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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Miss Tic est morte hélas. Cette vedette des murs, des dessins et des calembours vient de décéder, encore jeune: elle n’avait que 66 ans!

Et cette artiste depuis longtemps s’était consacrée à ce qu’on appelle le street art: des pochoirs, des inscriptions sur les murs de la ville, toujours émaillées de jeux de mot qui font sourire et réfléchir: le temps est un serial qui leurre, l’étoffe des éros, à la vie à l’amor… On s’arrête, on est interloqué, on comprend 

Pourquoi pochoir? Parce que c’est une technique qu’elle a souvent utilisée: une figure découpée dans un bout de carton par exemple, à l’intérieur de laquelle on bombe de la peinture, c'est-à-dire on projette de la peinture. Sur le mur n’apparait que la forme de la découpe.

L’art de Miss Tic, c’est donc d’abord du tag. Le mot est courant en français d’aujourd’hui, sans traduction. Miss Tic faisait-elle vraiment des tags? Pas exactement, mais son expression s’en rapproche et on lit très souvent le mot en rapport avec ses productions. Tag est un mot anglais qui signifie d’abord étiquette. Et on l’a utilisé pour désigner ces inscriptions populaires qu’on remarque sur les murs: faux langage, bien souvent faux alphabet qui imite le vrai, étude graphique qui détermine une signature. Elle identifie donc en général une personne ou un groupe, un gang, un crew comme on dit également dans ce franglais qui plait à ceux qui font ça. Il faut dire que la mode nous vient souvent d’Amérique, au départ des murales, réalisés à la bombe à peinture, illégalement, expression de révolte, d’artistes qui ne veulent pas être reconnus par les circuits artistiques traditionnels et qui peignent, vite, secrètement, sur des surfaces où ils n’ont a priori pas le droit de se projeter. Alors pourquoi Miss Tic ne fait pas de tag? Parce qu’elle dessine en général des personnages, des femmes, avec le plus souvent une légende, plus ou moins subversive.

Et tout cela s’inscrit dans ce qu’on appelle le street art. Là encore, on voit que l’anglais est présent, comme référence et comme origine de ces pratiques. Street art: art de rue, art dans la rue, et art qui utilise la rue ou en tout cas les murs comme support. Très urbain comme son nom l’indique, et qui correspond à des expressions qui en français utilisent le nom rue: les arts de la rue. Sont en effet ceux qui échappent aux structures traditionnelles: musiciens de rue, qui jouent d’autorité sans se demander si l'on désire les écouter ou pas, théâtre de rue, gratuit plus ou moins, ou reposant sur la générosité des passants, qui s’impose en pleine ville pour interpeller ceux qui sont là : mimes, clowns, acrobates… les disciplines sont souvent celles du cirque, mais ne se donnent pas à voir sur une piste, mais dans l’espace public. Le mot anglais street reprend donc significations en se concentrant davantage sur les expressions graphiques.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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