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Journal en français facile 13/07/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Vous écoutez RFI il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, ravi de vous retrouver pour votre Journal en français facile. À la une ce soir :
- la faim dans le monde qui augmente. La FAO, l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture publient son rapport annuel. Et la situation devrait encore s'aggraver avec la crise du coronavirus.
- et l'on parle de Covid party, traduisez des soirées Covid. évènements entre personnes qui ne croient pas à la dangerosité du virus. Un participant à l'une de ces soirées est décédé au Texas, il avait 30 ans.
- en Pologne le chef de l'État Andrzej Duda officiellement réélu. Mais cela a été très serré face au maire centriste de Varsovie. 
- enfin le bilan de la fashion-week. La semaine de la mode s'est achevée à Paris, et en raison de la pandémie de coronavirus il y a de la déception.

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RA : C'est l'une des nombreuses conséquences de la crise du coronavirus et celle-ci est dramatique : la faim dans le monde devrait fortement augmenter. Elle a déjà augmenté l'année dernière, c'est ce qui ressort d'un rapport de la FAO qui est l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture. On fait le point avec David Baché.

Entre 83 et 132 millions de personnes supplémentaires souffriront de la faim cette année à cause du coronavirus. 83 à 132 millions de personnes qui s’ajoutent donc aux quelques 690 millions d’êtres humains qui étaient déjà en sous-alimentation chronique l’année dernière, selon les chiffres de la FAO. Soit 8,9% de la population mondiale. Une tendance clairement  à la hausse – c’est 10 millions de plus qu’en 2018 et 60 millions de plus qu’en 2014 – qui rend encore plus improbable l’un des principaux objectifs de développement durable adoptés par les Nations Unies en 2015. Non seulement la faim ne sera pas éradiquée dans le monde en 2030, mais elle devrait alors concerner 840 millions de personnes. Parmi les autres enseignements de ce rapport : 3 milliards de personnes n’ont pas accès à une alimentation équilibrée. La FAO constate qu’ « un régime alimentaire sain coûte cinq fois plus cher qu'un régime » ne répondant qu’aux seuls besoins énergétiques, et constitué le plus souvent des féculents de base.

RA : Également en lien avec la crise du coronavirus, le constat de l'OMS (l'Organisation Mondiale de la Santé). « Le monde ne va pas revenir à l'ancienne normalité dans un avenir prévisible » affirme le directeur général de l'OMS. Cela veut dire que la crise du Covid est encore loin d'être terminée. Et on le vérifie dans le monde où il est question de « reconfinement » dans de nombreuses régions, donc à nouveau les habitants appelés à rester chez eux. C'est le cas ce lundi dans le nord-est de l'Espagne où la question du reconfinement est même au cœur d'une bataille judiciaire, c'est le cas également à Tanger ville d'un million d'habitants au Maroc, ou encore dans une partie de Manille la capitale des Philippines. L'inquiétude est forte : « la menace d'une deuxième vague est réelle », affirme ce lundi le ministre allemand de la Santé.

Dans le monde ce sont toujours les États-Unis qui constituent le pays le plus lourdement touché. Aux États-Unis où des Covid party sont organisées, en d'autres mots des soirées où se retrouvent des participants qui ne croient pas à la pandémie de coronavirus. Avec des conséquences graves comme au Texas, l'un des États les plus touchées, et où un homme est mort après avoir participé à l'une de ces soirées. C'est un médecin de l'Hôpital de San Antonio qui diffuse la nouvelle sur les réseaux sociaux, afin d'alerter sur la dangerosité du virus. Cécile Da Costa.

Avant de mourir, l'homme de 30 ans aurait adressé ces mots à l'une de ses infirmières. « Je pense avoir fait une erreur. Je croyais que le coronavirus était un canular, mais ce n'en était pas un ». L'histoire est racontée par Jane Appleby, médecin à l'hôpital de San Antonio où est décédée la victime. L'homme avait récemment participé à une « Covid party », une soirée organisée par une personne positive au Covid-19. Le but est de s'exposer au virus pour savoir s'il existe ou pas. Souvent, les participants se font concurrence pour être les premiers à contracter la maladie. Même si certains experts mettent en doute leur existence, ce type de fête n'est pas rare aux États-Unis. D'autres ont déjà eu lieu, notamment en Alabama, où des étudiants ont même parié de l'argent. La première personne contaminée raflait la mise. Le docteur Appleby rappelle que le virus n'épargne pas les jeunes. Dans son service, la médecin-chef voit de plus en plus de jeunes, entre 20 et 30 ans, malades du Covid-19. Le problème, dit-elle, c'est que ces jeunes pensent qu'ils sont invincibles. Elle les appelle à prendre le virus au sérieux, et surtout à porter un masque.

RA : Et dernière information concernant les États-Unis, le gouverneur de Californie qui annonce ce soir que les restaurants et cinémas vont être à nouveau fermés dans l'ensemble de l'État.

La crise à Bamako à présent, la capitale malienne. L'information du jour c'est la libération des leaders de la contestation qui avaient été arrêtés en fin de semaine dernière. C'est un geste d'apaisement de la part du Président Ibrahim Boubacar Keïta alors que ce lundi encore des heurts se sont produits dans le quartier de Badalabougou à Bamako. Les contestataires dénoncent les difficultés économiques du pays, et les défaillances de l'État.

En Pologne le suspense a été maximal. C'est ce matin seulement que le conservateur Andrzej Duda a été réélu président de la République. Après une nuit d'incertitudes, les scores étant très serrés avec son adversaire du centre Rafal Trzaskowski. Le chef de l'État sortant recueille finalement 51.21% des suffrages. Scores très serrées, et c'est la preuve que la Pologne est profondément divisée. C'est une correspondance à Varsovie de Thomas Giraudeau.

Victoire en demi-teinte pour Andrzej Duda. Si l’élection avait eu lieu au mois de mai, comme prévu initialement, il l’aurait certainement emporté facilement dès le premier tour. Finalement, il devance de peu son adversaire. Rafal Trzaskowski est même en tête dans davantage de régions, 10 précisément, contre 6 pour le président sortant. Et si l’on regarde la carte des résultats, on retrouve ce clivage entre l’Ouest, plus libéral, qui a voté en majorité pour Trzaskowski. Et l’est, conservateur, plus pauvre, attaché aux traditions que veut défendre Andrzej Duda. Cet écart de moins de 500 000 voix entre les deux hommes est donc le symbole de la fracture profonde. Entre 2 Pologne très proches en nombre d’électeurs hier soir. Les campagnes, petites villes, personnes âgées pour Duda. Les grandes agglomérations, les plus jeunes pour Trzaskowski. Fracture générationnelle, géographique, idéologique ! Le chef de l’État a assuré hier soir qu’il allait rassembler les Polonais. S’excusant s’il a blessé certains durant sa première mandature ou pendant la campagne. Mais quelques minutes plus tard, il a déclaré qu’il ne regrettait aucun de ses mots. Notamment ces récents propos très violents contre les personnes LGBT. Thomas Giraudeau, Varsovie, RFI.

RA : L'actualité en France avec ce lundi la signature des « accords de Ségur ». Ce nom Ségur avait été choisi par l'exécutif pendant la crise du coronavirus et correspond à un plan en faveur des soignants. Car la pandémie a révélé les profondes difficultés du secteur. Ce plan s'élève donc à 8 milliards d'euros, il s'agit principalement de hausses de salariés ou d'indemnités. « C'est un moment historique pour notre système de santé » a déclaré le Premier ministre Jean Castex qui était présent lors de la cérémonie de signature des accords. Accords qui divisent malgré tout les syndicats puisque parmi les syndicats majoritaires trois ont signé le plan, tandis que deux autres l'ont rejeté.

La fashion week, la semaine de la mode. Officiellement cette semaine c'est la ville de milan en Italie sui accueille l'évènement, la semaine dernière c'était Paris. Mais tout se passe sur internet, en raison de la crise du coronavirus. On va faire le bilan de la semaine de la mode parisienne avec Sébastien Jedor. Un bilan mitigé.

Dans une forêt de conte de fée, deux hommes transportent une mystérieuse malle. Au fil des sentiers, ils croisent des nymphes à la peau diaphane qui se rafraichissent dans un ruisseau. La malle s'ouvre. En miniature, elle contient la collection automne hiver de Dior. Il ne reste plus qu'à prendre les mensurations des nymphes pour ajuster les robes. Ce film onirique de 10 minutes est signé Matteo Garrone, l'auteur -entre autres- du film Gomorra sur la mafia italienne. C'est ce court métrage, visionné près de 4 millions de fois sur Youtube, qui tient lieu de défilé de mode pour Dior. D'autres créateurs sont allés beaucoup moins loin, au grand dam du public et des critiques. Chez Chanel, un clip très court aux plans d'une demi-seconde en moyenne, annonce une saison marquée je cite par le « désir d’opulence et de sophistication ». Pour en savoir plus rendez-vous à Shangaï début août, où les professionnels espèrent voir de vrais mannequins défiler sur des podiums non virtuels. Car si tout le monde s'accorde à dire que les présentations sur Internet popularisent les collections, difficile de se rendre compte sur un écran de la finesse des tissus ou des broderies. Dans des films souvent prétentieux, le clinquant est là, mais l'émotion a disparu.

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