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Le français des Comores

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On profite aujourd’hui du jeu du Mot de l’actualité organisé à Moroni aux Comores, dans l’écho de la Nuit des Idées pour partager quelques-unes des réponses qu’on a reçues après qu’on a proposé aux étudiants et aux lycéens d’écrire une chronique « à la manière du Mot de l’actu », en mettant en avant un mot particulier au français des Comores.

Et certains de ces mots sont un peu familiers, ou en tout cas moqueurs et ironiques : celui qu’on appelle Monsieur Météo par exemple, savez-vous qui c’est ? C’est celui qui rabâche, et même qui radote, qui dit toujours la même chose, sans s’apercevoir qu’il répète inlassablement. Pourquoi Monsieur Météo ? Parce que sur certaines chaînes de télévision, les programmes de prévision du temps reviennent régulièrement et très souvent, comme un remplissage des programmes qui n’intéresse pas grand monde et qui ne change pas beaucoup d’une édition à l’autre. À moins que, comme nous précise Hafsoit de l’Alliance française, ce soit quelqu’un au caractère imprévisible, qui change d’humeur sans qu’on l’ait prévu : un matin il est tout sourire, et l’après-midi, le voilà fermé et hostile ! Le matin c’est un soleil et l’après-midi un orage !

Mais un Monsieur Météo n’est pas nécessairement un tactile ! Un tactile, c’est un homme chauve… ou bien très dégarni. Son crâne est lisse et brillant comme l’écran d’un téléphone.

D’autres font référence à une vie quotidienne, partagée par beaucoup, mais qui s’exprime de façon différente selon l’endroit où l’on habite. Par exemple, on circule plutôt bien à Moroni, dans la Grande Comore. Mais si c’est plus difficile, s’il y a des encombrements, des embouteillages comme on dit le plus souvent, on parlera de cortèges. Des cortèges terribles m’ont empêché d’arriver à l’heure au terrain, c’est-à-dire à l’aéroport nous dit Saana Chouzour ! Ça ne fait rien, on pourra se voir la semaine prochaine ! Non ? La semaine prochaine vous êtes pris tous les jours ? Qu’à cela ne tienne, on reporte ça à la semaine proprochaine, celle d’après : une charmante façon d’utiliser le préfixe pro comme s’il était libre, qu’il pouvait se coller à un mot pour évoquer cette idée d’après, de suivant. On dit mardi proprochain alors ? Entendu. C’est-à-dire, non pas le mardi qui vient, mais celui d’après. Ce qu’on appelle le plus souvent mardi en 8, huit jours après le prochain mardi. Et cela, je l’ai appris grâce à l’équipe des journalistes de Hayba FM.

On finit avec une touche de mode : grâce à Mohammed Enäame, je sais que je ne fais pas d’effort particulier d’élégance je mets mes gommes, mes sandales en caoutchouc, pour aller à la plage. Pour marcher sur les rochers, je préférerai mes chauffeurs. Mais si je suis invité, pas d’erreur, je chausse mes cérémonies !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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