Un Palestinien après les frappes sur la ville de Gaza, le 11 mai 2020.
Un Palestinien après les frappes sur la ville de Gaza, le 11 mai 2020.
Suhaib Salem / REUTERS
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Violences au Proche-Orient: vers l'embrasement entre Israéliens et Palestiniens ?

Après des semaines de tensions et de heurts entre police israélienne et Palestiniens à Jérusalem, un début de conflit se profile désormais. Des roquettes ont été tirées, depuis la bande de Gaza, sur le territoire israélien. L’État hébreu a immédiatement riposté en bombardant l’enclave palestinienne. Au moins 20 personnes dont neuf enfants ont été tués. Les violences prennent une tournure dramatique.
By RFI -

Avec notre correspondant à JérusalemSami Boukhelifa

Les images de la nuit à Gaza rappellent celles de la guerre de 2014. Des langues de feu s’élevant au-dessus des immeubles de l’enclave palestinienne, où vivent, sous blocus israélien, deux millions de personnes. Les avions de combat israéliens ont mené des raids aériens meurtriers à Gaza.

« Nous sommes tellement tristes… Il y a eu des morts, des martyrs à Gaza. Que Dieu vienne en aide à nos frères. Nous, ici à Jérusalem, nous sommes habitués à la répression des forces de l’occupation, ce n’est pas nouveau. On fait face aux tirs de balles en caoutchouc et au gaz lacrymogène. Leurs moyens de répression ne nous font pas peur. Au contraire, cette répression nous pousse à la résistance. Et on finira par les faire plier », estime Amjad, un Palestinien de Jérusalem.

Les sirènes ont retenti

Côté israélien, les sirènes ont également retenti jusque tard dans la nuit. Deux cents roquettes au moins ont été tirées par le Hamas contre le territoire de l’État hébreu, interceptées en grande partie par le « Dôme de fer », le dispositif anti-missiles de l’armée israélienne.

On n'a pas dormi du tout. Chaque heure, il y avait des roquettes. On tremble !

Violences au Proche-Orient : Sdérot, ville fantôme. Par Sami Boukhelifa.

 

Généralement, ce sont les villes israéliennes les plus proches de la bande de Gaza – Sdérot, Ashkélon – qui sont ciblées par les tirs du Hamas. Mais le mouvement islamiste, au pouvoir dans l'enclave palestinienne, a revendiqué des attaques contre Jérusalem où se tenait hier, lundi 10 mai, un grand rassemblement de Juifs nationalistes.

Le Premier ministre israélien a rapidement réagi. « Une ligne rouge a été franchie », explique Benyamin Netanyahu dans une vidéo sous-titrée en arabe et publiée sur ses réseaux sociaux. Il prévient d’ores et déjà : cette période de tensions risque de durer.

« Le Premier ministre, Benyamin Netanyahu, publie sur ses réseaux sociaux : Jérusalem est la capitale d’Israël. Jamais nous ne l’accepterons. Avec ce qui se passe en ce moment, j’espère que les pays arabes qui ont normalisé leurs relations avec Israël le regretteront », poursuit Amjad.

► À lire aussi : Escalade des violences entre Israéliens et Palestiniens: pas d'entente au Conseil de sécurité de l’ONU

L'ONU est « profondément inquiète » de l'escalade des violences en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, a déclaré mardi 11 mai un porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. « Nous condamnons toute violence et toute incitation à la violence, ainsi que les divisions ethniques et les provocations », a déclaré Rupert Colville, lors du briefing régulier de l'ONU à Genève.

Des heurts à Jérusalem-Est

Lundi 10 mai, à la porte de Damas, les Palestiniens ont été violemment réprimés par la police israélienne, qui lançait des grenades, de l’eau usée, de gaz lacrymogène et tirait sur les personnes présentes.

Nous sommes les victimes dans cette affaire, nous ne sommes pas ceux qui veulent voler des maisons, le quartier, non...

Tensions à la porte de Damas, à Jérusalem. Par Alice Froussard.

 

Pour un Palestinien de Jérusalem, qui a passé de nombreuses nuits à la porte de Damas depuis le début du ramadan et porte un tee-shirt avec l’inscription « Pour mon droit au retour », ce qui se passe à Jérusalem depuis vendredi soir est aussi terriblement triste. Tout cela est, selon lui, lié à la violence et une répression qui dure depuis trop longtemps pour les Palestiniens.

« Ce qui se passe à Jérusalem, vous pouvez le comparer à ce que font les colons à Hébron, ce que les colons ont fait à Jaffa, dans le quartier d’Ajami. Ils essaient d’évacuer les maisons à tout prix. La violence d’État et la violence des colons sont main dans la main. Mais là, on voit une réponse palestinienne, et il y a beaucoup de colère », assure-t-il.

Et le jeune homme de poursuivre : « Quand les gens voient qu’Al-Aqsa est attaquée par des policiers israéliens, quand le déplacement forcé des Palestiniens continue encore et encore, ceux du quartier de Sheikh-Jarrah à Jérusalem-Est, évidemment que la situation est intense. Mais c’est assez clair de voir qui a le pouvoir. »

Après ces longues minutes de tensions intenses, le calme était revenu hier dans cette partie de Jérusalem. 

Posted on 2021/05/12 - Modified on 2021/05/12

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