Le généralissime birman Than Shwe à Kandy (Sri Lanka)
Le généralissime birman Than Shwe à Kandy (Sri Lanka), le 12 novembre 2009.
Andrew Caballero-Reynolds / Reuters
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L'Inde déroule le tapis rouge pour le chef de la junte birmane

Le chef de la junte birmane, le généralissime Than Shwe a été reçu le dimanche 25 juillet 2010 en Inde. Cette visite d'État de plusieurs jours du responsable politique d'un des pays les plus répressifs de la planète dans ce qui passe pour être la « plus grande démocratie au monde » suscite la réaction indignée des organisations de défense des droits de l'homme.
By RFI -

En principe, tout sépare New Delhi de la nouvelle capitale birmane, Naypyidaw : l'histoire, la nature du régime, les ambitions. En principe car, dans les faits, le tournant a déjà eu lieu voici une vingtaine d'années. Aujourd'hui, l'Inde se veut forte, décomplexée et... pragmatique. Elle veut un siège permanent au conseil de sécurité de l'ONU et n'hésite plus à s'afficher avec le diable, pourvu qu'il lui rapporte ce dont elle a besoin pour assouvir ses immenses besoins et sa volonté de puissance internationale et régionale.

1'04" - Les nouvelles priorités de l'Inde expliquées par Emmanouil Athanassiou, responsable du bureau Asie de la FIDH, le 25/07/2010 - par Georges Abou.
« Le gouvernement indien a considéré que son soutien inconditionnel à Aung San Suu Kyi et au mouvement démocratique n’a pas donné le résultat escompté, mais surtout la raison pour laquelle l’Inde a complètement changé d’approche, c’est le rôle qu’elle veut jouer au niveau international et surtout régional… et si elle joue un rôle important en Birmanie, cela lui ouvre un accès à tout l’espace ASEAN. » 
 

Car la Birmanie a beau être l'une des pires dictatures du monde, c'est aussi un pays qui dispose de richesses exceptionnelles et qui peut s'accommoder de toutes sortes de partenaires (chinois, indiens ou thaïlandais), pourvu qu'ils soient compréhensifs. Ainsi, quel que soit le régime en place à Naypyidaw, il est sûr de se faire des amis.

Désormais New Delhi ne veut plus être à la traîne de Pékin. L'Inde a besoin des ressources de son voisin pour produire de l'énergie et faire tourner ses centrales, alimenter ses moteurs et vendre ses produits. Car la Birmanie ne sera pas seulement un partenaire et un client. C'est également une véritable porte d'entrée qui ouvre sur le marché régional des pays de l'ASEAN.

Dans ces conditions, l'opposante Aung San Suu Kyi est certainement une icône sympathique, mais elle ne pèse pas grand chose face aux nécessités de la realpolitik.
 

1'05" - L'Inde reçoit un criminel et pas un chef d'État, rappelle Emmanouil Athanassiou, responsable du bureau Asie de la FIDH, le 25/07/2010 - par Georges Abou.
« L’Inde, qui joue au niveau international le rôle de la plus grande démocratie au monde, qui a une diplomatie très active et veut jouer un rôle important dans la région, il faudrait ... l’appeler à assumer ses responsabilités ... En recevant un des pires dictateurs de la planète, l’Inde ... ignore les valeurs universelles du respect des droits de l’homme ... elle reçoit un criminel et pas un chef d’État. »

Posted on 2017/02/27 - Modified on 2017/09/28

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