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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On ne parle que du flyboard de Jacky Zapata, cette étonnante machine volante qui lui a permis de survoler la Manche et de rallier l’Angleterre. Flyboard est une marque déposée, mais le mot n’a pas été choisi au hasard. Fly board… une planche qui vole ? Oui et non. Le nom est anglicisant bien sûr, mais on peut l’interroger : Fly veut dire voler. Et board ? Le mot se traduit souvent par planche, mais on peut surtout retenir qu’il a servi à désigner des objets sur lesquels on tient, plus ou moins en équilibre, et qui glissent ou qui roulent sur des milieux variés.

L’origine de cette famille d’objets et de mot est à chercher dans la pratique du surf. Même si le sport n’est pas nouveau, il a été popularisé en France dans les années 80 et n’apparaît pratiquement pas avant les années 60. Comme cette vogue venait essentiellement d’Amérique du. Nord, et plus précisément de Californie, cette pratique est restée très anglicisante. Le mot surf est resté tel quel, mais assez vite, le mot board a été traduit par son équivalent français : planche. Mais il avait été suffisamment entendu et utilisé pour qu’on le retrouve dans d’autres pratiques. Par exemple le skate-board. Skate en anglais, signifie patiner. Il y a bien longtemps d’ailleurs, enfin dans les années 30-40, on parlait de faire du skating pour évoquer le patinage. Mais cet anglicisme a totalement disparu en français : le patinage s’est imposé. En revanche, la pratique de la planche à roulettes a ramené dans notre langue le skateboard. Là encore la démocratisation et le succès de cette pratique ont imposé les équivalents français. S’ils n’ont pas totalement éliminé les mots anglais, ils sont très courants. Mais là encore, tout ce processus ancre le mot anglais board en français, et le rend propice à d’autres utilisations. On l’emploie donc pour des moyens de transport nouveaux, plus ou moins acrobatiques, plus ou moins sportifs, et qui souvent allient une réelle utilité avec un usage récréatif, pour s’amuser… On a ainsi le hoverboard, qui a gardé son nom anglais le plus souvent : le mot gyropode existe, mais il est bien peu entendu. Étonnant destin : au départ c’est un objet inventé, fictif : un genre de petite planche qui peut léviter, se tenir à quelques dizaines de centimètres du sol pour se déplacer. Et puis on appelle ainsi un objet bien réel, avec des roues, un moteur électrique intégré, et voilà un nouveau mode de déplacement urbain. Mais est-ce vraiment une planche qui relie les roues ? C’est plus petit ça ne flotte pas, ça ne glisse pas, mais le pli est pris : le mot board passe d’une invention à l’autre, pour se retrouver dans le flyboard aujourd’hui !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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