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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On vient d’essayer de faire le bilan de la loi français qui a un an maintenant, sur le harcèlement de rue. Le harcèlement de rue ? Une pratique dont les femmes essentiellement sont victimes, et de la part des hommes : elles se font accoster, aborder, elles se font siffler, parfois insulter… Ou simplement, ce sont des commentaires injurieux, des questions auxquelles elles sont sommées de répondre. Le sexisme dans l’espace public tombe donc sous le coup de la loi. Alors parle-t-on de harcèlement uniquement lorsqu’une femme est mille fois abordée par le même inconnu ? Non : une fois suffit. Mais on parle de harcèlement parce que les femmes peuvent être importunées à répétition, par des gens différents. En effet, cette idée de répétition est centrale dans le sens du mot harceler. Mais on voit qu’elle est comprise de façon différente selon les situations : harceler signifie tourmenter, malmener sans cesse. Et soit il s’agit d’une même harceleur qui revient à la charge continuellement, soit il s‘agit d’un désagrément qui revient de multiples fois, pour gêner la même personne, même s’il émane d’un agresseur différent.

On parle d’agresseur… le mot n’est-il pas trop fort ? C’est bien tout le problème, qui permet de comprendre que ce genre d’attitude ne tombe sous le coup de la loi que depuis peu de temps : les harcèlements sont en général des attaques mineures. Ce qui fait que longtemps elles sont restées sous la barre de ce qui était pénalement punissable : tout ça n’est pas bien grave, on ne va pas en faire toute une histoire. Mais c’est justement la répétition de ces actes qui en font la gravité : ça ne reste pas des cas isolés. Et dans des contextes très différents : si vous téléphonez à quelqu’un pour lui demander quelque chose ou lui faire un reproche, ça n’occasionne pas de gros désagrément. Si vous l’appelez cinquante fois dans la même matinée, cela devient insupportable. C’est donc une façon perverse d’empoisonner totalement la vie de quelqu’un, de ruiner son existence sans a priori faire rien d’illégal.

Cette idée de harcèlement est de plus en plus fréquente dans les plaintes, et par rapport à des situations variées : on parle ainsi de harcèlement moral, en particulier dans des situations professionnelles : si un supérieur, par des critiques, des exigences abusives rend insupportables des conditions de travail, on est en droit de ne pas accepter ces agissements.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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