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François Omam Biyik (Footballeur): «Maradona techniquement savait tout faire avec le ballon»

La légende du football Diego Armando Maradona en action lors d'un match de football de bienfaisance au stade olympique de Rome, le lundi 12 mai 2008.
La légende du football Diego Armando Maradona en action lors d'un match de football de bienfaisance au stade olympique de Rome, le lundi 12 mai 2008.
AP - GREGORIO BORGIA
Il avait marqué le plus beau but de l'histoire du football. Diego Maradona est mort le mercredi 25 novembre 2020 d'une crise cardiaque à l'âge de 60 ans. Pourquoi le capitaine de l'équipe d'Argentine était-il meilleur que les autres ? C'était quoi, la différence Maradona ? François Omam Biyik l'a affronté lors d'un match mémorable : Argentine-Cameroun, en ouverture de la Coupe du monde 1990. À la surprise générale, c'est le Cameroun qui a gagné, un but à zéro. Mais aujourd'hui, au micro de Christophe Boisbouvier, le Camerounais rend hommage à l'Argentin.

03'53" - Première diffusion le 26/11/2020

RFI: François Omam-Biyik, quelle est votre réaction à la mort de Diego Maradona ? 

François Omam-Biyik : Je suis triste. Je pense que le monde du football est triste, aussi. Nous venons de perdre l’un des meilleurs joueurs mondiaux. Diego a marqué le monde du football de par ses qualités. Mes premières pensées vont à sa famille. Que son âme repose en paix.

Quel souvenir personnel gardez-vous de Diego Maradona ?

J’ai eu à le croiser une seule fois, lors du match d’ouverture de la Coupe du monde de 1990. C’est quelqu’un qui avait confiance en ses qualités, qui faisait des gestes pour impressionner l’adversaire. Je pense que c’était dans son style. Nous avons essayé de faire le maximum, avec les moyens en notre possession, pour le neutraliser le plus vite possible. Il reste vraiment l’un, sinon le meilleur joueur, contre lequel j’ai pu jouer.

C’est lors de ce match que vous avez marqué ce fameux but de la tête qui a donné la victoire au Cameroun. Est-ce que vos regards se sont croisés ?

Je ne sais vraiment pas si Maradona nous regardait - (rires) -, mais surement que nous, on le regardait… Et sûrement qu’avec mes collègues défenseurs, leurs regards se sont croisés, mais personnellement non, puisqu’il était attaquant dans son équipe et moi dans la mienne. C’est quelqu’un que j’ai beaucoup apprécié et qui m’a donné envie de jouer au ballon, d’aller le plus haut possible.

Et justement, ça fait quoi de jouer contre son idole ?

On s’est préparés autrement, parce qu’on savait que l’Argentine était la meilleure équipe, à l’époque championne du monde, avec le meilleur joueur, avec d’autres joueurs capables, encore, de l’accompagner. Donc on a préparé ce match pour ne pas être ridicules et à la fin, on a été des héros. Voilà… Donc on était heureux de gagner contre cette grande équipe, avec Diego Maradona comme capitaine.

Et est-ce que vous vous êtes échangé des maillots à la fin du match ?

Je pense qu’il a changé le maillot avec Roger Milla. C’est d’ailleurs le seul Argentin qui a voulu changer le maillot

Donc c’était un grand monsieur, alors !

Oui, on a l’image d’un enfant gâté, mais je pense plutôt que c’est à cause du milieu où il a vécu, avec beaucoup de succès, les villes qu’il a fréquentées, dont Naples, où il a eu des hauts et des bas… Mais je pense que c’est un humain et malheureusement il nous quitte aujourd’hui, c’est la vie aussi.

Qu’est-ce qui faisait le talent de Maradona ? Pourquoi il était meilleur que les autres ?

Maradona était meilleur que les autres, parce que, techniquement, avec le ballon, il savait tout faire et il avait un gabarit qui était difficile à contrer. Il allait vite avec le ballon et il voyait vite, il savait jouer juste… Il était adroit devant le but. Je pense qu’il cumulait toutes les qualités qu’il faut trouver sur plusieurs joueurs. Il les avait à lui tout seul.

Il était adroit et il était intelligent, c’est ça ?

Il était adroit et il savait voir le jeu. Il voyait le jeu avant même de recevoir le ballon. Il était juste sur ses paffes, il pouvait dribler toute une défense, comme il l’a fait contre l’Angleterre, en Coupe du monde en 1986. Je ne sais pas si c’est avec France Football qu’il a été élu « Meilleur joueur du siècle ». Il n’était pas loin d’être premier.

Vous savez qu’il y a une bataille entre Pelé et Maradona pour savoir qui est le meilleur joueur de l’histoire du football ?

Oui, je dis toujours que l’on ne peut pas comparer les deux. Ce sont deux générations différentes. Pelé a joué à une période où les règles étaient différentes.

Oui, mais vous avez un petit choix personnel, François Omam- Biyik, je suis sûr qu’au fond de vous-même…

Oui, mon choix, sûrement qu’il va sur Pelé. Ça c’est sûr. Bon… Mais n’empêche que Maradona était Maradona… Il n’y en aura jamais deux, Maradona reste un « Dieu vivant du football », malgré les déboires à la fin de sa carrière.

Posted on 2020/11/26 - Modified on 2020/12/04 - By Christophe Boisbouvier

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