l’avait pas comprise, oubliée, négligée. On fait cela en pleine connaissance de cause ! Et plus peut-être : en faisant comme on dit un pied de nez à la loi. Il y a un côté un peu ostentatoire, presque exhibitionniste dans cette façon de montrer qu’on se moque des commandements ! On les brave comme si on voulait exciter leur colère !

Alors bien sûr ce verbe braver est de la même famille que bravo, une interjection qui a encore un souvenir de son origine italienne, avec son « o » final. Comment comprendre l’évolution de ce sens.

On peut se souvenir qu’avant d’avoir le sens qu’on lui connait, et de représenter un applaudissement, une approbation sonore, publique enthousiaste, bravo était un nom commun. En italien d’abord, en français ensuite !

Un bravo n’était pas un brave ordinaire, mais plutôt un spadassin, c’est-à-dire un genre de tueur à gage, qui mettait sa force et son épée au service de qui le paierait bien. Et en dehors des forces de la loi bien sûr !

Parallèlement le mot est arrivé en France avec la mode du théâtre italien et notamment de la Commedia del Arte, une forme théâtrale particulière basée sur l’improvisation à partir d’une intrigue, d’une

trame dramatique élaborée au départ. Les dialogues étaient inventés par les acteurs au fur et à mesure qu’ils étaient déclamés, et cette forme d’art reposait largement sur la gestuelle et le mime, ce qui était bien pratique pour des italiens travaillant en France. Les rituels de la scène accompagnaient le succès des représentations et les spectateurs français se sont mis à frapper dans leurs mains pour féliciter les artistes, envoyer des bravos. Et quand ils étaient vraiment très ravis par ce qu’ils avaient vu, ils ne reculaient pas devant le superlatif à l’italienne : bravo, bravissimo !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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