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La production du coton
Un champ de coton.
Issouf Sanogo/AFP
La production du coton en Côte d’Ivoire, un sujet très peu évoqué dans ce pays qui exporte d’autres cultures.

Première diffusion le 2/01/2013

Connu principalement pour être le premier producteur et exportateur mondial de cacao - l’or brun produit en Côte d’Ivoire étant souvent associé au café -, le pays est aussi producteur du coton. Avec environ 340 000 tonnes attendues cette année contre 260 000 l’année dernière, il complète le podium des champions de l’or blanc en Afrique de l’Ouest, mais loin derrière la Burkina Faso et le Mali. La production cotonnière a presque doublé en trois ans, en partie grâce à l’augmentation du prix au producteur. Il est passé de 200 francs CFA le kilo en 2010-2011 à 265 francs le kilo en 2011-2012. Prix maintenu pour la campagne 2012-2013.

Autre élément qui a boosté la production du coton : l’intervention de l’État, qui a promis d’injecter 7 milliards de francs CFA dans la filière, ce qui a eu pour conséquence immédiate la réduction de 25% du prix des intrants vendus aux paysans. Découragés, il y a quelques années par les prix bas, d’anciens producteurs ont ainsi recommencé à s’intéresser au coton, qu’ils avaient abandonné au profit de l’anacardier. Culture annuelle du centre et du nord de la Côte d’Ivoire, le coton fait directement et indirectement vivre trois millions de personnes. Il y a aujourd’hui environ 97 000 producteurs d’or blanc.
 
Contrairement à leurs voisins du nord du Burkina Faso, les Ivoiriens n’ont pas encore cédé aux sirènes du coton transgénique. Quelques études pour introduire les OGM dans la filière coton avaient commencé mais n’ont pas été approfondies.
 
Il y a quelques années, la Côte d’Ivoire n’avait pas participé à l’offensive des pays africains producteurs de coton contre les subventions du gouvernement américain au secteur, mais les Ivoiriens soutenaient la démarche des pays comme le Burkina Faso et le Bénin. Selon une étude de l’ONG britannique Oxfam, l’abandon total des subventions pour le coton américain entraînerait une augmentation mondiale du prix du coton de 6 à 14%. Ce qui se traduirait par exemple au paiement des frais scolaires d’au moins 2 millions d’enfants supplémentaires dans les régions de production du coton en Afrique de l’ouest.

Posted on 2016/02/22 - Modified on 2016/02/22 - By Stanislas Ndayishimiye

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