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Master class et classe de maître

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Parmi les récents équivalents proposés par la Délégation à la langue française, pour éviter les termes d’origine étrangère, et notamment les anglicismes, on trouve classe de maître. Une expression qui se comprend très facilement, et qui est calquée sur master class.

Le terme n’apparait pas avant les années 60 et reste une spécialité du monde artistique : il s’agit de cours, ou de conférences – on est un peu entre les deux – donnés par des créateurs ou des interprètes célèbres à des élèves en général fort avancés, et qui se destinent à être professionnels, s’ils ne le sont déjà. Il y a donc un peu de proximité entre le maître et ses étudiants. Et la plupart du temps, les cours ne sont pas spécialement techniques : les élèves sont censés avoir acquis les données essentielles. Mais on parle d’autre chose : de pensée musicale (dans le cas des musiciens), de la manière d’aborder un compositeur ou un style, et même de tout ce qui ne s’apprend pas exactement dans les écoles ou les conservatoires : comment jouer pour, ou par rapport à un certain public, comment s’écouter ou écouter les autres, comment s’adapter à telle ou telle acoustique de salle, à tel instrument, comment écouter les versions de référence pour s’en inspirer.

Ces classes de maître se déroulent donc souvent comme des séries de questions-réponses, parfois des confidences, des anecdotes que laissent passer ces maîtres.

Ces masters pour reprendre le terme anglais ? On l’utilise peu en français dans ce sens, même à titre d’anglicisme. Et pourtant, il existe avec des sens très différents : le master n’est pas une personne, mais un diplôme qui vient sanctionner des études universitaires d’un bon niveau. Et on distingue le master 1 et le master 2. Qui correspondent à peu près à ce qu’auparavant on appelait une maîtrise – et on retrouve bien sûr la même racine, et ensuite un diplôme d’études approfondies (DEA ou DESS). Et attention, on a aussi en français d’aujourd’hui le mot mastère, écrit à la française, qui désigne un tout autre diplôme, délivré par une grande école à la fin du cursus, c’est-à-dire du déroulement des études. Et ce mastère atteste d’une année d’études pratiques. Pour finir, on a enfin le magistère, un diplôme encore différent. Et tous ces termes attestent non pas uniquement d’une influence de l’anglais (qui est pourtant indéniable), mais d’un respect pour la langue latine d’où ils dérivent. C’est le tribut que paye l’Alma mater (la mère nourricière, qui désigne au figuré l’Université) à la langue d’origine.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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En partenariat avec la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (DGLFLF)

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