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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La malnutrition sévit-elle en Corée du Nord ? Oui c’est à craindre, et on dit même que ce problème terrible serait à l’origine de l’annulation de grands spectacles servant à faire la promotion du régime !

Et on sait bien de quoi on parle quand on évoque la malnutrition : l’insuffisance de nourriture en quantité, ou en qualité. Et ce n’est pas un mot populaire : on le trouve d’abord dans un discours de spécialiste, de démographe ou de sociologue, ou de politique. Si on décompose le mot, on comprend tout de suite à quoi il se rapporte : la malnutrition, c’est le fait de mal se nourrir. En particulier quand on ne se nourrit pas suffisamment. Mais aussi peut-être parce qu’on ne se nourrit pas comme il faudrait : nourriture irrégulière, mal équilibrée. Le mot évoque de toute façon le manque et la grande pauvreté. On ne parle presque plus de sous-nutrition, un mot qui a été très employé, mais qui évoque peut-être trop des mots comme sous-développement, un peu mal vu. Quant à dénutrition le mot est carrément sorti d’usage.

Malnutrition qui donne donc l’impression d’être un peu technique a pu servir d’euphémisme, de mot qui décrit, mais éloigne un peu la violence de ce qu’il désigne. Un peu comme on parle de malvoyants ou de malentendants. D’un côté ces mots donnent une précision et indiquent qu’il y a des degrés dans le manque : le malvoyant n’est pas complètement aveugle, mais il voit mal. Il a donc un déficit de vision par rapport à la norme. Malentendant c’est pareil. Et pourtant les mots sont souvent employés pour en éviter d’autres : aveugle et sourd, alors même que ces adjectifs peuvent également le moduler : je commence à devenir un peu sourd…

Mais si on parle d’euphémisme à propos de malnutrition, c’est qu’il y a d’autres mots, plus directs, pour dire à peu près la même chose

Famine, un nom sinistre dont le sens hélas est clair : il s’agit d’une situation où une population souffre de la faim. Est-ce qu’on meurt-de-faim ? Pas forcément, pas tout le monde. Le mot est en tout cas ancien dans ce sens, on le trouve en français depuis le 12e siècle.

Et le mot est resté avec des expressions figurées qui montrent bien à quel point le risque évoqué faisait peur et faisait partie de la vie ordinaire : crier famine s’emploie encore, même si c’est juste pour signifier qu’on est en demande pressante de quelque chose de vital, et plus forcément de la nourriture. Et un salaire de famine, c’est vraiment un salaire scandaleux, on dit aussi un salaire de misère, et ça évoque à peu près la même pénurie.

Le mot famine est encore très actuel. En revanche, la disette fait un peu ancien. Le mot apparaît à partir du 13e siècle, on ne sait pas vraiment d’où provient le mot. Son sens est assez proche de celui de famine, mais aujourd’hui on ne l’emploie pratiquement que pour parler de l’histoire, des temps jadis.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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