#El francés en la actualidad

Bonne Volonté

mots-actu_v.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Robert Mugabé ne sera pas ambassadeur de bonne volonté pour l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé. Il faut dire que sa nomination avait crispé, tout autant à cause des manquements aux droits de l’Homme dont Mugabé est tenu pour responsable, que pour l’effondrement du système de santé, dont on lui impute la responsabilité, dans son pays.

Il ne sera donc pas ambassadeur de bonne volonté. Qu’est-ce qui s’exprime dans cette formulation ? Le fait que ce titre correspond à un poste symbolique et honorifique : cet ambassadeur n’a pas forcément beaucoup de moyens ou de pouvoir, mais il peut faire ce qu’il peut. Et c’est bien ça la bonne volonté, c’est utiliser son énergie, son intelligence, ses relations, ses réseaux, pour faire tout ce qu’on peut. Mais avec les moyens du bord. Et souvent sans moyens officiels. Celui qui a de la bonne volonté se donne du mal. C’est par exemple l’élève appliqué, travailleur, qui manque peut-être de connaissances de base, ou de dons dans la matière qu’il travaille. Mais son énergie, son désir d’y arriver, son application en tiendront peut-être lieu.

On le voit la bonne volonté s’oppose à la mauvaise. La mauvaise volonté, c’est précisément le fait de traîner les pieds quand on fait quelque chose. De manière oblique, insidieuse, indirecte, on souhaite que ça ne marche pas, et va faire en sorte de freiner le mouvement. Mais pas par une opposition frontale, pas en disant non. Simplement en ne faisant rien pour que les choses se passent bien, en allant trop lentement, en oubliant de répondre au bon moment, en ne faisant que le strict nécessaire. On développe une force d’inertie si lourde qu’il est difficile de la soulever.

Ces deux expressions s’utilisent de façon particulière. Comme un adjectif pour la première, même s’il faut l’introduire avec la préposition « de » : on dit de quelqu’un qu’il est « de bonne volonté ». On a même un roman, ou plutôt une suite de romans, d’histoires différentes qui porte ce titre : « les Hommes de bonne volonté » de Romain Rolland. Et la référence est à comprendre comme une citation biblique : Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! Une citation difficile à comprendre dont la traduction en français a souvent été mise en question. Mais la formule est restée ainsi ! Quant au contraire, la mauvaise volonté, elle est souvent introduite par le verbe mettre : il y met de la mauvaise volonté. C’est-à-dire, il n’y met pas du sien. Voilà une dernière phrase qui correspond bien à cette volonté, bonne ou mauvaise : on y met du sien, ou vraiment, on n’y met pas du sien !

On voit bien que dans ces deux expressions, ce qu’on appelle volonté est un peu particulier. Il ne s’agit pas de volontarisme, mais d’une disposition d’esprit particulière pour aider ou pour freiner une entreprise.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

Logo CANOPE

Coproduction du réseau CANOPÉ.
www.reseau-canope.fr

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias