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Journal en français facile 02/08/2019 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

 

Pierre Pillet : Vous écoutez Radio France internationale. Il est 20 heures en temps universel, 22 heures à Paris. Bonsoir à tous, bienvenue dans le journal en français facile. Sylvie Berruet est avec nous ce soir, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Pierre, bonsoir à tous. 

PP : C’est l’information de la soirée : un accord a été trouvé entre les États-Unis et l’Union européenne sur l’exportation du bœuf américain.

SB : C’est une première depuis le début du mouvement de contestation à Hong Kong : des fonctionnaires ont manifesté aujourd’hui.

PP : En France, la manifestation en hommage à Steve, dans le centre-ville de Nantes, sera interdite demain. La justice rejette le recours déposé par la Ligue des droits de l’Homme.

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SB : À la une ce soir : Donald Trump annonce un accord avec l’Union européenne sur le commerce du bœuf américain.

PP : Pendant plusieurs années, les États-Unis et l’UE n’ont pas réussi à trouver un terrain d’entente. Les Européens avaient peur de voir arriver sur leurs marchés du bœuf élevé aux hormones. Une solution a donc été trouvée et le président américain se montre très satisfait, Anastasia Becchio.

Donald Trump qualifie l’accord d’« avancée majeure » : pour les agriculteurs et les éleveurs américains, tout d’abord. La première année, les exportations de bœuf américain sans droits de douane vont s’accroître de 46 % et au cours des sept prochaines années, elles vont augmenter de 90 % supplémentaires, a affirmé le président américain lors de la cérémonie de signature à la Maison-Blanche, en présence de représentants de l’UE. Autre bénéficiaire de l’accord, selon Donald Trump : le consommateur européen, parce que le « bœuf américain est considéré comme étant le meilleur au monde » se vante-t-il. La viande de bœuf américaine a pourtant longtemps été bloquée des marchés européens. En cause : l’utilisation des hormones de croissance par les éleveurs outre-Atlantique. En 1988, l’Europe a tout simplement interdit l’importation de viande bovine issue d’animaux auxquels ont été administrées des hormones. En représailles, les États-Unis avaient imposé des sanctions douanières sur certains produits du terroir. Un compromis avait finalement été trouvé et les exportations de bœuf de haute qualité avaient peu à peu repris. Cette fois, l’accord prévoit qu’à terme, 35 000 tonnes du quota européen soient réservées aux États unis. Phil Hogan, le commissaire européen à l’agriculture, a assuré qu’il n’allait « pas changer le volume total, la qualité ou la sécurité du bœuf importé. » L’accord doit entrer en vigueur à l’automne, mais auparavant devra être approuvé par le Parlement européen.

PP : Merci Anastasia Becchio pour ces précisions.

SB : Donald Trump qui par ailleurs annonce des droits douanes supplémentaires sur 300 milliards de dollars d’importations chinoises.

PP : Un autre conflit commercial se déroule, celui entre le Japon et la Corée du Sud. Le Japon retire la Corée du Sud de sa liste des pays qui bénéficient d’avantages commerciaux. Les contentieux historiques entre les deux nations sont toujours présents. Les explications de Frédéric Charles.

Le Japon veut punir la Corée du Sud pour ne pas être intervenu lorsque des tribunaux coréens ont ordonné, l’an dernier, à des groupes japonais comme Nippon Steel et Mitsubishi Heavy, de dédommager des Coréens qui avaient été forcés de travailler dans leurs usines durant la Seconde Guerre mondiale. Pour le Japon, cette question des dédommagements était réglée avec le traité de normalisation entre les deux pays en 1965 : à l’époque, la Corée du Sud était sous dictature militaire et les victimes du travail forcé n’ont reçu aucune compensation. Le passé entre le Japon et la Corée du Sud continue de diviser les deux pays, rejaillit sur le terrain commercial et a pris une tournure tragique il y a deux semaines avec l’immolation d’un Sud-coréen devant l’ambassade du Japon à Séoul. Donald Trump s’inquiète de la détérioration des relations entre les deux alliés asiatiques des États-Unis, eux-mêmes engagés dans une guerre commerciale avec la Chine. Frédéric Charles, Tokyo, RFI.

PP : Direction Hong Kong à présent, où les manifestations continuent contre le gouvernement local favorable à la Chine. Avec un masque noir sur le visage, des fonctionnaires se sont réunis aujourd’hui, c’est une première depuis le début du mouvement de contestation. Le reportage de de Zhifan Liu, envoyé spécial de RFI à Hong Kong.

« A l’appel de plusieurs fonctionnaires du gouvernement, 40 000 Hongkongais se sont réunis hier dans le parc Chater Garden. Mais le jardin, logé au milieu des gratte-ciel du quartier des affaires est rapidement devenu trop petit et les participants se sont déployés le long des rues alentour. Avec ce rassemblement, les fonctionnaires veulent eux aussi faire entendre leur voix, c’est le cas de ce postier venu avec quelques dizaines de collègues : “Après avoir travaillé et accompli notre devoir, nous devenons des gens ordinaires. Nous avons le droit de protester, de nous réunir et de rejoindre la manifestation, c’est notre droit de citoyen. Nous sommes très mécontents du gouvernement. En tant que fonctionnaires, nous avons la responsabilité d’exprimer ce mécontentement, et beaucoup d’entre nous viennent ici pour dire non au gouvernement.” 2000 fonctionnaires étaient présents malgré les menaces de sanctions de la part de leur propre gouvernement. Un soutien plus que bienvenu pour les protestataires de longue date qui crient leur colère depuis maintenant deux mois. “Je les trouve courageux... ils ont l’audace de se mobiliser. C’est très important parce qu’ils travaillent pour le gouvernement... ils ne peuvent donc pas être en première ligne lors des manifestations. Ce rassemblement autorisé est une autre forme de soutien... et il encourage une protestation pacifique.” La manifestation s’est déroulée dans le calme avant un week-end qui s’annonce une nouvelle fois tendu entre manifestants et forces de l’ordre. Zhifan Liu, Hong Kong, RFI. »

SB : Plusieurs manifestations sont donc prévues ce week-end et grève générale aura lieu lundi. 

PP : L’actualité en Europe, un navire humanitaire de l’ONG espagnole Open Arms avec 124 migrants à son bord cherche un port après l’interdiction d’accoster en Italie. Les migrants ont été secourus en mer hier après-midi et cette nuit.

SB : Au Royaume-Uni, le parti conservateur n’a plus qu’un siège d’avance sur l’opposition au Parlement.

PP : C’est la conséquence de la victoire du parti Libéral Démocrate lors d’une élection partielle hier. Un résultat qui fragilise Boris Johnson en vue du Brexit : c’est l’avis de Simon Usherwood, professeur en sciences politiques.

À moyen terme, la question c’est de savoir s’il va se retrouver contraint à affronter des élections anticipées dont il ne veut pas et qu’il n’est pas sûr de gagner. Or, si des élections anticipées sont une option, c’est encore plus vrai après ce scrutin. Car soit Boris Johnson se dit que sa popularité ne peut que se dégrader d’ici au 31 octobre, et donc qu’il vaut mieux aller aux urnes le plus tôt possible ; soit les partis d’opposition pensent qu’ils peuvent trouver un ou deux rebelles chez les conservateurs, suffisamment inquiets à l’idée d’une sortie sans accord pour faire tomber leur gouvernement. Voilà les deux scénarios qui pourraient conduire à des législatives à présent. Et il reste juste assez de temps pour qu’à la rentrée du Parlement, si une motion de censure était déposée et votée, les élections puissent avoir lieu avant la fin octobre. Ce qui laisse toutes les options sur la table, d’une sortie sans accord à l’organisation d’un nouveau référendum qui pourrait à son tour remettre en cause le Brexit lui-même.

PP : Simon Usherwood, professeur en sciences politiques, il répondait à Juliette Gheerbrant.

SB : En France, la manifestation en hommage à Steve, dans le centre-ville de Nantes, sera interdite demain. La justice rejette le recours déposé par la Ligue des droits de l’Homme. 

PP : Les autorités redoutent des violences. Steve Maia Caniço c’est ce jeune de 24 ans dont le corps a été repêché dans la Loire. Il était tombé le soir de la fête de la musique lors d’une opération des forces de l’ordre qui fait l’objet de deux enquêtes.

SB : Une autre enquête a été faite, celle de l’IGPN, ce sont des policiers qui enquêtent sur l’action... des policiers, comme cela a été le cas après des manifestations de gilets jaunes.

PP : Et cet après-midi un rassemblement était organisé devant le siège de l’IGPN en région parisienne, le reportage de Pierre Olivier.

« Castaner, en prison ». Face à un cordon de policiers, ils sont plusieurs dizaines, parfois un gilet jaune sur les épaules, à demander la démission du ministre de l’Intérieur. Dans toutes les têtes, il y a bien sûr le décès de Teve à Nantes. « Je suis scandalisée, scandalisée qu’on en soit là, que la police puisse en toute impunité agir et tout passe inaperçu, enfin tout semble devenir normal, c’est-à-dire qu’on peut tuer un gosse qui écoute de la musique, le 21 juin, un peu fort, à quatre heures du matin et on nous explique que c’est normal, enfin voilà... » Dans la foule Adama lui a fait le déplacement depuis la Seine-Saint-Denis, selon lui la mort de Steve a enfin créé un électrochoc en France. « Nous les banlieusards pendant de nombreuses années on a crié haut et fort comme quoi il y a des violences policières et surtout il y a de l’impunité policière, on ne nous a jamais crus, on nous a diabolisés. Aujourd’hui, la mort de Steve est la mort de trop, car le Premier ministre a pris la parole : ça veut tout dire. Comment se fait-il qu’aujourd’hui Steve réveille tout le monde alors que nous (ce qu’il se passe) dans nos quartiers, dans nos banlieues, ça n’offusque pas le Premier ministre ? » Alors pour maintenir la pression sur le gouvernement et que cessent les violences policières, un appel à se rassembler tous les vendredis, devant le siège de l’IGPN, a été lancé.

PP : Toujours en France, le pilote d’un avion bombardier d’eau est décédé dans le Sud. L’appareil s’est écrasé dans le département du Gard dans la lutte contre un incendie. C’est la fin de ce journal en français facile, il est presque 21h10 à Paris. 

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