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Journal en français facile 23/05/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Merci d'écouter RFI, il est 22h à Paris 20h en temps universel.

Julien Coquelle-Roëhm : L'heure de retrouver comme tous les soirs votre Journal en français facile, avec à la Une :

- Encore une tradition perturbée par la pandémie de coronavirus. Aux États-Unis, ce weekend, est un week-end d'hommages aux soldats morts sur le champ de bataille, mais le Memorial Day se fera cette année sans fanfare ni grand rassemblement. On en reparle dans un instant.

- Eux seront des millions à devoir prier de chez eux ou du moins bousculer leurs habitudes. Ce dimanche, marque la fin du ramadan et la fête de l'Aïd pour les musulmans, mais même dans les pays peu touchés comme la Malaisie, ce ne sera pas un Aïd ordinaire. Vous l'entendrez.

- Et puis, c'est aujourd'hui que la Birmanie devait rendre à la Cour pénale internationale son premier rapport sur la protection des Rohingyas. Il ne sera certainement pas rendu public, alors que les ONG décrivent toujours une situation difficile pour cette minorité persécutée.

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Aux Etats Unis, c'est un week-end de trois jours qui marque traditionnellement le début de l'été avec des hommages aux vétérans, mais aussi de nombreux rassemblements et les premières foules sur les plages. Ce lundi est férié pour le Memorial Day, une journée d'hommages aux membres des forces armées morts au combat. Un Memorial Day un peu particulier, cette année, pas de parades ni de cérémonies publiques. Face à la pandémie de Coronavirus, la majorité de ces événements a été annulée. À Washington, correspondance d'Anne Corpet.

C’est un crève-cœur pour les habitants d’Ironton dans l’Iowa, qui se targue d’être la première ville américaine à avoir organisé un défilé en hommage aux vétérans. Tous les ans depuis 1868, la parade qui y est organisée attire des dizaines de milliers d’Américains. Cette année, pas de fanfare ni de bain de foule seuls quelques véhicules circuleront, et les touristes sont invités à rester chez eux. À Cape Code, au large de Boston, c’est une course à la voile qui se tient depuis près de cinquante ans qui a dû être annulée. Dans la capitale fédérale, le mall habituellement envahi par des milliers motards pour Memorial Day restera désert. Partout dans le pays, les parades, les concerts et les barbecues géants qui ponctuent normalement ce week-end férié ont été interdits. La plupart des États américains ont levé les strictes consignes de confinement mises en place, mais proscrivent toujours les rassemblements de plus de dix personnes. Les autorités sanitaires s’inquiètent cependant : le littoral est redevenu largement accessible, et il sera sans doute difficile d’appliquer les consignes de sécurité sur des plages bondées.

JCR : Et difficile aussi d'appliquer les gestes barrières dans les bars qui ont rouvert au Texas. Ils ne peuvent accueillir que 25% de leur capacité, mais il n'y a pas de limite sur le nombre de clients à l'extérieur. Le gel hydro-alcoolique est obligatoire à l'entrée, les tables sont limitées à six personnes et le service au bar est interdit. Mais à Houston, notre correspondant Thomas Harms a constaté hier soir que les serveuses étaient les seules à porter des masques dans le bar où il s'est rendu. Une réouverture souhaitée par le gouverneur républicain de l'État qui veut relancer l'économie. Le nombre de cas continue pourtant d'augmenter au Texas. Donald Trump plaide lui aussi pour cette reprise depuis plusieurs semaines. Il a aussi appelé à la réouverture des lieux de culte hier.

La question des lieux de culte qui se pose partout dans le monde alors que c'est demain qu'aura lieu l'Aïd qui marque la fin du Ramadan pour les musulmans. D'ordinaire, il commence par de grandes prières collectives en début de journée, mais, comme depuis le début du Ramada, il faudra souvent prier seul ou en petit groupe, et à la maison. Les pays musulmans veulent éviter de transformer en contamination géante cette fête parmi les plus importantes du calendrier islamique. L'Arabie saoudite a ainsi décrété un couvre-feu de cinq jours, en Turquie c'est un confinement quasi-total qui est en vigueur depuis ce matin et jusqu'à mardi. Du côté de la Malaisie, les autorités se sont félicitées du nombre de cas relativement bas qui permet d'éviter des mesures aussi sévères, mais il faut quand même faire attention. Correspondance à Kuala Lumpur de Gabrielle Maréchaux.

Les Malaisiens appellent la fête de l’Aïd « Raya », le banquet. Et c’est un festin considérable qui s’organise chaque année. Les musulmans de tout le pays retournent dans leur ville natale, ouvrent leurs maisons à toute une communauté de famille élargie et d’amis. Mais, alors que la pandémie de coronavirus est de mieux en mieux maîtrisée dans le pays, avec une courbe des cas positifs qui décroit depuis début avril, la célébration de Raya 2020 est devenue un sujet compliqué pour le gouvernement qui ne veut ni brimer la ferveur religieuse des citoyens, ni aggraver l’épidémie. Pour tenir cette difficile ligne de crête, le gouvernement a ainsi demandé aux Malaisiens de n’accueillir que 20 membres de la famille seulement par foyer, le premier jour de l’Aïd uniquement, et de s’abstenir de voyager. Mais alors que des photos des autoroutes embouteillées du pays circulent déjà, la police a fait savoir qu’elle contrôlerait les plaques d’immatriculation des voitures pour s’assurer que des voyages illégaux entre provinces n’avaient pas lieu, et n'hésiterait pas à entrer dans des maisons, si elle constatait qu’un nombre important de véhicules était stationné devant.

JCR : Et en France, les mosquées pourraient rouvrir pour l'Aïd puisque les cérémonies dans les lieux de culte sont de nouveau autorisées depuis ce matin, mais le Conseil français du culte musulman appelle à prier chez soi, en famille. La grande mosquée de Paris, par exemple, n'organisera pas de prière, car les conditions de sécurité sanitaire ne sont pas encore totalement réunies. Le grand rabbin de France appelle les juifs à ne pas se précipiter vers les synagogues. Côté catholique, plusieurs messes ont déjà eu lieu depuis ce matin. Les consignes sanitaires sont tout de même très strictes. Les masques et le gel sont obligatoires. Il faudra respecter les gestes barrières et la distanciation. La Conférence des évêques de France prévoit de réserver 4 mètres carré par fidèle dans les églises.

La France qui, dans un toute autre dossier, présentait la semaine dernière un plan préparé avec l'Allemagne face à la crise économique provoquée par la pandémie. Il propose une mutualisation de la dette de 500 milliards d'euros, c'est-à-dire que le poids de la dette soit réparti entre les membres de la zone Euro. Quatre pays du nord de l’Europe présentent aujourd'hui leur propre programme de relance pour aider les États de l’Union européenne les plus fragiles. On les surnomme les États frugaux, ce qu'on dit de quelqu'un qui se contente de peu. Les Pays-Bas, l’Autriche, le Danemark et la Suède sont contre cette mutualisation. Ariane Gaffuri.

Le clivage nord-sud a la dent dure au sein de l’UE. Les quatre frugaux sont d’accord pour une aide d’urgence pour les pays membres les plus endettés, mais uniquement sous forme de prêts ponctuels, pendant deux ans, et conditionnée aux activités qui favorisent la reprise, comme la recherche et l’innovation, la santé, la transition écologique. Pas question donc d’une mutualisation de la dette, sans prêts à rembourser, comme le veut le plan d’aide de 500 milliards d’euros mis sur la table par Emmanuel Macron et Angela Merkel. Pour les Pays-Bas, l’Autriche, le Danemark, et la Suède, cette mutualisation de la dette permettrait aux économies les plus fragiles et les plus indisciplinées, comme l’Espagne et l’Italie de bénéficier indûment des financements des économies les plus fortes qui respectent, elles, le cadre budgétaire. À ce propos d’ailleurs, les pays bénéficiaires de ces prêts devront, insistent les frugaux, s’engager à mener des réformes budgétaires et à lutter contre la corruption. De quoi alimenter les débats, alors que la Commission européenne s’apprête à présenter, la semaine prochaine, son propre plan pour stimuler la reprise.

JCR : Ariane GaffurI.

Et puis c'est un chiffre inquiétant, plus de 660 000 personnes ont été déplacées par les conflits armés depuis fin mars, date à laquelle l'ONU avait appelé à un cessez-le-feu général face au coronavirus. La pandémie met en danger les réfugiés comme les Rohingyas au Bangladesh depuis août 2017. C'est plus de 700 000 d'entre eux qui ont dû fuir la Birmanie et les persécutions de l'armée. La Birmanie rejette les accusations, mais ce samedi, marque la date limite donnée au pays pour le rendu de son premier rapport sur les mesures de protection des Rohingyas à la Cour internationale de justice. Objectif : empêcher tout acte pouvant s’apparenter ou contribuer à un génocide et protéger cette minorité musulmane contre de nouvelles atrocités. Explications de Jelena Tomic.

La Birmanie n’a en réalité aucune obligation de se conformer à l’ordonnance de la Cour internationale de justice. Une source du ministère des Affaires étrangères a cependant indiqué que le gouvernement travaillait sur ce rapport, qui selon toute vraisemblance ne sera pas rendue publique. En attendant, plusieurs ONG dont Amnesty international dresse un tableau bien sombre de la situation dans l’Arakan. Les conditions de vie des Rohingyas y sont déplorables. Toujours pas de droit à la nationalité, ni de liberté de circuler ou d’accéder aux services les plus élémentaires. La situation est aggravée par le conflit armé qui oppose l’armée birmane aux rebelles de l’armée de l’Arakan. Et les coupures d’internet en pleine épidémie de coronavirus empêchent l’information de la population et le travail humanitaire auprès des plus démunis. En avril dernier, la présidence birmane avait ordonné aux agents gouvernementaux de ne pas « commettre de génocide » ni de « détruire des preuves », une initiative qui semblait aller dans le sens de l’ordonnance de la Cour internationale de justice. De la « poudre aux yeux » estime Amnesty International.

JCR : Jelena Tomic.

On termine avec elle ce Journal en français facile. Vous pouvez le retrouver et le lire sur le site de RFI Savoirs. On s'y retrouve quand vous voulez.

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