La découverte d’une mandibule vieillit l’homme de 400 000 ans
La découverte de cette mandibule vieillit l'espèce humaine de 400 000 ans.
Brian Villmoare / AFP
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La découverte d’une mandibule vieillit l’homme de 400 000 ans

L'humain pourrait avoir vu le jour plus tôt qu'on le croyait. C'est ce que pensent les scientifiques après la découverte d'un fossile de mandibule daté de 2,8 millions d'années avant notre ère. Une véritable avancée dans la quête du chaînon manquant dans l'évolution entre le grand singe et l'Homme.
By Léa Ticlette -

Les humains pourraient être plus vieux qu'on ne le pensait. Ils auraient en fait vu le jour 2,8 millions d’année avant notre ère et non pas 2,4 millions d’années, comme l'indiquaient les précédentes découvertes paléontologiques. C’est ce qu’affirment les scientifiques des universités de l’Arizona et du Nevada après une découverte, dans la zone de fouille bien connue de Ledi-Geraru, dans la région éthiopienne de l’Afar. Une zone riche en restes paléontologiques.

C'est un bout de mâchoire inférieure, avec cinq dents encore dessus, que les paléontologues ont déterré cette fois, et qui a fourni ces précieuses indications. Elle est petite et porte des caractéristiques de l'australopithèque - l'ancêtre de l'humain, qui est encore un grand singe - et de l'espèce Homo, dont l'homo sapiens et l'humain moderne font partie.

Ainsi, elle a le menton fuyant de l'australopithèque, mais sa proportion globale, ses molaires fines et ses prémolaires symétriques sont celles de l'Homo. Seuls 200 000 ans séparent cette mâchoire du dernier spécimen connu d'australopithèque. D'après les scientifiques qui l'ont découverte, il s'agit d'un excellent exemple de transition des espèces, dans une période clé de l'évolution humaine.

Une évolution liée au climat ?

D’après une recherche complémentaire parue, elle aussi, dans la revue américaine Science, cette évolution serait liée au climat. Les scientifiques ont étudié notamment la roche et les fossiles de végétaux pour comprendre les données climatiques datant de cette période. Leur conclusion : il y a bien eu un changement de climat entre la période de l’australopithèque et celle de ce nouvel individu. Impossible pourtant de savoir précisément si ce changement est bien un facteur de l’évolution constatée, et s’il en est le seul responsable.

Chaînon manquant ?

Une autre question préoccupe les paléontologues. Ce spécimen est le premier trouvé qui porte ces caractéristiques, comment savoir alors s’il s’agit bien de notre ancêtre direct ? Il pourrait être en fait le représentant d’une lignée d’Homo autres, qui aurait foulé la Terre en même temps que nos ancêtres directs, avant de s’éteindre, comme ce fut le cas de l’homme de Néandertal.

Ce qui manque donc pour compléter les connaissances, ce sont plus de données, donc plus de fossiles, qui permettraient de mettre en lumière davantage de caractéristiques de cette nouvelle espèce d’homme préhistorique. Et de répondre ne serait-ce que provisoirement à la question : a-t-on découvert le chaînon manquant de l’évolution humaine du grand singe à l’homme moderne ?

Posted on 2015/11/23 - Modified on 2015/11/23

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