Un champ de pommes de terre BASF, aux Pays-Bas
Un champ de pommes de terre BASF, aux Pays-Bas.
BASF France
Article

Bruxelles autorise la culture d’une pomme de terre OGM

La Commission européenne a annoncé, le 2 mars 2010, avoir autorisé la culture d'une pomme de terre génétiquement modifiée du groupe allemand BASF. C’est le premier feu vert de ce type, depuis douze ans, dans l'Union européenne où les OGM suscitent une vive controverse. Cette décision a déjà provoqué une vague de protestations dans l’Union, notamment de la part des écologistes mais aussi du gouvernement italien.
By RFI -

Avec notre bureau de Bruxelles

M. Krasnopolski, porte-parole de la firme agrochimique allemande BASF s'exprime à propos d'Amflora (00:36)

La Commission européenne autorise désormais les pays membres à cultiver et à commercialiser trois variantes du maïs transgénique MON 863, résistantes à la chrysomèle de cette céréale, dues à la multinationale américaine Monsanto, ainsi que la pomme de terre génétiquement modifiée Amflora, mise au point par le groupe allemand BASF.

Techniquement, cette pomme de terre ne se destine pas prioritairement à l’alimentation humaine, mais plutôt à fournir la matière première nécessaire à des productions industrielles tels les textiles, les adhésifs et le papier.

L'Eurodéputé d'Europe-Ecologie José Bové rappelle les recommandations européennes sur la sécurité alimentaire (01:21)

Ceci marque un succès à Bruxelles du lobby pro-OGM qui s’était heurté cinq ans durant aux réserves du commissaire européen à la Santé publique, le Grec Stavros Dimas. Son tout nouveau successeur, le Maltais John Dali, s’est montré d’autant plus facile à convaincre que le président de la Commission, José Manuel Barroso, n’a jamais caché son approche favorable aux OGM.

Cependant cette décision devrait s’accompagner d’une liberté désormais laissée aux Etats membres de choisir ou non la culture des OGM, alors que la surface totale de celle-ci ne cesse de reculer en Europe.

Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

« Nous nous réjouissons après 13 ans d’attente. La voie est désormais libre pour une mise en culture commerciale cette année. Nous espérons que cette décision constituera un tournant pour d’autres innovations en faveur d’une agriculture compétitive en Europe ». Le géant de la chimie BASF est satisfait. Son combat a été long. Et l’entreprise a bien failli jeter l’éponge.

Le mois dernier, la société de Ludwigshafen avait menacé d’aller voir ailleurs et d’abandonner l’Allemagne si l’autorisation de la Commission européenne pour sa pomme de terre Amflora n’avait pas été accordée. D’autant plus qu’un concurrent a élaboré une pomme de terre aux caractéristiques similaires mais qui n’est pas génétiquement modifiée.

BASF avait obtenu l’an dernier l’autorisation de la ministre de l’Agriculture allemande, la conservatrice Ilse Aigner, de procéder à un test agricole sur une superficie limitée dans le Nord de l’Allemagne. Depuis, l’Allemagne a changé de gouvernement. Le contrat de coalition conclu, à l’automne dernier, entre les chrétiens démocrates et les libéraux mentionnent expressément la pomme de terre Amflora dont la culture doit être soutenue.

Pourtant, l’enjeu commercial reste modeste pour BASF même si les mouvements de défense de l’environnement critiquent ce qu’ils considèrent comme un cadeau fait à la société. BASF table sur un chiffre d’affaires de 20 à 30 millions d’euros. Mais, l’entreprise a d’autres projets notamment une pomme de terre génétiquement modifiée qui résiste mieux aux parasites.

Le responsable OGM de l'association écologique Greenpeace, Arnaud Apotheker, estime que le gouvernement français doit prendre ses responsabilités (00:26)

Pour en savoir plus :

Consulter le site du ministère français de l'Environnement
 

Posted on 2015/10/02 - Modified on 2015/10/28

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias