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Fleuve et rivière

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

« Ambitions chinoises sur le fleuve Mékong » titre RFI, en faisant référence aux appétits territoriaux de la Chine qui aimeraient bien s’approprier le Mékong qui semble, à cet endroit appartenir à la Thaïlande. Mais sur RFI, parle-t-on du Mékong ? Oui et non : on parle du fleuve Mékong, et on précise donc, de quoi il s’agit. Peu de confiance dans les connaissances géographiques des auditeurs, qui pourraient prendre le Mékong pour un homme. Il est vrai que si ce fleuve est large et long, il est loin, en tout cas du centre de cette radio. Peu familier des francophones donc ! C’est pourquoi on précise.

Et cette manière de s’exprimer peut se retrouver avec plusieurs autres cours d’eau. On peut parler du Yang-Tsé-Kiang, mais parfois du fleuve Yang-Tsé-Kiang si on a peur de ne pas être compris. On parlera plus souvent encore la rivière Athabasca, car ce grand cours d’eau est peu connu en dehors du Canada, de la rivière Nelson ou de la rivière Churchill, toujours au Canada, pour qu’on ne confonde pas avec les hommes d’État qui se retrouvent, suite à la colonisation anglaise, dans la toponymie de ce pays !

On a aussi le fleuve Amour, et là, bien sûr qu’il faut préciser qu’il s’agit d’un fleuve : on pourrait le prendre pour un sentiment. Et traverser l’Amour est parfois périlleux ! Et puis, par traduction, on parlera aussi du fleuve Jaune ou du fleuve Rouge par exemple. Mais à part ces quelques exemples éloignés, la plupart du temps, lorsque le fleuve est familier de celui qui le nomme, l’article suffit. Mais l’article est nécessaire ! La Seine, la Garonne, la Vézère…

De quel genre cet article ? Au féminin dans les exemples qu’on vient de prendre. Et de nombreux cours d'eau sont féminins en France : l’Oise, la Marne, la Somme, la Meuse, l’Aude et la Charente… Uniquement féminins ? Non, les masculins ne sont pas rares : les grands : le Rhône, le Rhin ; les petits : le Tarn, le Gard, le Loir (qui n’est pas la Loire…), le Cher etc. On a donc une distribution qu’il faut connaître pour ne pas se tromper : voilà l’une des erreurs où l’on reconnait facilement quelqu’un qui n’est pas francophone natif, en tout cas pas francophone français. Car on apprend ça à l’école communale…

Et à l’étranger alors, quel est le genre de fleuves et des rivières ? Dans la grande majorité des cas, il est masculin ! Le Congo et le Niger, le Danube et le Pô, le Mississippi et le Missouri. Parfois, c’est un nom composé qui indique que c’est un fleuve : le Rio de la Plata, le Rio Grande. Rio est en espagnol, mais beaucoup savent que ce nom signifie fleuve. Alors, aucun fleuve féminin à l’étranger ? Mais si ! En cherchant bien, on trouvera la Néva et la Volga par exemple ! Pour traduire un féminin de la langue d’origine ? Pas sûr ! Surtout par habitude, parce que la terminaison « a » en français est le plus souvent liée au féminin.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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