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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Après le résultat du deuxième tour des élections municipales en France, une expression s’entend de manière assez fréquente : vague verte. Pourquoi ? Parce que les listes écologiques, seules ou alliées à d’autres ont connu un vif succès. L’écologie se présente donc comme une force politique importante, et non plus une simple tendance ou une force d’appoint. Et cette couleur verte, elle est associée aux mouvements écologiques depuis les débuts de l’écologie politique, donc en gros depuis 1974, l’année où René Dumont se présentait à l’élection présidentielle, ma première fois que les idées écologiques semblaient avoir un retentissement important. À tel point que cet adjectif de couleur est présent dans le nom d’une des importantes formations écologiques.

Pourquoi ? C’est facile à comprendre ! Le vert semble être la couleur de la nature. Pas de toute la nature bien sûr. Mais de beaucoup de choses qui poussent : l’herbe, les feuilles en particulier. Pas les troncs d’arbres, pas la terre. Pas non plus les animaux… Mais ce qui pousse est souvent vert. Et par ailleurs, depuis très longtemps, le vert est associé à l’idée du renouveau, de cette nature qui revit et reprend des forces après la pause hivernale : « L’an se rajeunissait en sa verte jouvence », disait Ronsard. C’est donc une symbolique de la renaissance qu’exprime cette idée. Et on sait que les vertes années sont celles de la jeunesse.

C’est quand même étonnant, car la nuance verte n’a pas toujours été considérée comme positive : dans de vieilles superstitions, souvent, le vert porte malheur. Au théâtre notamment, on dit qu’il ne faut pas s’habiller en vert. Cette couleur est également redoutée par les marins, mais il y a plusieurs superstitions qui sont semblables dans la marine et au théâtre. Pourquoi ? On dit que c’est parce que souvent, les machinistes de théâtre, qui montaient ou descendaient les décors, étaient d’anciens marins : ces manœuvres s’apparentent à celles des voiles !

D’autre part le vert n’a pas toujours bonne presse s’il est associé à la couleur de la peau. Si l’on est blanc, on n’a pas bonne mine. Si l’on est vert, c’est pire encore. Au lieu que le rose de la fraicheur et de la bonne santé se lise sur votre visage, c’est la couleur de la fatigue, voire de la mort qui apparait. Et puis on dit souvent qu’on est vert quand on est jaloux, ou plus encore dépité ! Le vert… couleur contradictoire. Mais en politique, il est plutôt positif !

Et puis en politique, certaines couleurs étaient déjà prises, liées à des positions, des idéologies depuis longtemps : le rouge à la gauche plutôt communiste, le rose aux socialistes, le noir aux anarchistes, le blanc plutôt à une droite conservatrice, le bleu, ça dépend des années et des configurations. Le jaune a toujours eu une sale réputation. Restait le vert. 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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