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Journal en français facile du 01/02/2016 - 20h00 - 20h10 TU

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RFI
Transcription

Priscille Lafitte :
Dans l'actualité de ce lundi 1er février 2016, la visite d'État du président cubain, Raul Castro, à Paris, une visite historique. Analyse dans un instant 

Sylvie Berruet :
Les premiers échanges entre les Nations Unies et l'opposition syrienne. L'opposition réclame plus de moyens humanitaires. La conférence des donateurs pour la Syrie démarre dans quelques jours 

PL :
Dans ce journal, nous irons en Tchétchénie, où l'homme fort, Ramzan Kadyrov, a publié une vidéo violente contre l'opposition russe 

SB :
Et nous terminerons par la justice en France. La peine de prison de Jacqueline Sauvage a été aménagée, allégée, par le président de la République François Hollande.

SB :
C'est la première visite en France, pour le président cubain Raul Castro. François Hollande l'a reçu à l'Élysée.

PL :
Première visite de Raul Castro dans un pays occidental depuis la fin officielle des tensions entre Cuba et les États-Unis. Raul Castro ne s'est pas encore rendu à Washington, qu'il est déjà invité à Paris.

François Hollande encourage les États-Unis à aller plus loin, et à effacer l'embargo commercial qui empêche Cuba de se développer économiquement. Le développement économique, les investissements financiers, c'est bien de cela qu'il est question pendant cette visite du président cubain en France.  Un accord sur l'effacement de la dette cubaine a été signé, cela permettra de relancer les investissements dont Cuba a besoin. Véronique Gaymard

C’est une bouffée d’air pour Cuba. Après une heure d’entretiens, une douzaine d’accords ont été signés entre les présidents Raul Castro et François Hollande. « Nous voulons accompagner Cuba vers l’ouverture, le développement et cela passe d’abord par les échanges économiques » a déclaré à la presse François Hollande qui a assuré qu'aucun sujet n'avait été écarté, ni sur les droits humains. Et l’accord sur la dette cubaine constitue le point le plus important de cette première visite d’État de Raul Castro. Car la France est le principal créancier de Cuba : c’est à la France que Cuba doit le plus d’argent. Paris efface les 4 milliards d’euros d’intérêts de retard, et veut aller plus loin, en établissant un fonds de 212 millions d’euros pour accélérer les projets d’investissement à Cuba. Transport ferroviaire, tourisme, la feuille de route économique comprend tous les secteurs d’activité. Pour Raul Castro, ce sera de l’argent frais pour des projets d’investissements. Et puis cette relation privilégiée avec Paris lui permettra aussi de faire évoluer la position commune de l’Union Européenne qui liait la reprise à des avancées démocratiques. François Hollande a promis d'aider à y parvenir, il en a profité pour demander la levée de l’embargo américain. Aujourd'hui, « une nouvelle page se tourne entre la France et Cuba », a conclu le président français.

Demain Raul Castro se rendra à l'Unesco, puis à l'Assemblée nationale, au Sénat, à la Mairie de Paris et à Matignon, et terminera par une visite du Musée de l'Homme. 

SB :
Autre avancée diplomatique, et sur un sujet brûlant : la Syrie. Les pourparlers de paix ont officiellement commencé à Genève, aux Nations Unies

PL :
L'ONU veut mettre en place un dialogue indirect, c'est-à-dire par l'intermédiaire d'un médiateur, entre le gouvernement de Bachar el Assad et l'opposition. L'opposition dit avoir reçu des « messages positifs » sur ses demandes d'aide humanitaire, mais est prudente sur le dialogue politique : elle attend la réponse du régime de Bachar el Assad, avant de décider d'entrer réellement, officiellement, dans des discussions de paix.

SB :
L'opposition syrienne réclame une aide humanitaire plus importante, et justement, une conférence des donateurs est prévue cette semaine.

PL :
Les donateurs, ce sont ces pays qui promettent de l'argent pour aider la population syrienne à survivre en temps de guerre. Or il y a ce que les États promettent, et ils promettent plus d'argent chaque année, et ce qui arrive sur le terrain. C'est ce que dénonce l'ONG Oxfam. Jean Patrick Perrin est porte-parole d'Oxfam en France.

PL :
À propos d'argent dépensé pour les réfugiés syriens, le président turc Recep Tayyip Erdogan estime à 9 milliards de dollars le coût de l'accueil de plus de 2 millions de Syriens et d'Irakiens.

SB :
La politique en Syrie est une des questions qui revient souvent dans la bouche des candidats aux primaires républicaines et démocrates, aux États-Unis.

PL :
Le commandant des forces américaines dans cette région critique les propositions de certains candidats, qui voudraient éliminer le groupe Etat islamique simplement en lâchant des bombes sur les zones en Syrie. Des frappes aveugles seraient contraires à nos valeurs, insiste le commandant de la coalition internationale contre les djihadistes.

SB :
Les primaires entrent dans une nouvelle phase, aux États-Unis, avec un premier vote, dans l'Iowa

PL :
Dans cet État américain, les électeurs doivent décider qui devra être le candidat à la maison blanche pour le camp républicain et le camp démocrate. Plus de 1000 écoles, églises, bibliothèques et salles de sport sont mobilisés pour recevoir les électeurs à partir de 1h du matin temps universel.

SB :
On part en Tchétchénie, où le chef de la République, Ramzan Kadyrov, menace l'opposition russe

PL :
Ramzan Kadyrov avait déjà critiqué violemment l'opposition et les médias indépendants qui ne suivent pas sa ligne politique. Cette fois, l'homme fort de la Tchétchénie menace de les abattre, c'est ce qu'il mime dans une vidéo, Anastasia Becchio

Cette fois, c’est l’ancien Premier ministre aujourd’hui dans l’opposition Mikhail Kassianov et une autre figure de son parti Parnas, Vladimir Kara-Mourza qui sont dans le viseur de Kadyrov. Quasi littéralement. Sur son compte Instagram, le chef de la République de Tchétchénie a publié une vidéo des deux opposants russes, sur laquelle il a ajouté un filtre de viseur de fusil à lunettes, et une légende : « Kassianov est allé à Strasbourg pour recevoir de l'argent pour l'opposition russe ». Les deux hommes, qui venaient participer à la session plénière de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, consacrée à l'enquête sur l’assassinat de Boris Nemtsov, y voient clairement un appel au meurtre. Le principal critique de Vladimir Poutine, Alexei Navalny estime qu'avec ce montage vidéo, Kadyrov avoue fièrement et démonstrativement qu’il a organisé l'assassinat de Nemtsov en février 2015, pour lequel des Tchétchènes, proches du Kadyrov sont considérés comme les principaux suspects. Par cette nouvelle provocation Kadyrov veut-il une nouvelle fois afficher sa loyauté sans limite envers le président russe ? Mikhail Kassianov souligne en tout cas qu'il « a été nommé à ce poste par Vladimir Poutine », qui est donc « personnellement responsable de (ses) actions ». Le Kremlin, en tout cas, botte en touche ; son porte parole affirme qu’il ne lit pas le compte Instagram de Kadyrov.

PL :
En France, Jacqueline Sauvage avait été condamnée à dix ans de prison pour avoir tué son mari, un mari qui avait été extrêmement violent avec elle pendant près de 50 ans.

Le président français a donc accordé une faveur judiciaire à Jacqueline Sauvage. C'est une décision assez habile, assez intelligente, Raphael Reynes

En accordant à Jacqueline Sauvage une remise de peine partielle et en annulant la période de sûreté avant laquelle la condamnée ne pouvait pas demander de libération conditionnelle. Le président français impose sa décision au système judiciaire. Dès qu'il sera saisi par Jacqueline Sauvage, le juge d'application des peines ne pourra en effet constater qu'une chose : toutes les conditions sont réunies pour accepter sa demande de remise en liberté conditionnelle. Mais le président de la république n'a pas prononcé une dispense totale de peine, comme Jacques Chirac avait pu le faire en faveur d'Omar Raddad, ce jardinier condamné pour le meurtre de sa patronne dans des conditions plus que discutables. La décision de François Hollande n'efface pas la décision des deux jurys populaires qui ont condamné Jacqueline Sauvage, qui reste condamnée définitivement pour « meurtre aggravé », et sa condamnation inscrite au casier judiciaire. Le communiqué de l'Élysée souligne d'ailleurs que la décision a été prise, je cite, « face à une situation humaine exceptionnelle » et « dans le respect de l'autorité judiciaire ». Autrement dit : François Hollande a entendu l'émotion suscitée par ce dossier mais n'épouse pas pour autant la cause d'une réforme législative en faveur de la légitime défense dite « différée » pour les femmes battues.

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