Audio

L'avenir médiatique de la Francophonie

L'avenir médiatique de la Francophonie
Logo de l'Organisation internationale de la Francophonie.
DR
Nous parlons de la conférence internationale sur l’avenir des médias francophones qui s’est réunie du 8 au 10 octobre 2014 à Montréal. Une conférence qui vise à inspirer l’action de l’Organisation internationale de la Francophonie entre 2015 et 2018.

Première diffusion le 11/10/2014

Il est une expression qui ne surprend personne à Montréal, et qui en dit long sur l’état de notre Francophonie ; c’est le terme de « pouvoir doux ». Il faut sans doute être Québécois comme Clément Duhaime, administrateur de l’organisation internationale de la Francophonie, pour parler de pouvoir doux plutôt que de soft power à propos des médias. Pouvoir à condition bien sûr qu’il puisse peser face à des outils de masse sur Internet - les Google, Facebook, Amazon, Apple ou Netflix -, qui orientent nos choix culturels ou d’information. Et doux si l’on veut croire que les médias francophones pourront faire entendre leur voix fluette, singulière face à des mastodontes anglo-saxons, qui utilisent nos données de façon parfois un peu dure.

Lors des débats qui ont réuni une cinquantaine de participants venus de 18 pays, ce sont à la fois des motifs d’inquiétude et des motifs d’espoir qui se sont entremêlés. André Provencher, le vice-président du groupe de médias canadien Quebecor, avoue ainsi : « Je n’ai jamais acheté de série française, ils me l’ont bien rendu. » Mais ce même groupe, cette semaine, a vendu toute sa branche de quotidiens anglophones, Postmedia, parce qu’il est plus facile de résister à la concurrence des plateformes numériques américaines avec le français.

Cette langue en partage, elle pourrait parfaitement s’intégrer dans cette économie du partage qu’est la société monde induite par Internet, à condition de ne pas être marginalisée. C’est ce que sont venus dire les intervenants de l’OIF où l’on rappelle que les médias sont « des vecteurs de la diversité culturelle et linguistique ; des acteurs de la gouvernance démocratique ; et des garants de la liberté d’expression ». Marie-Christine Saragosse, la présidente de France Media Monde, qui chapeaute RFI et France 24, demande aussi qu’on refonde la convention de l’Unesco sur la diversité culturelle qui date de 2003 pour y intégrer les médias numériques.

Mais comment éviter cette marginalisation, voire cette balkanisation compte tenu des multiples réglementations nationales ? Tous parlent d’alliances, de partenariats qui associent les créations et les innovations du Nord au dynamisme des médias du Sud. En Afrique où les jeunes décideront de l’avenir des contenus francophones, la chaîne A+ de Canal+ qui s’apprête à être lancée est un signe d’intérêt. Pourquoi pas aussi un Netflix francophone qui oriente vers des séries ou des films de langue française sous-titrés ? Pourquoi pas un moteur de recherche commun ? Après tout, dans les années 1980, c’est bien de ce type de débats qu’est né TV5.

Posted on 2016/03/03 - Modified on 2016/03/03 - By Amaury de Rochegonde

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias