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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On a appris, grâce notamment à RFI, qu’un collectif de médecins russes avait élaboré une liste de soignants, médecins, infirmiers et tous ceux et celles qui se sont consacrés à l’aide aux malades, qui sont morts du coronavirus. Une initiative qui n’a rien d’officiel, et qui n’émane pas du pouvoir ! Mais cette liste pourra servir entre autres choses à rendre hommage à ces morts. Ce n’est pas la première fois qu’une liste est établie pour affirmer quelque chose, et notamment se souvenir de personnes mortes. On sait par exemple que des listes de personnes assassinées au cours la Shoah, à cause de la politique d’extermination menée par les Nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, sont visibles dans certains endroits. Des listes concrètes, qu’on peut voir, lire, gravées sur des murs, ou placardées. Pour que les noms puissent être lus, ou même prononcés, comme si cela pouvait servir à matérialiser un souvenir, à se rappeler que ces gens ont existé et ont été tués. Ou qu’ils sont morts dans l’exercice de leur métier pour ce qui est de cette dernière liste du souvenir. 

Alors concrètement on sait ce qu’est une liste : une série de mots, en générale écrits en colonne, les uns au-dessous des autres, qui rassemblent des éléments ou des individus qui ont au moins un point commun et souvent beaucoup de caractéristiques différentes.

Alors des listes il en existe de toute sorte, et des plus banales, mais souvent avec un rapport à la mémoire, on fait une liste pour ne pas oublier : et ça va de la liste des courses, de celle des choses à faire dans la journée, à celles, plus solennelles et dramatiques, qu’on vient d’évoquer.

Et les usages de ces fameuses listes sont souvent opposés : Elles servent parfois à rendre hommage, comme on vient de le voir. Et parfois c’est bien le contraire : elles répertorient des gens à qui l’on veut nuire. Et on pense bien sûr aux tristement célèbres listes noires.

L’expression a été calquée sur la formulation anglaise, black list. Et on pourrait penser que tout cela date de l’époque McCarthyste aux Etats-Unis. On sait qu’au début des années 50 une hystérie anticommuniste a déferlé sur l’Amérique. Tout ce qui était communiste ou susceptible de l’être sentait le soufre : le mal personnifié. Et pour être accusé de communisme, on n’avait qu’à déplaire à un anticommuniste notoire… les rumeurs allaient bon train et il était bien difficile de les arrêter ou de les démentir. En particulier dans le monde des arts et spécialement du cinéma, tous ceux qu’on soupçonnait d’avoir des opinions un peu à gauche pouvaient se retrouver sur ces fameuses listes noires : ils étaient listés, et donc ils ne trouvaient plus de travail ; on ne leur en donnait plus, soit qu’on ne veuille pas le faire travailler, soit qu’on ait peur des représailles : un vrai système maffieux ! Mais si l’expression black list a été employée largement à cette époque, elle est bien plus ancienne : on la trouve en Angleterre dès la fin du 17e siècle, et elle a été traduite en français au début du 18e. Traduite ? Pas toujours d’ailleurs puisqu’on utilise parfois l’anglicisme blacklisté – il est blacklisté. Peu fréquent, mais on l’entend.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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