Un pêcheur près de l'île de Pantar en Indonésie.
Un pêcheur près de l'île de Pantar en Indonésie.
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La faune marine a diminué de moitié en 40 ans

Il y a moitié moins d'animaux marins aujourd'hui qu'il y a quatre décennies. C'est le triste constat que tire le WWF dans son rapport 2015 intitulé « Planète vivante océans ». Selon l’ONG, la cause est principalement anthropologique, et l'homme en paiera le prix.
By Simon Rozé -

Poissons, oiseaux, mammifères, reptiles... Toute la faune marine est concernée. Certaines espèces ayant même vu leur population divisée par quatre, comme le thon ou le maquereau les plus concernés par la surpêche. La situation est tellement préoccupante que le WWF a décidé d’avancer la publication de son rapport pour avoir le plus d’impact possible avant la grande conférence internationale sur le climat, la COP 21, qui se tiendra à Paris au mois de décembre.

Car la raison est anthropologique. Qu’il s’agisse de surpêche, de pollution ou de dégradation des littoraux, à chaque fois, ce sont les activités humaines qui sont en cause. Malheureusement pour l’homme, la faune marine n’est pas seule à en faire les frais. « La surpêche des espèces, par exemple, explique Isabelle Autissier, la présidente du WWF France, inéluctablement, elle entraînera un écroulement des stocks de poissons. Cela mettra les pêcheurs au chômage, ainsi que les industries derrières. Et il y a des milliards de personnes dans le monde qui, pour leur apport en protéines, ne dépendent que de la pêche locale. »

Autre conséquence, climatique cette fois : on estime aujourd’hui qu’un tiers des émissions globales des gaz à effet de serre sont captées par les océans, notamment par le plancton. Mais voilà, ce processus acidifie les océans par la même occasion, ce qui a une conséquence sur les populations de plancton. Ces derniers remplissent alors moins leur rôle dans le cycle du carbone, dans un cercle vicieux.

La responsabilité de l'homme, un espoir

Pourtant, si le tableau dressé est sombre, tout espoir n’est pas perdu comme le note Isabelle Autissier : « Le fait que l’homme soit responsable est paradoxalement est une bonne nouvelle, ça veut dire qu’on peut changer. » Cela peut passer par exemple par la création d’Aires marines protégées (AMP) supplémentaires. Le WWF explique en effet que celles-ci permettent à la biodiversité de se reconstruire et à l’océan de se reconstituer. « Quand on fait ça, les pêcheurs sont ravis, puisqu’autour de ces aires marines, comme par hasard, ils pêchent à nouveau et peuvent en vivre », ajoute Isabelle Autissier.

Mais pour que ces projets se généralisent, il faudra cependant une prise de conscience politique internationale. C’est pour cette raison, qu’à quelques mois de la COP 21, la conférence internationale sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre, l’ONG appelle à la mise en place d’une gouvernance océanique mondiale, celle-ci pouvant par exemple être placée sous l’égide des Nations unies.

Du coup, à quelques mois de la COP21, la grande conférence internationale sur le climat, le WWF appelle à la mise en place d'une gouvernance océanique mondiale. Le fait que l'homme soit le problème est une chance pour l'organisation puisque la solution est toute trouvée, il suffit de changer les comportements.

Posted on 2016/01/04 - Modified on 2018/06/08

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