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Baby Boom

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

L’Indonésie, pays très peuplé, et dont les gouvernements essaient de réguler le taux de fécondité fait face à un baby boom post corona. En voilà un jargon ! Post corona, on comprend ! Il s’agit de la situation qui suit l’attaque de ce virus. Et baby boom, malgré tout, on comprend aussi : l’expression, même si son origine américaine est indéniable, est passée dans un vocabulaire assez courant. Il s’agit d’un accroissement brutal du nombre des naissances, et qui peut avoir des causes diverses. Le confinement, les obligations de rester à la maison, la proximité des couples, une certaine difficulté à poursuivre une politique de contraception… Tout cela peut concourir à une multiplication des grossesses non préméditées. Conséquence logique, même si elle est regrettable : les naissances se multiplient. Et on a ce phénomène que, dans une sociologie courante, on appelle baby boom. Cela ne fait guère que quelques dizaines d’années que l’expression est usuelle, et que tout le monde ou presque la comprend. Et pourtant les sociologues en parlent depuis longtemps et l’étude de ce phénomène a bien 70 ans. En effet, la première vague de baby boom, estampillée comme telle, date de la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Tout le monde le sait, on fait moins d’enfants en temps de guerre qu’en temps de paix : ça s’y prête moins, les couples sont souvent séparés, et tout simplement le cœur n’y est pas. Alors quand la guerre s’arrête, on se rattrape : les unions restées en suspens se concluent, la confiance dans l’avenir revient, le pays se repeuple, les familles prospèrent. C’est donc ce qui s’est passé après la Seconde Guerre mondiale, d’autant que, juste une génération avant, on avait déjà eu une situation un peu similaire : ceux qui étaient nés peu après la première guerre mondiale étaient juste en âge d’avoir des enfants eux-mêmes. Explosion de naissances ! Est-ce parce que ces disciplines se sont beaucoup développées en anglais à cette période ? Est-ce parce que la mentalité américaine de l’après-guerre commence à être très sensible à son identité sociologique ? L’expression débarque en français sous sa forme anglaise : on parle de baby boom.

Et il a même fini par donner naissance à un dérivé, en anglais, et même parfois en français. Le mot baby boom a donc eu un fils, le baby boomer, c'est-à-dire une personne qui appartient à cette génération. Le mot boom, qui est très expressif, qui vient d’une onomatopée passe sans problème en français. En anglais, il a le sens d’augmentation forte et subite, bond, explosion, sens qu’il a peu en français, et sous influence anglaise. On voit d’ailleurs que l’expression baby boom ne s’est pas vraiment francisée : l’orthographe de boom reste anglaise.

Quant au premier terme de l’expression, baby, on comprend bien que c’est un mot qui signifie bébé. Il est resté anglais, bien qu’il soit présent en français. Sa prononciation se rappelle de loin son origine : « bébi ». Et de toute façon on le trouve dans d’autres composés franglais : baby-sitter, pour désigner la personne (en général jeune, c’est un travail de lycéen ou d’étudiant) qui garde de jeunes enfants pendant que les parents sont sortis, ou encore au travail. Et l’activité s’appelle baby-sitting : c’est très courant, ce qui montre que la morphologie des mots anglais commence à s’acclimater en France.

Mais le mot baby est souvent aussi synonyme de petit, ce qui fait que par exemple, on trouve baby-foot, jeu de bille sur une table avec deux buts. Mais là on est dans un vocabulaire plus populaire que baby-sitter ou baby-boom, qui au départ étaient plus chics. Et ça se retrouve dans la prononciation : baby-foot. Pas « bébi-foot ».

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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