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Accréditation

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le déroulement des élections est souvent une bonne façon de mesurer le degré de démocratie dans un certain pays. Il y a quelques jours, dans le mot de l’actualité, nous avions relayé ces paroles du président Kabila qui disait que la RDC était non seulement une république, mais aussi une démocratie. Et cette déclaration est aujourd’hui mise à l’épreuve des conditions du scrutin. Ou en tout cas de ce qu’on peut en savoir, puisque le travail des journalistes, qui consiste notamment à aller chercher des informations, les vérifier, les analyser, les transmettre, est souvent rendu difficile, ou impossible. En particulier pour RFI puisque notre collège Florence Morice s’est vu retirer son accréditation. Florence Morice ne pourra donc plus travailler comme journaliste en RDC, et elle devra même très probablement quitter le pays où elle exerçait son métier en tant que journaliste accréditée. Que veut donc dire qu’on lui retire son accréditation ? Ce qu’on appelle l’accréditation d’un journaliste est le dispositif par lequel ce journaliste est reconnu officiellement par les autorités du pays. Il représente son média, et exerce son métier. Il doit bien sûr respecter de nombreuses règles, mais il est amené à couvrir comme on dit les événements : il se renseigne, interroge les uns et les autres, recoupe les informations qu’il a recueillies. Et cette accréditation peut lui faciliter le travail lorsqu’il veut s’entretenir avec des personnalités politiques, se rendre dans des zones troublées ou dans des enceintes officielles. Quand on l’accrédite, c’est d’une certaine façon qu’on lui fait confiance en tant que journaliste. Et qu’on accepte le regard d’un média, qu’il soit étranger ou pas d’ailleurs. En revanche, lui retirer cette accréditation est bien sûr un geste hostile, qui met en cause sont travail ou son éthique, sa morale, sa déontologie professionnelle. Mais retirer l’accréditation d’un journaliste peut aussi bien sûr être interprété comme une peur qu’un certain nombre de choses soient révélées au public : on entrave le travail de la presse quand on a des choses à cacher.

Mais il n’y a pas que dans les pays étrangers qu’un journaliste se fait accréditer : c’est le cas par exemple dans des manifestations officielles : un journaliste se fait accréditer par exemple à l’Élysée : tous les journalistes d’un même média ne vont pas s’y rendre, s’il y a par exemple une Conférence de presse du président de la République. L’un ou l’une d’entre eux s’y rendra après avoir été accrédité, c’est-à-dire agréé, accepté par la présidence. Et c’est la même chose par exemple pour les Jeux olympiques, ou le Salon du livre. Ce qui veut dire qu’il est invité et qu’on ne s’opposera pas à ce qu’il fasse son travail.

Comment comprendre la formation du mot ? Évidemment, il est construit à partir du mot crédit, qui lui-même est de la même famille que le verbe croire. Et le premier sens du mot crédit est proche de celui de confiance : on fait crédit à quelqu’un quand on ne met pas en doute ce qu’il dit, ce qu’il affirme ou ce qu’il promet. C’est à partir de là qu’on peut comprendre le sens financier du mot : je te fais crédit signifie que je ne te demande pas de me payer tout de suite ce que tu me dois : j’ai confiance en toi, et donc je pense que tu me paieras, plus tard, quand tu le pourras.

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