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Journal en français facile 06/08/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Fanny Bleichner : Vous écoutez RFI, il est 22h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir et bienvenue dans cette nouvelle édition du Journal en français facile. Pour m'accompagner ce soir Alexis Guilleux. Bonsoir Alexis.

Alexis Guilleux : Bonsoir Fanny, bonsoir à tous.

FB : À la Une de l'actualité, Le déplacement d'Emmanuel Macron au Liban, deux jours après la double explosion sur le port de Beyrouth. Le président français propose de coordonner l'aide internationale. Il a aussi appelé le pays à de profonds changements politiques.

AG : L'Angleterre ne sortira finalement peut-être pas si affaiblie économiquement de la crise du Covid-19. La banque nationale révèle des prévisions moins pessimistes que celles annoncées il y a trois mois, mais la reprise sera lente.

FB : Et puis l'État de New-York porte plainte contre la NRA pour fraude fiscale. Il veut dissoudre le puissant lobby pro-armes.

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AG : « La France n'abandonnera jamais le Liban ». C'est la promesse faite aujourd'hui par Emmanuel Macron.

FB : Le président français était à Beyrouth après la double explosion de mardi sur le port qui a fait au moins 137 morts et environ 5 000 blessés. C'est le premier chef d'État étranger à se rendre sur les lieux depuis la catastrophe. Notre correspondant Paul Khalifeh revient sur cette journée marathon.

En quelques heures Emmanuel Macron a visité le lieu des explosions, est allé à la rencontre des Libanais et s’est entretenu avec les dirigeants, les représentants de la classe politique et de la société civile. À chacune de ces étapes, le président français n’a pas mâché ses mots. Il a appelé les responsables libanais à assumer leurs responsabilités : « C'est aujourd’hui le temps des responsabilités pour le Liban et ses dirigeants », a-t-il dit. Emmanuel Macron s’est entretenu à la résidence de l’ambassadeur de France avec les représentants des grands partis politiques y compris le Hezbollah. En soit, c’est un succès d’avoir réuni autour d’un même table ces acteurs de la scène politique libanaise dont certains ne se parlent presque jamais. Le président français a appelé à un nouveau contrat politique, à de « profonds changements » et a insisté sur la nécessité de rebâtir l’union nationale. Emmanuel Macron a souligné que « l'urgence, c'est d'abord et avant tout l'aide » après la catastrophe qui a frappé Beyrouth. Il a annoncé dans ce cadre la tenue dans les tous prochains jours d’une conférence internationale. Le président français s’est enfin déclaré favorable à une enquête internationale pour déterminer les causes et les responsabilités dans la catastrophe qui a frappé Beyrouth. Il rejoint en cela des personnalités de l’opposition libanaise comme le leader druze Walid Joumblatt. Paul Khalifeh, Beyrouth, RFI.

AG : Il reste en effet à déterminer les raisons de cet incendie dans l'entrepôt où étaient stockées depuis six ans 2 700 tonnes de nitrate d'ammonium, un engrais chimique. On apprend ce soir que 16 fonctionnaires du port ont été placés en détention.

FB : Par ailleurs, les secouristes tentent toujours de retrouver des survivants parmi les décombres. Plusieurs centaines de milliers de personnes se retrouvent sans abri alors que le pays est déjà confronté à une grave crise économique en plus de la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19.

AG : La pandémie qui continue sa propagation à travers le monde.

FB : Parmi les dix pays les plus touchés, le Pérou. Près de 500 000 cas ont été recensés et depuis mardi le cap des 20 000 morts a été franchi. Notre correspondante à Lima, Wyloën Munhoz-Boillot revient sur les multiples raisons de la contamination dans le pays.

Au Pérou, depuis la fin de la quarantaine généralisée en juillet, le nombre de morts dus au coronavirus n’a cessé d’augmenter pour atteindre en moyenne 200 décès par jour. Pour Farik Matuk, ex membre du comité d’experts Covid du ministère de la Santé et ancien directeur de l’Institut national des statistiques (INEI), cette hausse est clairement liée au déconfinement et au redémarrage de certaines activités économiques le mois dernier : « Lorsqu’on a décidé de réactiver l’économie comme les transports interprovinciaux de passagers, Lima, qui est l’épicentre de l’épidémie, a exporté les personnes infectées, ce qui a causé de nombreux décès dans les régions et provinces jusqu’ici épargnées. » Avec 600 morts par million d’habitants, le Pérou figure parmi les cinq pays avec le taux de mortalité le plus élevé au monde, devant le Brésil et les États-Unis (Johns Hopkins University). Sans compter que le bilan actuel ne prend pas en compte les 30 000 morts « probables » du coronavirus qui font actuellement l’objet d’une enquête de la part du ministère de la Santé. Pour l’infectiologue, Ciro Maguiña, cette forte mortalité s’explique non seulement par les défaillances du système de santé péruvien, mais aussi par d’importantes comorbidités au sein de la population péruvienne : « L’obésité a particulièrement augmenté ces dernières années au Pérou. Et au nord du pays, où le système de santé s’est effondré, il y a aussi un nombre important de personnes atteintes de diabète. Et c’est ce qui, selon moi, fait que nous avons une mortalité si élevée aujourd’hui. » En effet, sur les 20 000 morts du coronavirus recensés jusqu’ici au Pérou, 85% étaient obèses, 43% diabétiques et 27% souffraient d’hypertension selon le ministère de la Santé. Wyloën Munhoz-Boillot, Lima, RFI.

AG : Le pays le plus touché au monde reste les États-Unis. Et pourtant, Washington vient de lever la recommandation appelant les Américains à éviter tout voyage à l'étranger.

FB : Démarche inverse en Europe. L'Allemagne va imposer à tous les voyageurs de retour de régions à risque de se faire tester. La mesure sera effective à partir de samedi. La Norvège, elle, va imposer une quarantaine de 10 jours aux voyageurs arrivant de France, à nouveau classée en zone rouge.

La France où la prudence reste de vigueur. On a appris aujourd'hui que les universités vont pouvoir rouvrir à la rentrée, mais le port du masque sera recommandé dans les salles de cours. À noter aussi la décision du Maroc, de prolonger d'un mois l'état d'urgence en vigueur dans le pays.

AG : La crise sanitaire a aussi, on le sait des conséquences économiques. Ainsi au Brésil le taux de chômage atteint 13,3% au deuxième trimestre. C'est le pire taux en trois ans.

FB : Au Royaume-Uni, la situation est moins inquiétante que ce qui avait d'abord été prévu. C'est l'un des pays les plus touchés proportionnellement à sa population. Le ralentissement y sera moins sévère que prévu, mais la reprise s'annonce aussi beaucoup plus lente. Ariane Gaffuri revient sur cette annonce de la Banque centrale.

La banque d’Angleterre prévoit une contraction de son économie de 9,5% cette année. Même s’il s’agirait de la pire baisse depuis cent ans, c’est moins sombre que les 14% prévu en mai dernier. En revanche, la reprise sera lente. Le Produit intérieur brut du pays devrait rebondir de seulement 9% cette année alors que le scénario de mai tablait sur une croissance de 15%. Selon la Banque centrale, l’économie ne retrouvera son niveau d’avant crise que fin 2021.  L’activité est durement affectée par la pandémie. Pas plus tard que ce mercredi, le Premier ministre britannique Boris Johnson a évoqué la fermeture des pubs du pays. Selon la Banque nationale, le taux de chômage de près de 4% actuellement devrait presque doubler d’ici la fin de l’année. Pour soutenir l’économie du pays, l’institution a donc décidé de maintenir son taux directeur à 0,1% et de ne pas changer son programme d’achat d’obligations sur le marché. Précisons toutefois que ces prévisions reposent sur l'hypothèse qu'il n'y a pas de deuxième vague de coronavirus et que la transition vers un nouvel accord de libre-échange entre Londres et Bruxelles début 2021 se fera en douceur.

FB : Ariane Gaffuri du service économie.

AG : À l'approche de l'élection présidentielle aux États-Unis, on apprend ce soir que Facebook a démantelé un réseau de comptes faisant la promotion de Donald Trump.

FB : Des faux comptes Facebook et Instagram qui étaient manœuvrés depuis la Roumanie. Les auteurs se faisaient passer pour des Américains, avec notamment des fausses pages de soi-disant supporters du chef de l'État. Donald Trump dont le compte de campagne sur Twitter a été provisoirement suspendu et une de ses vidéos supprimées sur Facebook, car elle contenait de fausses informations sur la contagion des enfants face au Covid-19.

AG : Le président américain qui pourrait par ailleurs perdre un soutien important.

FB : Celui du puissant lobby pro-armes, la NRA. En effet, l’État de New York porte plainte et compte obtenir sa dissolution. Les explications de notre correspondant aux États-Unis, Thomas Harms.

Après 18 mois d’enquêtes, la procureure générale de New York Letitia James a détaillé, ce jeudi, ses poursuites de douzaines d’exemples contre la National Rifle Association. Elle accuse la NRA de fraudes, d’abus et de détournement de fonds. L’organisation, mais aussi ses dirigeants, comme son patron Wayne LaPierre. Ils auraient détournés en toute impunité, des millions de dollars, se seraient fait payer des voyages, auraient donné des contrats à des amis ou a des anciens employés pour s’assurer de leur fidélité. La NRA a perdu 64 millions en trois ans et ses finances sont au plus mal. La numéro deux de l’association condamne une attaque contre le droit de porter des armes et une vendetta politique en période électorale. Le président américain a également réagit. Le lobby pro-arme lui avait donné des dizaines de millions pour sa campagne en 2016. Donald Trump a parlé d’une décision terrible de la justice de New York. Il a conseillé aux instances dirigeantes de la NRA de déménager au Texas, pour avoir « une vie plus agréable ». Thomas Harms, Houston, RFI.

AG : Enfin, une conséquence directe et bien visible du réchauffement climatique. Un immense morceau d'un glacier dans la partie italienne du massif du mont Blanc est sur le point de s'effondrer.

FB : Le volume de glace est estimé à 500 000 mètres cube. Plusieurs dizaines de résidents et de touristes ont dû être évacués. De fortes chaleurs sont attendues dans les prochains jours.

FB : RFI, il est 22h et bientôt 10 minutes à Paris, 20h10 en temps universel. Merci beaucoup Alexis Guilleux de m'avoir accompagnée pour ce Journal en français facile. Et merci à vous de votre fidélité à la radio du monde, restez à notre écoute. 

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