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Phéromones artificielles, pour robots-fourmis

Phéromones artificielles, pour robots-fourmis
Le langage des fourmis est basé sur les phéromones.
Wikimedia Commons
En s’inspirant des fourmis qui libèrent d’imperceptibles substances chimiques pour inviter leurs congénères à les suivre, des chercheurs du Royaume-Uni ont développé un système de phéromones artificielles pour coordonner les déplacements d’un essaim de micro-robots.

Première diffusion le 13/12/2015

Les fourmis, qui sont pourtant de véritables pipelettes, ne parlent pas ! Aucun son ne sort de leurs mandibules, ont démontré depuis longtemps les scientifiques pourfendant du même coup une légende saugrenue, selon laquelle la fourmi « cro-onde ». Leur langage d’une extrême complexité est entièrement basé sur les phéromones, d’imperceptibles substances chimiques que ces insectes déposent sur le sol ou projettent dans l'air à la manière d'un spray.

Ces molécules odorantes permettent à ces besogneuses de coopérer en échangeant une multitude d’informations. Les phéromones de piste, par exemple, leur indiquent à la fois l’endroit, la qualité et la quantité des matières sucrées, ou des proies animales qu’elles devront rapatrier illico presto dans la colonie. Une technique de communication dont les roboticiens de l’université de Lincoln au Royaume-Uni se sont inspirés pour coordonner les déplacements de l’essaim de micro-robots qu’ils avaient mis au point.

Des réactions en fonction de variations de couleurs

Le modèle biologique des traces odorantes a cependant été écarté par les chercheurs, leurs mini-machines ne dégazent, bon ou mauvais, aucun parfum et c’est tant mieux ! Elles suivent les pistes lumineuses que lâchent par intermittence une myriade de petits robots déambulant à la surface d’un écran LCD posé à l’horizontal.
 
Les engins qui sont équipés de capteurs réagissent aux variations de couleurs et à l’intensité des traces lumineuses pour s’agglutiner entre eux ou pour identifier le meilleur chemin afin de se regrouper. L’expérimentation réalisée par les chercheurs du Royaume-Uni, bien que circonscrite aux déplacements restreints de robots à la surface très limitée d’un écran, préfigure peut-être un système de communication universel entre les machines.

Piloter des cohortes de micromachines miniaturisées à l'extrême

Tous les roboticiens sont actuellement à la recherche d’un dispositif autonome, de coordination et de liaison, pour piloter des cohortes de micromachines miniaturisées à l’extrême. Centaines serviront  d’outil de surveillance médicale, d’autres dans le secteur industriel inspecteront les microfissures des structures en béton ou dans les tuyaux détecteront des fuites de gaz… Une multitude de petites machines savantes qui ne devront jamais se perdre ni de vue, ni en chemin.

Ce langage à base de phéromones artificielles entièrement copié sur celui des insectes nous rappelle également que si l’union fait bien la force, elle ne vaut rien sans la coopération et l’échange d’information avec son prochain. Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr

 

Posted on 2016/01/18 - Modified on 2016/01/18 - By Dominique Desaunay

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