Kofi Annan et John Mahama au forum sur la révolution verte en Afrique, à Accra au Ghana
Kofi Annan et John Mahama lors du forum sur la révolution verte en Afrique, à Accra au Ghana, le 2 septembre 2010.
Issouf Sanogo/AFP
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La révolution verte en Afrique fait ses premiers pas

Réunis début septembre à Accra, au Ghana, à l'initiative de l'Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) présidée par l'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, quelque 800 participants ont examiné les moyens de lutter contre la faim à travers une amélioration de la productivité et des revenus agricoles.
By Marie Joannidis -

Mise en place en 2006 grâce à une subvention initiale de 150 millions de dollars donnée par les Fondations Bill et Melinda Gates et Rockefeller, l'Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) a pour but d'aider des millions de petits agriculteurs africains et leurs familles grâce au concours des secteurs public et privé.

Ainsi, le forum d'Accra a réuni pendant trois jours chefs d'État africains, ministres, experts, représentants d'organisations internationales et d'entreprises privées ainsi que des exploitants agricoles. Son objectif est d'encourager les investissements dans des projets clés visant à garantir la sécurité alimentaire en Afrique. Ce réseau public-privé est un catalyseur pour la révolution verte africaine que l’ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, Prix Nobel de la paix, et Ghanéen lui-même, avait appelé de ses vœux dès 2004.

L’insécurité alimentaire, un des problèmes les plus graves en Afrique

Le forum africain fait suite à trois conférences qui se sont tenues à Oslo, en Norvège, principal pays partenaire de cette initiative. Selon les experts, l’insécurité alimentaire est l’un des problèmes les plus graves en Afrique et dans le monde, ce qui explique la demande accrue de terres y compris à travers le continent africain.

Pour accroître cette production alimentaire, les exploitants de petites fermes doivent passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture commerciale et améliorer ainsi la productivité agricole, d'où la nécessité d'un partenariat entre le secteur public et le secteur privé, qui est essentiel à la création de l’impulsion et d’un progrès durable.

« Mettre un terme à la crise alimentaire est l’un des défis les plus importants de notre époque. Relever ce défi nécessite des partenariats audacieux et bien coordonnés, à même de soutenir l’agriculture africaine », a ainsi déclaré à l'ouverture du Forum le président ghanéen John Atta Mills.

Allouer au moins 10 % des budgets nationaux à l'agriculture

Même si le rythme est lent, tous reconnaissent que des progrès ont été accomplis. Ainsi, Kofi Annan a estimé que l'appel lancé à Maputo en 2003 par l'Union africaine (UA) pour que les gouvernements du continent allouent au moins 10 % de leur budget national à l'agriculture commence à porter ses fruits. Selon lui, des « changements notables » sont intervenus dans cinq pays : Tanzanie, Ghana, Rwanda, Malawi et Mali, ce dernier pays consacrant désormais 14 % de son budget à l'agriculture. De son côté la banque sud-africaine Standard Bank a annoncé à Accra qu'elle allait accorder des prêts d'un montant global de 100 millions de dollars à quelque 750 000 petits agriculteurs de quatre pays africains - Ghana, Mozambique, Tanzanie et Ouganda - de 2011 à 2013. La banque accordera ses prêts en partenariat avec l'AGRA.

D'autres projets cherchent aussi à favoriser la production alimentaire en Afrique. Ainsi, le projet de « ceinture verte » prévoit la construction d'îlots de terres fertiles qui, petit à petit, formeront une muraille verte du Sénégal jusqu’à Djibouti.

Une Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel...

Cette initiative de la Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel (GMVSS) bénéficie du soutien de l'Union européenne dans le cadre du partenariat Afrique-UE sur le changement climatique. Initialement lancé en 2005 par Olesegun Obasanjo, alors président du Nigeria, lors d’un sommet de l’Union africaine, le projet porté depuis lors par la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) a pris de l'envergure. Son objectif est de lutter contre l’avancée du désert du Sahara vers le sud et d’améliorer les moyens de subsistance des populations de la zone sahélo-saharienne.
La dégradation des terres des zones arides a négativement pesé sur les moyens d’existence de millions de personnes dans le monde.

Dix millions d’hectares de terres arables sont dégradées chaque année et sur les 130 millions d’hectares de terres sérieusement affectées, dont 50 % sont en Afrique, qui est le continent le plus affecté par le processus et les effets de la désertification.

…15 kilomètres de large et plus de 7 000 kilomètres de long

Un exemple qui pourrait servir de leçon pour l’Afrique, c’est l’expérience chinoise. La Chine s’est embarquée sur un vaste programme de reforestation en 2000, dénommé « le grand mur vert », destiné à élargir le réseau de forêts reboisées de 5 millions d’hectares d’ici à l’an 2010.

La « muraille verte » africaine devra faire 15 kilomètres de large et plus de 7 000 kilomètres de long. Elle traversera le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria, le Soudan, l’Erythrée et finira à Djibouti. Il est également prévu la construction de 80 bassins de rétention par pays traversé et l’introduction d’animaux sauvages dans la végétation qui sera ainsi formée. Enfin, la Kényane Wangari Maathai, Prix Nobel de la paix 2004, a lancé pour sa part un programme de replantation d'arbres pour créer une « ceinture verte », dans son pays d'abord et ailleurs en Afrique, ce qui servira à la fois à l'amélioration des sols et à la lutte contre la pollution.

Posted on 2016/10/04 - Modified on 2016/10/04

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