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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

L'Afrique a une opportunité avec le rail. J'ai entendu ça sur RFI, l'un des responsables du groupe Bolloré, apparemment, souhaite investir dans la construction des chemins de fer africains. Chemin de fer, rail, c'est à peu près la même chose. Et le même jour, RFI se faisait l'écho d'une grande grève des trains britanniques et citait les propos du représentant du principal syndicat du rail. C'est comme ça qu'on disait. Alors le rail par-ci, le rail par là. On voit que le mot vient facilement sous la plume des journalistes, qui parle des transports ferroviaires. Et en fait, ce rail est un petit peu le symbole des trains.

C'est un mot emprunté à l'anglais qui s'est imposé dans le courant du 19e siècle. Pas tout de suite d'ailleurs, parce que pendant longtemps on a préféré des mots français. Par exemple, le mot tringle qui existe encore, mais qui désigne plutôt une tringle à rideau, c'est la même chose qu'un rail, sauf que ce n'est pas forcément aussi robuste. Un rideau, bah, c'est plus léger qu'un train. On a parlé aussi des guides et même des limandes. Une belle image qui aurait pu s'imposer, mais elle ne s'est pas imposée. Et comme les Anglais étaient, au 19e siècle, pionniers en cette matière, et bien leur langue a fini par s'imposer. Après quelques hésitations, ce mot de rail, eh bien, on l'a adopté et il a même trouvé une prononciation tout à fait française. Aujourd'hui, il n'est absolument pas senti comme un anglicisme, c'est un vrai mot du français.

Alors, ce support, cet objet qui fait le lien entre le train et la terre, ce vrai produit d'une métallurgie qui est au cœur de la révolution industrielle du 19e siècle, c'est devenu l'un des symboles centraux de ce mode de locomotion. Et de cela témoigne par exemple le principal journal qui renseigne sur l'actualité de ce mode de transport, la vie du rail. Il est né en 1937, ce magazine, longtemps après la naissance des premiers trains, mais quand même, il a une belle longévité. 

Donc ce mot rail, il vient de l'anglais, même si cette langue l'a emprunté au vieux français. Bon, enfin, aujourd'hui il est très familier de notre langue, au point qu'il a donné naissance à un certain nombre d'expressions : « être sur les rails », ça veut dire être bien parti, « remettre sur les rails », ça veut dire remettre dans le droit chemin en général après un épisode un petit peu chaotique. Et à partir de ce mot rail, on a formé le verbe dérailler qui peut avoir un sens littéral. Un déraillement, c'est un accident de train en général très grave, mais ça a aussi un sens figuré courant, on déraille quand on y est plus, on déraille quand on bat la campagne et là on a beaucoup plus l'idée d'un dérèglement psychique ou même intellectuelle qu'autre chose. Si on déraille, c'est qu'on a plus toute sa tête. 

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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