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À la Une: Grippe H1N1: le rapport du Sénat qui accuse

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Kiosque à journaux.
AFP
« Contrats déséquilibrés et rigides » : plusieurs quotidiens reviennent ce matin sur un sujet dont il était question tous les jours l'été dernier : la grippe H1N1.

En 2009, à la même époque, on se battait contre ce virus, on déployait tous les moyens nécessaires pour lutter contre ce que l'on présentait comme une pandémie.

En 2010, on prend du recul et pour cause, un nouveau rapport a été publié après celui de l'Assemblée, celui du Sénat et pour l'Humanité, le texte est « bien moins indulgent que celui rendu public début juillet » qui permettait à la ministre de la Santé de « pavoiser ».

Dans ce rapport, dont on peut lire des extraits dans Le Figaro, Libération ou encore l'Humanité, on s'intéresse notamment aux liens entre l'industrie pharmaceutique et les experts chargés de conseiller les autorités sanitaires.

Et Le Figaro explique et bien que « le gouvernement a été empêtré dans des contrats déséquilibrés et rigides signés avec les producteurs de vaccins qui ne lui ont pas laissé beaucoup de choix ».

« Le gouvernement, bon gogo des labos » titre Libération. l'Humanité parle d'un «virus inoculé a l’état par les labos », et si Le Figaro note « qu'il faut se souvenir que les laboratoires, alors en position dominante, fixaient eux-mêmes les règles face à des États soucieux avant tout de protéger leur population », l'Humanité constate que « l'actionnaire de référence du laboratoire Sanofi est L'Oreal de la très chère Mme Bettencourt ».

« L'opacité des contrats d'achat de vaccins, c'est sur ça que le Sénat appuie » écrit Daniel Ruiz dans La Montagne.

« Une sorte de piqûre de rappel, selon lui, sur un autre conflit d'intérêts cause de bien des fièvres ».

Et puis l'Humanité fait les comptes: pour Sanofi, « les commandes de vaccins anti-grippaux se sont élevées à plus d'un milliard d'euros, soit une hausse de 46 % par rapport à 2008 » même constat chez GSK , « ses ventes de vaccins ont augmenté de 30% » mais « les salariés des labos, eux, n'ont jamais vu la couleur du jackpot de la grippe H1N1 » poursuit le journal. « Sanofi va fermer son site de chimie de Neuville sur Saône pour ouvrir un centre de vaccins juste à côté (...) sur les 700 personnes du site de chimie, nul ne sait combien seront reclassées ».

Virus, labos... autre mot à la une des journaux : sécurité

Cela fait déjà plusieurs jours que l'on en parle, notamment depuis le discours de Nicolas Sarkozy à Grenoble la semaine dernière dans lequel le président français a assuré que « la nationalité française devait pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un fonctionnaire de police, d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique ».

Une mesure très populaire selon Le Figaro qui publie un sondage Ifop

Déchéance de nationalité mais aussi peines planchers, vidéosurveillance : « des idées de l'UMP approuvées également à gauche », titre le quotidien qui s'interroge : « Qui aurait cru que 62 % des électeurs de gauche approuveraient qu'on retire leur nationalité française à des ressortissants d'origine étrangère coupables de polygamie ou d'excision ? Ou que 50 % des mêmes soient pour la déchéance des délinquants d'origine étrangère qui attenteraient à la vie d'un policier ou d'un gendarme ? »

Et Le Figaro de conclure que « cette évolution n'a pas dû échapper au PS "qui critique mais n'a pas de" contre-propositions ».

Francois Sergent dans Libération, lui, se demande en quoi ces coups de menton xénophobes vont changer la vie et la sécurité dans les rues et les quartiers de France et il poursuit « ce sont souvent des maires de gauche dans des banlieues difficiles (...) ils ne sont ni naïfs ni angéliques mais ils sont plus performants que Nicolas Sarkozy qui, depuis 8 ans, use des mêmes artifices rhétoriques ».

Dans l'Alsace André Schlecht concède que « l’État doit traquer les délinquants et les criminels », mais « il fait fausse route en ciblant les groupes dont ceux-ci sont issus. Un boulanger pédophile, un violoniste trafiquant de drogue et un Alsacien tueur en série ne sont pas un échantillon de leur milieu. Ce sont des individus et des cas d'espèce. Restons-en là ».

Posted on 2015/10/15 - Modified on 2015/10/29 - By Natacha Vesnitch

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