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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Ras-le-bol ! C’est l’exclamation qui est prêtée aux Nigérians qui quittent l’Afrique du Sud, à cause des violences xénophobes auxquelles ils sont confrontés. Alors bien sûr c’est une formule journalistique de parler du ras-le-bol des Nigérians. Ils ne sont pas forcément francophones et s’ils expriment leur exaspération, ce sera probablement dans une autre langue que le français. Mais l’expression française exprime bien cette idée que justement on n’en peut plus. Et encore, elle est peut-être un peu légère par rapport l’angoisse de vivre dans un environnement où l’on peut être sans cesse attaqué du simple fait de son origine et de sa nationalité.

Mais cette expression de ras-le-bol est familière et pittoresque. Pas si vieille que ça : une cinquantaine d’années. Cela suffit pour qu’elle soit bien implantée dans le vocabulaire, mais c’est peu par rapport à la moyenne des expressions. Sa formation explique bien son sens, et parfois, l’exclamation est accompagnée d’un geste qui en indique bien à la fois la signification et la véhémence : un mouvement de la main qui passe au-dessus de la tête pour faire comprendre qu’on en a jusque-là ! Car cette autre expression existe aussi, avec une symbolique qui est exactement la même : on en a par-dessus la tête, on ne peut plus en accepter davantage, on a enduré tout ce qu’on pouvait supporter, mais la c’en est trop. Le bol symbolise-t-il donc la tête ? Pas toujours, pas exactement, on a d’autres manières plus vulgaires d’exprimer la même idée. Mais si le bol évoque d’abord le postérieur, dans un argot déjà ancien, il garde aussi son évocation d’un objet usuel, et qu’on peut remplir : un bol est une tasse sans anse. Et lorsqu’il est plein, il déborde ! On a donc cette image de la goutte d’eau qui fait déborder le vase : quand on en à ras-le-bol, c’est là qu’on est arrivé : la patience est à bout, et on va déborder ! On retrouve l’évocation avec d’autres expressions : j’en ai ras la marmite à fondue ! Une manière de décliner la comparaison. Et parfois la référence à la tête, au haut du corps l’emporte sur le bas du dos : j’en ai ras la casquette, ras le pompon ! Et si l’on dit qu’on est excédé, on retrouve une image similaire : tout ce qui viendra maintenant sera en excès, en trop. Alors que le participe exaspéré, qui a une signification plus psychologique, plus proche de l’impatience, évoque au départ une irritation.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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