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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On sait que les transactions autour du gaz sont extrêmement importantes dans le déroulement de la guerre d’Ukraine puisque la Russie est l’un des principaux fournisseurs de ce combustible à de nombreux pays, notamment en Europe, qui ne peuvent pas s’en passer. Donc voilà une bonne occasion de s’interroger donc, non sur la chose, mais sur le mot. Un mot assez bizarre d’ailleurs, à plusieurs points de vue. D'abord morphologie, c'est-à-dire au point de vue de sa forme et sa graphie. Le pluriel ne se note pas comme pour tous les mots qui se terminent par z : nez, raz, riz… Mais contrairement à ces trois mots précédents, le z de gaz se prononce.

Ce mot est relativement récent, c'est-à-dire qu'il date du 16ᵉ siècle. Et bizarrement, ce n’est pas vraiment un mot populaire, ce n'est pas vraiment un mot savant, ce n'est un peu les deux. C'est un mot hybride qui a été créé de toute pièce par le médecin et chimiste flamand Van Helmont d’après le mot grec chaos (qui est passé en latin). Donc c'est un mot savant puisqu’il a été inventé par un chercheur qui avait besoin d’un nouveau mot pour désigner une nouvelle chose – tout au moins une chose dont le concept était nouveau. Seulement le terme a évolué, il a été transformé, déformé, à la façon d’un mot d’origine populaire et le gaz d’arrivée ressemble bien peu au chaos de départ.

Scientifiquement, un corps gazeux est un corps qui n’est ni solide ni liquide : il est fluide, expansible et compressible, c'est-à-dire qu’il remplit tout l’espace qui lui est proposé, mais que, si l’espace se restreint, on peut le condenser. Et la matière gazeuse avec laquelle nous sommes le plus en contact, bien sûr, c'est l'air, même si l’air est composé lui-même d’un mélange de plusieurs gaz. Alors, très souvent les gaz évoquent des choses redoutables, des armes redoutables, des armes toxiques, répandues pour empoisonner l’ennemi.

Tradition funeste qui remonte d'ailleurs à la Première Guerre mondiale, à 1917, lorsque les Allemands, pour la première fois, ont répandu du sulfure d’éthyle dichloré en direction des troupes alliées qui étaient stationnées autour de la ville d’Ypres en Belgique. C’est pourquoi ce gaz, qu’on l'a appelé dans le jargon de l’époque le gaz moutarde, mais qu'on appelle également ypérite. Et depuis, il y en a eu, c'est vrai, beaucoup d’autres.

Ce probablement cela qui explique l’expression très familière "je suis dans le gaz", "j’ai la tête dans le gaz" qui signifie tout simplement je suis un peu endormi, ml réveillé en tout cas: je n’ai pas l’esprit très rapide!

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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