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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

L’épidémie de coronavirus inquiète de plus en plus, on le voit bien. Et le problème, c’est bien sûr de vaincre cette épidémie, mais dans un premier temps de l’empêcher de se répandre davantage : la juguler, la contenir, la circonscrire, l’endiguer… Voilà quatre verbes qui reviennent sans cesse dans les informations et les commentaires qu’on lit ou qu’on entend tous les jours, et qui correspondent à peu près au même souci, et à des évocations proches les unes des autres.

Juguler l’épidémie, c’est en stopper la progression : il faut que les choses n’empirent pas ! Ensuite, on pourra s’occuper de faire régresser ce fléau, mais d’abord, il faudrait empêcher la situation de s’aggraver. Et c’est bien le sens de ce verbe juguler au figuré : il évoque souvent le fait de reprendre le contrôle d’une situation, d’arriver à maîtriser ce qui semblait s’emballer. Le mot s’emploie souvent dans un contexte économique : on tente de juguler l’inflation, c’est-à-dire de la ramener à de justes proportions. Mais on sait aussi que le verbe s’est beaucoup employé avec des références médicales : on dit qu’on a jugulé une maladie quand on en a senti les premiers symptômes, mais qu’on l’a vaincue avant qu’elle ne soit gravement développée. On l’a terrassée avant qu’elle ne nous terrasse ! On lui a tordu le cou ! Et là, on retrouve le sens premier du mot. On parlait de ses sens figurés, et il est vrai que le sens propre est bien oublié, et pratiquement jamais utilisé… Mais à l’origine, juguler, c’est bien saisir à la gorge, étrangler, serrer l’artère jugulaire, qui passe dans le cou.

Le sens des autres verbes qu’on a évoqués est à peu près le même, à partir d’une image différente. Il s’agit donc de contenir l’épidémie de coronavirus. La contenir pour empêcher qu’elle ne s’échappe et ne se multiplie. L’important tient encore au contrôle : on imagine un récipient qui soit étanche et non pas poreux : on conserve tout ce qu’on y a mis.

Il faut donc arriver à circonscrire l’épidémie. Le verbe dérive du latin circumscribere, littéralement écrire autour, c’est-à-dire tracer un cercle autour de quelque chose. Il s’agit donc de cerner l’objet en question. L’image se rencontre beaucoup par rapport à une maladie, mais plus souvent encore quand il s’agit d’incendie : si le feu est circonscrit, c’est qu’il ne peut plus s’échapper, aller de l’avant, continuer sa progression. Et on peut aussi utiliser l’image du rempart, qu’on a dans le verbe endiguer, c’est-à-dire au départ construire une digue : comme un mur, construit en général dans l’eau pour protéger un port des turbulences et des caprices de la mer. L’idée de protection est toujours présente, qu‘on enferme le mal dans un bocal ou qu’on élève une construction pour s’en préserver.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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