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Arbitre du marché pétrolier, l'Arabie saoudite veut bloquer l'Iran

Arbitre du marché pétrolier, l'Arabie saoudite veut bloquer l'Iran
Une raffinerie de pétrole, en Arabie saoudite.
Pete Turner/Getty
En se gardant d'agir, l'Arabie saoudite espère reprendre la main sur le marché pétrolier et bloquer la production iranienne.

Première diffusion le 18/12/2014

La stratégie de l'Arabie saoudite ? Pour nuire, ne pas agir. Laisser filer les prix du brut n'est pourtant pas indolore pour la monarchie. Extraire un baril lui coûte 30 dollars, mais elle a besoin de 80 dollars pour maintenir ses investissements et ses dépenses sociales ; or on est à moins de 60 dollars aujourd'hui.
 
Cela n'a pas empêché les autorités saoudiennes de proclamer ce mercredi qu'elles maintenaient des dépenses budgétaires massives en 2015 ! Le royaume a certes épargné plus que d'autres ses réserves de pétrodollars. Mais il envoie surtout un signal aux spéculateurs. Officiellement décriés, ce sont les alliés de Riyad pour faire baisser encore plus vite le prix du baril.
 
Le but est d'éliminer rapidement les quantités de pétrole concurrentes les moins rentables, y compris aux États-Unis, Riyad le clame sur tous les toits, sans que les autorités de Washington ne s'en émeuvent pour l'instant : la tactique saoudienne gêne aussi l'autre grand producteur de pétrole qu'est la Russie, le pétrole pas cher relance la consommation américaine, alors les États-Unis pour l'instant ne bronchent pas.

Ce que l'Arabie saoudite avoue moins, c'est son intention de bloquer un membre de l'Opep cette fois : l'Iran. Elle réaffirme sa robustesse budgétaire le jour même où les négociations reprennent avec son ennemi juré du Golfe ! Mais avec un baril aussi peu cher, les pays consommateurs autour de la table des négociations ne sont pas pressés de lever les sanctions contre Téhéran, ils n'ont plus autant besoin du brut iranien. Quand bien même ils seraient cléments, l'Iran n'aurait pas les moyens de relancer sa production de pétrole au prix actuel.
 
Le duel entre Riyad et Téhéran est donc autant au cœur de la guerre des prix du pétrole que le duel avec les schistes américains. Une guerre qui pourrait durer un an ou deux avant une remontée possible des cours à plus de 80 dollars. En attendant, l'Arabie saoudite pourrait devoir soutenir financièrement les plus fragiles des membres fondateurs de l'Opep, dont le Venezuela.

Posted on 2016/01/28 - Modified on 2016/01/28 - By Claire Fages

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