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Journal en français facile 06/02/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Vous écoutez RFI il est 21h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. Présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une de l’actualité ce soir : la contre-attaque de Donald Trump. Au lendemain de son acquittement à l’issue de son procès en destitution il s’est exprimé pendant plus d’une heure. Et il s’en est pris à ses opposants politiques.

SB : Le coronavirus en Chine, déjà 560 morts en deux mois d’épidémie. Et le pays toujours plus isolé en raison des restrictions (limitations) de déplacement imposées par de nombreux pays étrangers.

RA : En Allemagne la démission du Président de Thuringe. Cette région au cœur de la polémique, car le Président avait été élu hier grâce aux voix de l’extrême droite.

SB : Et puis la mort de Kirk Douglas à l’âge de 103 ans. Légende du cinéma d’Hollywood dans les années 50-60. Son hommage à la fin de ce journal.

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SB : Une allocution décousue (=désordonnée) et offensive. Donald Trump s’est exprimé ce soir depuis la Maison-Blanche au lendemain de son acquittement.

RA : Le ton était effectivement bien différent de celui de Bill Clinton en 1999, dernier Président avant Donald Trump à avoir fait l’objet d’une procédure de destitution. Au lendemain de son acquittement, il avait fait part de ses excuses. Ce soir Donald Trump au contraire s’en est pris à ses opposants politiques dans une improvisation dont il a le secret. Le compte rendu à Washington d’Anne Corpet.

Un président américain en roue libre pendant plus d’une heure, et le mot conneries « bulleshit » employé pour la première fois de l’histoire en public dans les salons de la maison blanche… c’est ce qu’on retiendra de ce discours de Donald Trump qui devait célébrer sa victoire après son acquittement. Le président a brandi la Une d’un journal barré du mot « Acquitté ». « Je ne pense pas qu’un autre président aurait pu supporter cela. Nous avons vécu l’enfer, mais je n’ai rien fait de mal. » s’est-il écrié avant de se lancer dans un long monologue décousu, et de multiples digressions. Le président a insulté Adam Schiff et Nancy Pelosi, les deux démocrates qu’il rend responsables de sa mise en accusation, « ils sont vicieux, vicieux comme l’enfer, mais ils restent soudés et ils peuvent recommencer » a-t-il persiflé avant de se justifier encore et encore sur l’appel téléphonique controversé qu’il a passé à son homologue ukrainien.. « Mais maintenant je suis acquitté, totalement acquitté, et c’est un mot merveilleux » a souligné le président. Il s’est excusé auprès de sa famille pour leur avoir fait traverser je cite « une [procédure] bidon, pourri, imposée par des personnes très malades. ». Donald Trump semble plus déchaîné que jamais, offensif, railleur, et sûr de son bon droit. Anne Corpet Washington RFI.

RA : Et pendant ce temps-là dans l’autre camp, côté démocrates, c’est la confusion qui continue de dominer deux jours après la première primaire en vue de la Présidentielle, organisée dans l’État de l’Iowa. Il y a un problème informatique dans la publication des résultats, et ce soir deux hommes se déclarent vainqueurs de cette primaire, Pete Buttigieg et Bernie Sanders.

SB : L’épidémie de coronavirus est désormais synonyme de crise durable pour Pékin.

RA : Oui, car la Chine se trouve toujours plus isolée. À l’étranger de nombreuses compagnies aériennes ont suspendu leurs vols au départ et à destination de la Chine. Des mesures qui se prolongent, ainsi Air France a décidé ce jeudi de suspendre tous ses vols commerciaux jusqu’au 15 mars. Il faut dire l’épidémie ne cesse de prendre de l’ampleur, le dernier bilan fait état de 560 morts et 25mille contaminations en Chine. Ce sont des chiffres qui interrogent Su Yiren, virologue (spécialiste des virus) à l’université de sciences et technologies du sud de Taiwan.

« Je pense que le système médical de Wuhan s’est complètement effondré, que ce soit sa capacité de soigner les patients ou celle de diagnostiquer les nouveaux cas. Je doute que les chiffres avancés tous les jours reflètent vraiment la réalité. Tous les jours 3000 cas confirmés, cela signifie qu’ils auraient testé sur des dizaines de milliers de patients. Comment les hôpitaux arrivent-ils à accueillir des dizaines de milliers de patients par jour et d’effectuer un test sur eux ? C’est un défi très difficile, presque impossible. Donc combien de contaminations confirmées, combien de décès, leurs chiffres ne peuvent être considérés que comme indicatifs. »

RA : Su Yiren virologue à l’université de sciences et technologies du sud de Taiwan. Il s’appuie sur son expérience de l’épidémie de SRAS qui avait fait plus de 770 morts dans le monde en 2002-2003, à l’époque Su Yren était le responsable du Centre de Prévention de maladies à Taiwan.

SB : En Allemagne, après le séisme, la tempête politique.

RA : Le séisme c’était hier : l’élection d’un Président de région grâce aux voix de l’extrême-droite. C’est à Thuringe dans l’est de l’Allemagne et c’est une première en Allemagne depuis l’après-guerre. Une situation qui a provoqué la stupeur du parti de la chancelière Angela Merkel. D’où la réponse aujourd’hui du nouveau Président de région : à peine élu il a annoncé sa démission, et son intention de provoquer des élections anticipées. Thomas Kemmerich l’a dit ce jeudi lors d’une conférence de presse. Je vous propose de l’écouter.

« Avec mes collègues du groupe parlementaire de la FDP, nous avons décidé de demander la dissolution du Parlement de Thuringe. Nous souhaiterions ainsi provoquer de nouvelles élections afin d’enlever le stigmate qui colle au poste de ministre président à cause du soutien de l’AfD. Les démocrates ont besoin de majorités démocratiques qui ne peuvent évidemment pas être obtenues dans ce parlement. Le parti libéral FDP continuera à se battre pour un changement politique et contre les partis extrémistes de droite et de gauche. Une coopération avec l’AfD n’a pas existé, n’existe pas et n’existera pas. Personne nous a obligé de prendre cette décision. Hier, l’AfD a tenté d’endommager la démocratie en utilisant une manœuvre perfide. Nous avons trouvé la parade à cette manœuvre. »

RA : Le Président de Thuringe Thomas Kemmerich, annonçant sa démission. Avec d’autres conséquences : le dirigeant national du FDP ; le parti auquel appartient Thomas Kemmerich, a fait savoir qu’il allait poser la question de confiance aux militants.

SB : En France une neuvième journée de mobilisation contre la réforme des retraites ce jeudi.

RA : Les opposants refusent d’abandonner le combat alors que le projet de loi est désormais à l’Assemblée Nationale. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Paris, mais également dans plusieurs villes de province. Dans la capitale ils étaient 15mille selon le ministère de l’Intérieur, près de 10 fois plus selon la CGT. 

SB : Et puis on termine ce Journal en français facile par un hommage à Kirk Douglas.

RA : L’acteur américain décédé la nuit dernière à l’âge de 103 ans. C’est l’occasion de donner tous les superlatifs qui sont utilisés et que vous avez pu entendre sur l’antenne de RFI pour qualifier Kirk Douglas : monstre sacré d’Hollywood, légende de l’âge d’or du cinéma américain. Tout cela pour saluer une brillante carrière qui a connu ses plus grands moments dans les années 50 et 60. Ses plus grands films « Spartacus », « les Sentiers de la gloire » ou encore « Paris brûle-t-il ? » Kirk Douglas également un homme engagé. Retour sur sa carrière Sophie Torlotin.

C’est l’histoire d’un fils de chiffonnier juif russe devenu une légende à Hollywood. Issur Danielovitch Demsky choisit Kirk Douglas comme nom de scène après avoir servi dans la marine pendant la Seconde Guerre mondiale. Son regard bleu acier et sa fossette au menton s’imposent sur les écrans dès les années 1950. Sous la direction des plus grands réalisateurs, il enchaîne les films de genre : aventure, western, films de guerre, film historique et bien sûr péplum. Pour Spartacus en 1960, dans lequel il incarne le meneur d’une révolte des esclaves, la star fait travailler le scénariste, Donald Trumbo, alors inscrit sur la liste noire pour cause de sympathie communiste. La colère fut le moteur de l’engagement de Kirk Douglas. Surnommé « l’emmerdeur » à Hollywood, il ne décrocha un Oscar d’honneur qu’en 1996, l’année de ses 80 ans. Mariée à Anne Buydens rencontrée en France, le monstre sacré américain est francophone et francophile qui révèle son secret de longévité à la télévision française. Ayant survécu à un accident d’hélicoptère, une attaque cérébrale et une attaque cardiaque, Kirk Douglas aura brillé à Hollywood pendant 71 ans !

RA : Kirk Douglas confessait un grand regret au cinéma : celui de ne pas avoir décroché le rôle de « Vol au-dessus d’un nid de coucou », le chef-d’œuvre de Milos Forman de 1975. Fin de ce Journal en français facile.

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