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Journal en français facile 27/03/2021 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Loic Bussières : Bonsoir et bienvenue dans votre Journal en français facile, journal que je vous présente en compagnie de Zéphyrin Kouadio. Bonsoir Zéphyrin.
 
Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Loic, bonsoir à toutes et à tous.
 
LB: À la une : nouvelle journée sanglante en Birmanie, près de 90 personnes tuées par les forces de sécurité. La communauté internationale parle de « meurtres » commis par l'armée au pouvoir depuis le coup d'État du 1er février.
 
ZK : À la une également, la Chine et l'Iran qui concluent un pacte de coopération stratégique et commercial pour les 25 prochaines années.
 
LB: Les manifestations en Turquie contre le retrait d'Ankara de la convention d’Istanbul qui contraint les États à agir contre les violences faites aux femmes.

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ZK: Tout d'abord ces nouvelles violences en Birmanie près de deux mois après le coup d'État des militaires.
 
LB: Des militaires à l'honneur, ce samedi en cette « journée des forces armées », synonyme de gigantesque défilé militaire dans la capitale Naypyidaw. Journée mar-quée surtout par la répression des manifestants pro-démocratie, au moins 90 per-sonnes ont été tuées à travers le pays. La communauté internationale dénonce des « meurtres » commis par l'armée. Clea Broadhurst.

La junte militaire birmane a franchi « un nouveau palier » - ce sont les mots em-ployés par le ministre des Affaires étrangères britannique Dominic Raab pour quali-fier la violence de la répression lors des manifestations pacifiques ce samedi. L'ONU s’est dit « choquée » par le niveau de cette violence, où des dizaines de morts, dont des enfants, sont à déplorer. Cette répression « rend d'autant plus illégitime le coup d'État et aggrave la culpabilité de ses dirigeants », a tweeté le Haut-Commissariat. Les ambassades de l’UE, de Grande Bretagne et des États-Unis ont qualifié d’actes indéfendables les meurtres de ces civils, soulignant que cela en disait long sur les priorités de la junte. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues bir-manes, malgré l’avertissement diffusé vendredi soir par l’armée sur la télévision d'État. Le message appelait les jeunes à cesser de participer à un « mouvement vio-lent » pour lequel ils mourraient en vain, ajoutant que ces jeunes devraient je cite, « apprendre la leçon de ceux qui sont morts après avoir été touchés à la tête et dans le dos... ».

LB : Depuis le putsch du 1er février, au moins 400 personnes sont mortes et plus de 3.000 ont été arrêtées.
 
ZK: À la une également, cet accord entre Pékin et Téhéran, cela faisait des années que les deux en parlaient.
 
LB: Un accord stratégique et économique global sur 25 ans entre donc, l’Iran et la Chine. À la clé :  des investissements réciproques dans différents domaines : trans-ports, énergie, industrie et services... L’Iran qui est l’un des carrefour clé des nou-velles routes de la soie chinoise. À Pékin, notre correspondant, Stéphane Lagarde.

Wang Yi a pris soin de débuter sa tournée au Moyen Orient par Riyad et Ankara. Le ministre chinois des affaires étrangères ne voulait rien laisser au hasard et éviter un nouveau report de ce partenariat global sino-iranien lancé lors de la visite de Xi Jin-ping à Téhéran en janvier 2016, dont certains éléments avaient fuité dans la presse l’année dernière suscitant la polémique dans la région. Cet accord est important pour le régime iranien confronté aux sanctions américaines, mais aussi pour Pékin qui a fait de l’Iran un jalon de « la renaissance de la route de la soie » comme l’écrivait l’agence Chine Nouvelle il y a 5 ans. C’était alors le départ du premier train chinois de marchandises à destination du marché iranien chargé notamment des téléphones portables, des pièces automobiles et d’appareils orthopédiques. Dans l’autre sens, la route de la soie est celle des hydrocarbures, la Chine est l’un des principaux ache-teur de brut iranien. L’Iran a adhéré à l’initiative chinoise des nouvelles routes de la soie (Belt and Road Initiative) comme l’Égypte et d’autres États du Golfe. Elle est aussi à la porte de la Turquie, et pourrait ainsi redevenir via les BRI le carrefour de l’Eurasie. Enfin, Téhéran et Pékin main dans la main pour 1/4 de siècle. Cet accord est également un trophée pour la diplomatie chinoise dans un contexte de tensions avec l’Europe et les États-Unis.

ZK: La Chine qui continue par ailleurs de répliquer aux sanctions prises à son en-contre en Occident cette semaine. Sanctions pour protester contre le sort réservé par Pékin aux Ouighours du Xinjiang.

LB: Les autorités annoncent aujourd'hui des mesures contre 3 personnalités nord-américaines ainsi que contre la Commission parlementaire sur les droits de l'homme du Canada. Pour le ministère chinois des affaires étrangères, Washington et Ottawa imposent des sanctions « sur la base de rumeurs et de désinformation ». Plus tôt dans la semaine, Pékin avait déjà annoncé des sanctions contre des personnalités européennes et britanniques.
 
ZK: Une « erreur humaine » peut-être à l'origine de l'incident dans le canal de Suez, toujours bloqué par un porte-conteneurs de 400m de long.

LB: Des vents violents combinés à une tempête de sable avaient d'abord été pointés pour expliquer les faits. Les efforts se multiplient pour renflouer le navire qui em-pêche donc tout passage sur la voie maritime, l'une des plus fréquentées du monde.
10% environ du commerce maritime international y transite chaque année.

ZK: On se rend en Turquie à présent, une semaine après le retrait du pays de la Convention d’Istanbul.
 
LB: Cette convention du Conseil de l’Europe est le seul traité international contrai-gnant les États à prendre des mesures contre les violences faites aux femmes. De-puis l’annonce de ce retrait, officialisé par un décret du président Recep Tayyip Er-dogan, les ONG féministes organisent chaque jour des manifestations dans le pays. Alors que le président turc a assuré hier que sa « décision était prise », des cen-taines de personnes manifestaient encore ce samedi sur la rive asiatique d’Istanbul. Sur place, on retrouve notre correspondante Anne Andlauer.

« Annule ta décision, applique la convention ! » C’est, depuis une semaine, le cri de ralliement des défenseurs des droits des femmes qui marchent dans toute la Tur-quie. Nazlican, en pull rouge et pantalon noir, drapeau mauve à la main, raconte avoir participé à trois manifestations cette semaine. L’enjeu, dit-elle, est trop impor-tant pour renoncer : « Avant, on réclamait l’application de la convention d’Istanbul. Aujourd’hui, c’est son existence qu’on défend, et notre vie à travers elle. En tant que femme LGBT+, je me sens encore moins en sécurité dans ce pays. Chaque fois que je manifeste, je ressens à quel point c’est ma présence dans l’espace public qui est menacée. » Le gouvernement se justifie en prétendant que la convention signée en 2011 a été « détournée par un groupe de personnes tentant de normaliser l’homosexualité ». Les ONG redoutent que ce retrait et ce genre de discours n’encouragent encore davantage les crimes contre les femmes et les minorités sexuelles. Deniz, 20 ans, est inquiète pour sa sœur : « Ma sœur a obtenu un ordre d’éloignement contre son compagnon violent. J’ai peur qu’elle se retrouve sans dé-fense, car on a bien vu sur Twitter qu’à partir du moment où le retrait a été annoncé, certains ont interprété la nouvelle comme un permis de tout faire. » Depuis le retrait de la convention, au moins neuf femmes ont été assassinées en Turquie.

ZK : L'actualité de ce samedi dans le monde c'est aussi la pandémie de Covid et ce nouveau triste record de décès au Brésil. Le pays, l'un des plus durement touchés, enregistre 3 650 morts du coronavirus en 24h.
 
LB : La 3e vague qui frappe plus généralement l'Amérique Latine, le Mexique, l'Ar-gentine, le Pérou et le Chili font également face à des pics de contaminations. Des restrictions également au Kenya, aux Philippines-le pays annonce un nouveau confi-nement à partir de lundi pour la capitale et ses environs. Situation également très préoccupante sur le continent européen notamment en Pologne et en Belgique, avec là aussi, un durcissement des restrictions. En France, Jean Castex parle d'un ta-bleau « critique ». Un nouveau conseil de défense doit se tenir mercredi pour décider d'un éventuel durcissement des mesures.
 
ZK: On referme ce Journal en français facile en musique avec un groupe britan-nique.
 
LB: Django Django, le journal The Guardian dit d'eux qu'ils ne feront peut-être jamais d'album parfait, mais que leur musique, elle, approche parfois la perfection. José Marinho s'est penché sur ce paradoxe et sur leur 4e disque, l'excentrique « Glowing in the Dark ». « Glowing in the Dark », la chanson titre du quatrième album de Djan-go Django.

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