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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Sainte-Sophie va devenir une mosquée. Cet édifice qui fut longtemps une basilique chrétienne, comme l’atteste bien sûr son nom, qui le relie à une sainte, qui devint un musée, va changer d’affectation, et de nom, pour devenir une mosquée. C’est-à-dire un lieu de culte musulman : on sait que c’est le nom courant qu’on leur donne, et qui vient, par l’intermédiaire de l’italien, et auparavant de l’espagnol, de l’arabe, qui semble-t-il l’avait emprunté à la langue araméenne. Et le sens d’origine de cette famille de mots évoque la prosternation : le geste de la prière donc qui symbolise la soumission à Dieu.

En français, on n’a pas de série de mots qui désignent des mosquées d’importance ou de vocation différentes. Et de même, pour la religion juive on parle de synagogue, et on n’a pas d’autre mot, pour les protestants, on parle du temple, sans plus de précision. Alors que pour les catholiques, on a tout un éventail de termes parfois vagues, parfois précis : chapelle, basilique, cathédrale, ou même des mots qui ne sont pas toujours liés à une célébration ; monastère, où vivent des moines, ou des sœurs qui ont renoncé au monde en entrant dans un ordre monastique ; baptistère, un lieu où à l’origine on administre le baptême.

Si la mosquée reste isolée dans sa dénomination, elle nous a pourtant légué un mot de son architecture, qui est courant en français : le minaret. Il vient également de l’arabe, mais en étant passé par la langue turque, et bizarrement, l’élément qu’il représente a été copié sur une architecture chrétienne, celle de l’église Saint-Jean-Baptiste à Damas, qui est devenue la mosquée des Omeyyades (là aussi on a un transfert de vocation !). Mais le minaret reste le nom de la tour d’où le muezzin lance l’appel à la prière.

Le muezzin? Le mot là encore est courant dans la langue française. On ne peut pourtant pas vraiment dire que c’est un mot français, mais un mot arabe, en usage quand on parle d’une certaine réalité. La prononciation du mot indique clairement son origine étrangère, et il signifie simplement « celui qui appelle ».

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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