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Académicienne

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Barbara Cassin à l’Académie. C’était déjà officiel, mais c’est aujourd’hui qu’elle prononce son discours d’intronisation et qu’elle doit faire l’éloge de son prédécesseur, l’écrivain et musicologue Philippe Beaussant. Neuvième femme à être admise dans cette prestigieuse assemblée. Une académicienne et non un académicien ! Il est bien certain qu’elle utilisera le féminin pour ce titre qui représente une fonction il est vrai, mais aussi la personne qui le porte. Le point mérite d’être soulevé : de nombreux intellectuels et parmi eux quelques académiciens, et académiciennes, se sont élevés contre la féminisation des titres, faisant valoir que ces titres exprimaient une fonction et que le genre de la personne qui en bénéficiait ne saurait être pris en compte pour affecter le genre du mot.

Argument qui peut paraître spécieux, dicté par la difficulté à accepter l’accession des femmes à des postes longtemps réservés aux hommes, ou parfois tout simplement la peur pour les femmes que leur titre féminin soit mal perçu. Mais on peut se souvenir par exemple qu’Hélène Carrère d’Encausse se présente comme Madame le secrétaire perpétuel (et non perpétuelle) de l’Académie. Alors même qu’à l’entrée académicien du dictionnaire de l’académie, on trouve l’exemple « une nouvelle académicienne ».

Barbara Cassin est donc une nouvelle académicienne, élue en 2018. Mais cela prend du temps de passer l’état de mortel à celui d’immortel. Pourquoi immortel ? C’est bien comme ça qu’on nomme les Académiciens, pour plusieurs raisons : d’abord, on est académicien jusqu’à la mort (ce qui ne rend pas immortel, j’en conviens…). Ensuite, un académicien qui meurt est remplacé (pas vraiment aussitôt, mais quand on se pique d’immortalité, justement, on n’est pas pressé) par un autre, élu à sa place. Mais on ne dit pas vraiment qu’il est élu à sa place : il est élu à son fauteuil. Pour chaque fauteuil, on a la liste de tous les académiciens qui se sont succédé depuis la fondation de la Compagnie en 1635.

On voit donc que tout un vocabulaire s’attache à cette institution, à commencer par ce mot de Compagnie, pour désigner l’Académie, qu’on n’emploie pas si souvent, mais qui est comme un signe de reconnaissance : ça montre qu’on s’y connaît, qu’on sait à qui on a affaire. 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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