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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Un nouveau gisement de pétrole découvert en Iran ? C’est en tout cas ce qui ressort d’une récente déclaration du président iranien. Ce qui veut dire qu’un nouveau site a été identifié : un endroit du sous-sol qui semble receler, contenir une importante quantité de pétrole. Le gisement fait donc référence à ce qui est là, assoupi dans le sous-sol, attendant plus ou moins qu’on vienne l’y chercher, qu’on exploite ce filon. On parle ainsi des gisements qui ne sont pas encore en exploitation, ou parfois qui le sont déjà. Et on sent bien que le mot ne désigne pas un volume absolument précis. On a découvert un nouveau gisement. De quelle grandeur ? On peut peut-être le deviner, mais ce n’est pas sûr : c’est une évaluation. Et on voit que ce qu’on évalue se présente sous la forme d’une couche : c’est bien le mot et l’image qu’on utilise en géologie : comme si le sous-sol était composé de strates, d’éléments différents posés les uns sur les autres.

Et qui dit couche dit coucher. En effet les deux mots sont de la même famille : une couche, c’est un volume qui s’étire de manière plutôt horizontale. On pense plus volontiers à des roches, mais on peut aussi imaginer un liquide ou une pâte. Et même si le rapprochement vient moins facilement à l’esprit, le mot gisement lui aussi évoque cette position. Qu’est-ce qu’un gisement ? C’est ce qui gît ! C’est-à-dire ce qui est couché, allongé. Le nom vient du verbe gésir, qui n’est plus en usage tel quel, mais qui a laissé quelques traces dans la langue : on le trouve, et presque uniquement à la 3e personne, au présent –il gît – et à l’imparfait : il gisait. Mais c’est bien tout !

Avec un effet de sens particulier quand on l’entend : non seulement on est allongé quand on gît, mais on est immobile. Et immobile souvent contre son gré. Si l’on tombe d’inanition, si l’on s’évanouit, qu’on se fait assommer, on gît par terre parce qu’on est incapable de bouger. Et si cette incapacité devient définitive, c’est qu’on est mort ! Ce qui explique qu’on trouve le verbe dans les inscriptions traditionnelles sur les tombes : ci-gît… suivi du nom de la personne enterrée en dessous.

Et comment l’appelle-t-on la personne qui gît ? Pas de nom particulier. Et pourtant on utilise le mot « gisant » pour désigner les statues couchées qui représentent les défunts : on les trouve en général dans les églises, et ils représentent la plupart du temps les seigneurs du lieu, sculptés avec leur épée et souvent leur armure, ou les ecclésiastiques responsables de ces endroits consacrés.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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