Le Premier ministre pakistanais Youssouf Raza Gilani devant le parlement, le 9 mai 2011.
Le Premier ministre pakistanais Youssouf Raza Gilani devant le parlement, le 9 mai 2011.
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Raid contre Ben Laden: les États-Unis disent non à la demande d’excuses du Pakistan

Le Premier ministre pakistanais, Youssouf Raza Gilani a demandé lundi 9 mai 2011 que les États-Unis présentent des excuses pour avoir agi unilatéralement en attaquant la maison où se cachait Ben Laden sans avoir averti le Pakistan. L’administration Obama a opposé une fin de non-recevoir à cette demande.
By RFI -

Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet et notre correspondante à Islamabad, Nadia Blétry.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney a dit que les États-Unis ne s’excuseraient pas pour le raid contre Oussama Ben Laden. Mais si l’administration Obama refuse de présenter des excuses pour son unilatéralisme, elle n’en souhaite pas moins maintenir la coopération avec le Pakistan.

Comme l’a souligné le porte-parole du président, les relations avec Islamabad, pour compliquées qu’elles soient, sont importantes. C’est pourquoi, tous les officiels américains, à commencer par Barack Obama, ont souligné que le Pakistan avait contribué dans une certaine mesure à la découverte du chef d’al-Qaïda, et souhaitent que la coopération continue : « Elle reste vitale et doit se poursuivre », a dit Jay Carney.

 

Une administration qui fait preuve de retenue

Mais pour le moment, des tensions demeurent. Islamabad a rendu public le nom du chef de la CIA au Pakistan et a fait attendre Washington pendant une semaine avant de finalement donner son accord à un interrogatoire des trois épouses de Ben Laden.

Si l’administration Obama fait preuve de retenue en ménageant les responsables pakistanais, l’opinion américaine est moins indulgente. Dans un sondage de la NBC, 70% des Américains se disent convaincus que les autorités pakistanaises savaient où se trouvait Ben Laden, et selon un autre sondage, 5% seulement considèrent le Pakistan comme un allié.

 

Au Pakistan, le discours de Gilani n'a pas convaincu

Il y a peu de chance que le discours du Premier ministre Youssouf Raza Gilani ait convaincu l’opinion. Le mardi 10 mai 2011, plusieurs éditoriaux de la presse locale ont dénoncé la langue de bois et l’art de ne rien dire du chef de gouvernement.

Pour sa première allocution devant le Parlement depuis la mort d’Oussama Ben Laden, le Premier ministre a surtout tenu à réhabiliter l’armée et les services de renseignement très décriés dans le pays depuis l’opération commando américaine. Il a également critiqué les États-Unis pour leur intervention dans le pays.

L’annonce de l’ouverture d’une enquête ne devrait pas convaincre d’avantage. Notamment parce que c’est un général proche de l’actuel chef d’état-major des armées qui a été nommé pour diriger les investigations.

Concrètement, c’est donc l’armée qui va enquêter sur elle-même et l’on peut se poser la question de l’objectivité d’une telle enquête dans laquelle l’institution militaire est juge et partie.

Une nouvelle session au Parlement doit réunir le 13 mai 2012 les parlementaires, des responsables de l’armée et des services de renseignement qui devraient évoquer ensemble l’opération commando d’Abbottabad qui a mis tout le pays dans l’embarras.

Posted on 2017/05/09 - Modified on 2017/05/09

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