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Journal en français facile 14/05/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Merci d'écouter RFI, il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Julien Coquelle-Roëhm : L'heure de retrouver comme tous les soirs votre Journal en français facile avec à la Une :
- le retour en classe des écoliers qui se poursuit en France. Ce matin, c'était au tour des plus jeunes en Île-de-France. Dans une zone où le virus circule encore beaucoup, les précautions sont nombreuses pour éviter une deuxième vague de l'épidémie.
- « Je crains que l'épidémie s'aggrave et se prolonge », c'est justement ce qu'a dit aujourd'hui Rick Bright cette fois, c’était aux États-Unis. Celui qui jusqu'en avril était chargé par le gouvernement de chercher un remède demande une stratégie nationale contre le virus.
- et puis, peut-on transmettre le coronavirus simplement en parlant ? C'est ce que semble indiquer une étude américaine publiée hier. On en parle à la fin de ce journal.

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JCR : Jeudi 14 mai 2020, jour 3 du déconfinement en France, c'était aujourd'hui aussi le premier jour d'école pour une deuxième vague d'élèves. Après la réouverture de certaines classes mardi, ce matin les élèves d'Île-de-France, Paris et sa banlieue, ont repris pour certains le chemin de l'école. Un retour prudent seulement en maternelle et en primaire avec des précautions très strictes pour éviter la contamination et surtout en petit groupe. Les enfants des personnels soignants ceux qui sont en situation de handicap ou en difficulté sociale ou scolaire étaient prioritaires.

Dans l'école élémentaire Armand Carell, c'est ainsi 32 écoliers seulement sur les 270 habituels qui sont arrivés ce matin. Laurence Théault est allée tendre son micro aux enfants et à leurs parents.

[Transcription manquante]

JCR : Laurence Théault.

Et pendant que des enfants retournent à l'école, on se pose aussi la question des vacances, les Français pourront-ils partir cet été ? Oui a dit aujourd'hui le premier ministre Edouard Philippe, il peuvent réserver leurs vacances en France pour juillet et août sous réserve de possibles restrictions « très localisées » en fonction de l'évolution de l'épidémie. L'idée c'est bien sûr de relancer le tourisme qui représente 7% du PIB français et deux millions d'emplois. Pour sauver le secteur, Edouard Philippe a par ailleurs dévoilé un plan de relance de 18 milliards d'euros. L'économie française dans son ensemble redémarre doucement dit ce soir le ministre de l'Économie Bruno le Maire.

Aux États-Unis, Donald Trump a une nouvelle fois accusé la Chine ce soir de n'avoir pas assez lutté contre l'épidémie quand elle est apparue sur son sol. « Ils auraient pu l'arrêter » dit le président américain qui menace même de rompre les relations entre son pays et la Chine, et refuse de parler au président chinois. Donald Trump accuse la Chine mais d'autres l'accusent lui et ce dans son propre pays comme aujourd'hui Rick Bright devant la Chambre des Représentants à Washington. L’ancien directeur de l’agence américaine chargée du développement de traitements contre le coronavirus accuse l’administration Trump d’avoir ignoré ses avertissements.  Il a formellement déposé plainte mardi auprès de son autorité de tutelle après avoir été renvoyé le 20 avril. Et Rick Bright prévient, sans stratégie nationale aux États-Unis, le virus sera bientôt hors de contrôle. Écoutez.

« Notre fenêtre d’action se referme. Si nous ne parvenons pas à améliorer notre réponse maintenant, sur la base de la science, je crains que l’épidémie s’aggrave et se prolonge. Il y aura probablement une recrudescence des cas de Covid-19 cet automne, qui s’ajoutera aux défis posés par l’épidémie saisonnière de grippe. Sans une meilleure préparation, l'hiver prochain pourrait être le plus sombre de l’histoire moderne américaine. Initialement, notre nation n’était pas aussi bien préparée qu’elle aurait dû l’être, qu’elle aurait pu l’être. Certains scientifiques ont lancé des signaux d’alerte assez tôt mais ils ont été négligés, et nos directives sur les pandémies ont été ignorées par certains de nos dirigeants. Il y aura largement le temps pour établir ce qui s’est passé, pour améliorer les choses. Mais il faut maintenant nous concentrer sur ce qui peut être fait pour avancer. Nous avons besoin d’un plan global connu de tous et auquel tout le monde participe. On se souviendra de ce qui a été réalisé et de ce qui a été négligé pour faire face à cette crise. Je nous appelle tous à agir pour nous assurer que la santé, la sécurité et la prospérité des américains soit assurée. Je suis prêt à faire ma part. »

JCR : Voilà vous l'entendiez, « il faut un plan global » dit Rick Bright mais dans les faits, les États-Unis en sont loin depuis que Donald Trump a laissé aux États le soin de se déconfiner. Mais surtout depuis qu'il appelle à le faire rapidement pour relancer l'économie. Les opposants au confinement ont d'ailleurs quelque chose à fêter ce soir puisque dans le Wisconsin, la Cour Suprême a décidé d'annuler la prolongation du confinement décidée par le gouverneur.

Pendant ce temps, l'épidémie continue de faire des ravages sur le marché de l'emploi, en une seule semaine trois millions supplémentaires d'américains se sont inscrits au chômage.

De l'autre côté de l'Atlantique, c'est aussi pour soutenir son économie que l’Italie a décidé de régulariser plusieurs centaines de milliers de travailleurs étrangers clandestins. Une mesure importante pour l’économie mais aussi pour l’accès aux soins en pleine épidémie.

D’autres pays ont d'ailleurs pris des mesures pour les personnes sans papiers pendant le confinement comme nous le rappelle Jean-Christophe Dumont, il est le chef de la division des migrations internationales à l'OCDE.

[Transcription manquante]

JCR : Propos recueillis par Juliette Gheerbandt.

Et pour sortir de la crise protéger les populations de la contamination et permettre un vrai retour à la normale, il faudra un vaccin mais pour cela il faudra attendre selon l'Agence Européenne du Médicament, l'EMA. Un vaccin pourrait être disponible dans un an mais attention c'est une perspective optimiste disent les experts. D'ailleurs même un vaccin ne ferait pas forcément disparaître le virus avertit aujourd'hui l'Organisation Mondiale de la Santé. Il pourrait rester dans nos communautés un peu comme la grippe « et ne jamais disparaître » dit l'OMS.

Et pendant que certains cherchent des remèdes, d'autres continuent de se demander comment se transmet le virus. On sait déjà que la toux et les éternuements le transportent, mais l'académie américaine de médecine publie aujourd'hui une étude qui montre que le simple fait de parler suffit à le diffuser. Pierre Olivier.

Pour cette expérience, les chercheurs ont fait parler une personne dans une boite hermétique pendant 25 secondes. Grâce à un rayon laser, ils ont ensuite pu déterminer la quantité de gouttelettes de salive émise, et surtout le temps pendant lequel elles sont restées en suspension. Résultat : dans une pièce fermée, une parole forte peut générer jusqu'à 1 000 gouttelettes par minute, qui restent ensuite dans l'air au moins 8 minutes. Or le virus du Covid-19 est capable de se loger dans ces minuscules postillons ! Si l'on savait déjà que la salive est un vecteur du virus, cette visualisation permet de se rendre compte de la durée pendant laquelle les micro particules contaminées peuvent rester en suspension. Plus ces gouttelettes sont petites et plus elles flottent longtemps dans l'air, ce qui, selon les scientifiques, pourrait expliquer en partie la forte contagiosité du Covid-19. Une expérience qui justifie également un peu plus le port du masque, désormais recommandé dans de nombreux pays.

JCR : Pierre Olivier. On termine avec lui ce Journal en français facile, merci à vous de l’avoir suivi ! Vous pouvez le réécouter et le lire sur le site de RFI Savoirs. On s'y retrouve quand vous voulez.

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