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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

À l’occasion des célébrations de la libération du camp d’Auschwitz, les mises en garde contre un antisémitisme qui reprend de la vigueur ont été nombreuses. Le mot antisémite, mais d’autres aussi, sionisme et sioniste, antisionisme et antisioniste notamment, ont souvent été prononcés.

L’antisémitisme, on sait bien ce que c’est : l’hostilité dirigée contre les Juifs, et même le racisme envers les Juifs.

Mais pour ces autres mots que sont sionisme et antisionisme, les définitions ne sont pas si simples, pour plusieurs raisons : tous les gens qui emploient ces mots ne leur donnent pas le même sens. Et ensuite, les sens ont pu évoluer, changer ou se multiplier depuis que les mots sont apparus.

Le mot sionisme date de l’extrême fin du XIXe siècle. Il naît avec tout un courant d’idées, portées d’abord par des Juifs européens et plutôt d’Europe centrale ou d’Europe de l’Est qui pensent qu’il faudrait créer un État juif, et qu’il aurait sa place en Palestine puisque c’est la région où historiquement, et légendairement vivaient les Juifs dans l’Antiquité, même si les aléas de l’histoire -et de la légende- les en éloignaient parfois : on peut penser à l’épisode de la captivité des Juifs en Égypte !

Mais revenons à cette aube du XXe siècle : de nombreuses communautés juives sont soumises à des persécutions ou des oppressions, dans des pays où ils sont minoritaires, bien qu’installés depuis longtemps. Et certains intellectuels réfléchissent à la création d’un État juif. Le lien étroit entre État et appartenance religieuse est donc central. La fondation de l’État d’Israël en 1948 se place donc dans la lignée de ce courant de pensée.

À partir du moment où l’État israélien existe, le sens du mot sionisme peut se scinder en plusieurs courants. Et son contraire, l’antisionisme va avoir lui aussi des sens différents, diffractés, qui se comprennent en raison de l’éventail de sens auquel il répond.

Le sionisme désigne donc encore le fait de défendre le droit de l’État d’Israël à exister. Mais fréquemment, il recouvre aussi la défense de certaines options politiques israéliennes : le souhait d’établir un « Grand Israël », de solidifier l’annexion de territoires qui ne faisaient pas partie des frontières initiales, d’appuyer la colonisation aux marges du pays. Le sionisme rejoint donc une idée politique liée à un désir d’expansion.

Et l’antisionisme, symétriquement peut critiquer plusieurs choses : une certaine politique israélienne caractérisée par l’expansionnisme, la volonté d’hégémonie. Et plus encore par une idéologie colonialiste.

Ou bien, plus radicalement, l’antisionisme est un moyen d’affirmer de façon directe ou indirecte que l’État d’Israël n’a pas droit à l’existence, et qu’il faut militer pour sa suppression ou sa destruction. Et là, bien entendu, l’antisionisme se rapproche fortement de l’antisémitisme.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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