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Journal en français facile 27/08/2019 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Aurélien Devernoix : Bonsoir à toutes et à tous, il est 22h à Paris, 17h à Brasilia, l'heure de votre Journal en Français facile. Et pour m'accompagner lors de ce journal, Zéphyrin Kouadio, bonsoir Zéphyrin

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Aurélien, bonsoir à toutes et à tous.

AD : Le ton s'adoucit un peu mais la tension reste toujours forte entre Emmanuel Macron et Jair Bolsonaro. Le président brésilien attend toujours des excuses de son homologue français qui l'a traité de menteur sur ses engagements climatiques.

ZK : Jair Bolsonaro a ainsi refusé hier l'aide de 20 millions de dollars pour lutter contre les incendies en Amazonie. L'Afrique est également touchée par des feux de forêt. Mais ils sont sensiblement différents nous expliquera Stéphane Geneste

AD : La zone tampon voulue par la Turquie en Syrie commence à se dessiner : les troupes kurdes ont annoncé aujourd'hui leur retrait de cette zone frontalière. Vous entendrez un porte-parole des Forces Démocratiques syriennes.

ZK : Et puis cette décision symbolique au Bangladesh : la mention "vierge" ne figurera plus sur les certificats de mariage. C'est ce qu'a décidé la Cour Suprême du pays.

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ZK : La colère de Jair Bolsonaro n'est donc pas plus éteinte que les feux de forêts qui ravagent l'Amazonie

AD : Le président brésilien enrage toujours d'avoir été qualifié de menteur par Emmanuel Macron à propos de ses engagements sur le climat. Un argument utilisé par le président français pour refuser de signer le traité de libre-échange entre l'Europe et l'Amérique du Sud.

Jair Bolsonaro a ainsi refusé hier les 20 millions de dollars d'aide pour lutter contre les incendies en Amazonie proposés à l'issue du sommet du G7. Et si le ton s'est quelque peu adouci ce matin, Achim Lippold, la pilule a visiblement toujours du mal à passer.

La question d'accepter ou non l'aide internationale n'est pas encore tranchée au sein du gouvernement brésilien. Après une première réaction très musclée - un rejet catégorique de la proposition du G7, le président Jair Bolsonaro met un peu d'eau dans son vin. "Ah bon, j'ai dit que je n'acceptais cette aide?", a-t-il lancé à la presse ce mardi matin. Avant de poursuivre: "D'abord monsieur Macron doit retirer les insultes qu'il a proférées contre ma personne.  il m'a traité de menteur et ensuite, d'après mes informations, il a dit que notre souveraineté sur l'Amazonie était une question ouverte. Avant de discuter et d'accepter quoi que ce soit de la France, il doit retirer ses paroles." Jair Bolsonaro fait de l'offre du G7 - 20 millions de Dollars pour combattre les flammes et lancer la reforestation - une question de fierté personnelle. Une fierté mal placée selon plusieurs gouverneurs des états amazoniens touchés par les incendies. Reçus ce mardi par le président brésilien à Brasilia, ils ont insisté sur la nécessité de recevoir des fonds extérieurs. Certains d'entre eux ont même proposé de négocier directement avec la Norvège et l'Allemagne - deux pays qui avaient bloqué leur financement pour la protection de l'Amazonie à cause de la politique de Jair Bolsonaro.

ZK : Achim Lippold. Et alors que les querelles diplomatiques font rage, les forêts amazoniennes, elles, continuent de brûler.

AD : Mais il n'y a pas que l'Amazonie qui brûle : l'Afrique aussi est victime de feux importants notamment dans la forêt du bassin du Congo, en Angola ou en Zambie ou en Angola et en Zambie. L'agence spatiale américaine, la NASA, a d'ailleurs publié une carte d'une vue satellite impressionnante qui montre l'importance de ces incendies. Néanmoins les situations sont différentes en Amazonie et en Afrique, les feux de forêt dans ces régions du continent africain sont habituels en cette fin de saison sèche, Stéphane Geneste :

Ils sont à l'initiative des agriculteurs qui préparent les terres en raison de l'arrivée prochaine de la saison des pluies. Les végétaux qui occupent les sols sont coupés, brulés, et leurs cendres vont ainsi former une couche qui fertilise la terre. Cette technique que l'on appelle technique du brûlis est très souvent utilisée : elle est traditionnelle mais il arrive parfois que ces incendies prennent de l'ampleur en raison de vents violents. Ces deux forêts que sont l'Amazonie et celles d'Afrique centrale brûlent donc, mais pas pour les mêmes causes puisqu'en Amazonie, les incendies sont dus à la mise à feu volontaire de parcelles qui contenaient des arbres afin de les nettoyer pour, par exemple, les transformer en terres cultivables, notamment pour le soja. Il faut ainsi être prudent quant à la lecture de la carte publiée par la NASA mais cela n'empêche pas d'inquiéter : les feux africains ont commencé très tôt, au moins depuis le début du mois de mai, selon les observations de l'agence spatiale américaine. 

ZK : Stéphane Geneste. Il était le père de l'indépendance de la Gambie.

AD : Dawda Jawara est mort ce mardi à l'âge de 95 ans. Il avait été président du pays de 1970 à 1994 après avoir été l'artisan de sa sortie du giron de la Grande Bretagne en 1965 alors qu'il était premier ministre. Il avait été renversé par Yayah Jammeh puis avait vécu en exil jusqu'en 2004. Ses obsèques auront lieu jeudi. 

Au Mali 3 militaires ont été tués aujourd'hui entre les localités de Douentza et de Hombori dans le centre du pays. Une bombe a d'abord explosé au passage d'un véhicule de l'armée puis les assaillants ont tiré sur la patrouille. 7 autres soldats ont été blessés.

ZK : Ces combats en Syrie à présent.

AD : Au moins 60 membres des forces fidèles au régime et de la rébellion sont morts aujourd'hui lors de combats dans la région d'Idleb. L'offensive de l'armée syrienne dans la région au cœur de la rencontre entre le président turc Recep Tayip Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine ce mardi à Moscou. Les deux dirigeants ont déclaré partager de graves inquiétudes à propos de la situation à Idleb. La Turquie soutient les rebelles alors que la Russie fournit un appui militaire à Damas.

ZK : Toujours en Syrie, c'est un pas décisif vers la création de la zone tampon réclamée depuis des mois par Ankara à la frontière turco-syrienne.

AD : Les milices kurdes présentes dans le nord-est de la Syrie ont annoncé aujourd'hui leur retrait laissant donc le champ libre aux troupes turques. Mais cet accord, négocié avec Washington qui soutient les Kurdes de Syrie, n'est pas sans conditions. C'est ce qu'explique Mostafa Bali porte-parole des FDS, les forces démocratiques syriennes.

Des points d'observation seront mis en place mais ils seront construits sur le sol turc. Comme nous l'avons dit, un système similaire à celui d'Idleb, avec des points d'observation turcs sur le sol syrien, est inacceptable. Tout comme la possibilité pour l’armée turque de patrouiller en toute liberté. Seules les patrouilles conjointes turco-américaines pourront se déplacer le long de la route qui longe la frontière entre la Turquie et la Syrie. Ces patrouilles turques auront la possibilité de franchir la frontière mais pas de rester en Syrie. Elles devront à chaque fois regagner leur pays. Les armes dont nous disposons et qui pourraient constituer un danger pour la Turquie, seront retirées de cette zone frontalière. Nos combattants reculeront de 5 km.

ZK : Mostafa Bali, porte-parole des FDS, les forces démocratiques syriennes.
Puis la tension continue de monter entre le Liban et Israël.

AD : Le Hezbollah se préparerait ainsi à riposter affirmant avoir été la cible de deux drones israéliens ce week-end à Beyrouth. Mais le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a mis en garde ce matin le mouvement chiite libanais et suggérant à son leader, Hassan Nasrallah de je cite "se calmer".

ZK : Ce nouveau naufrage d'un navire transportant des exilés au large des côtes de la Libye.

AD : 5 personnes dont une femme et un enfant marocain se sont noyés et une vingtaine d'autres sont portés disparus. 65 personnes ont pu être secourues par les garde-côtes libyens.

ZK : C'est une décision judiciaire qui suscite la satisfaction d'organisation de défense des droits des hommes et des femmes au Bangladesh

AD : La Cour Suprême du pays a en effet supprimé l'obligation de faire figurer le terme "vierge" sur les certificats de mariage musulmans. Les précisions de Christophe Paget :

Depuis des dizaines d'années, la future mariée devait choisir entre trois options lorsqu'elle remplissait le Kabinnama, le certificat de mariage musulman du Bangladesh : « Kumari » (c’est-à-dire vierge), veuve ou divorcée. La Cour suprême ordonne que le mot « vierge » soit remplacé par l’expression « non mariée ». C’est l’aboutissement d’un combat de 5 ans : en 2014, plusieurs associations avaient saisi Cour suprême pour que le mot Kumari soit supprimé, expliquant que cette clause 5 du contrat allait à l’encontre de la Constitution car elle était humiliante, discriminatoire, et portait atteinte à la vie privée de la femme qui se mariait. En plus de la disparition du mot "Kumari", le jugement ordonne que le marié ait lui aussi à répondre  à un questionnaire lorsqu’il remplit le contrat, et donne sa situation : non marié, veuf ou divorcé. « C’est un jugement qui nous montre que l’on peut se battre et changer davantage encore la situation des femmes dans le futur », s’est félicité une des avocates qui avait lancé la procédure. L’immense majorité de la population bangladaise est concernée, puisque près de 90% des 168 millions d’habitants du pays sont musulmans. Le texte complet du jugement sera publié d’ici le mois d’octobre, pour une application immédiate.

AD : Et c'est ainsi que s'achève ce journal en Français facile. Merci vous Zéphyrin Kouadio et à merci à tous nos auditeurs. Excellente soirée à l'écoute de RFI.

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