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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Ironie du calendrier : on vient d’inaugurer une nouvelle ligne ferroviaire en pleine grève des transports. Étonnante naissance donc du Léman Express réseau transfrontalier entre la France et la Suisse qui permettra de circuler plus facilement entre les deux pays, dans cette région qui avoisine le Léman. On dit souvent le lac Léman, mais il semble que ce soit un pléonasme : Léman à l’origine signifie Lac. Donc, souvent on parle du Léman tout court, ou du lac de Genève… En tout cas ce Léman express est fait pour désengorger le trafic routier et faire gagner du temps aux usagers. C’est bien ce qui ressort de son nom : express. Il est vrai que ce mot se retrouve se retrouve fréquemment dans le vocabulaire des moyens de transport, pour en évoquer la rapidité. On parle de train express, en Angleterre, puis en France, depuis le milieu du 19e siècle : c’est un train qui ne s’arrête pas à toutes les gares, et qui donc s’oppose à l’omnibus… ou au tortillard. Et il est resté lié aux souvenirs prestigieux des grandes liaisons du début du vingtième siècle, avant que l’avion ne soit de devenu un mode de transport courant : c’est le train qui a contribué à apprivoiser les distances : Trans-Europe Express, Orient —Express. Ce n’était pas à la portée de tout le monde, mais ça faisait rêver et ça développait toute une mythologie d’un modernisme associé à la vitesse. Et le mot a poursuivi sa carrière dans ce domaine, de manière plus modeste et plus populaire : le RER, c'est le Réseau Express Régional qui dans la région parisienne a tenté de corriger l’extrême densité du réseau du métro, dont les stations sont très rapprochées. Et on a aussi les TER aujourd’hui, Train express régional. Mais ces TER ne sont pas des lignes à grande vitesse. Et avant même l’extension des TGV, on opposait les Express aux Rapides. Les trains express, malgré leur nom, ne vont donc pas si vite que ça. Et pourtant le terme a gardé le plus souvent l’idée d’une certaine rapidité : les voies express, pour la circulation automobile, sont censées faire gagner du temps.

Mais d’où vient donc le mot express ? De l’anglais, qui d’ailleurs l’avait emprunté au français — et l’origine est de toute façon latine : la famille est la même que celle d’exprimer, d’expression. 

L’adjectif, en France, comme en Angleterre a aussi été lié au vocabulaire de la poste. C’est la rapidité qui compte et on dit encore envoyer quelque chose en express. L’expression n’est plus sentie comme spécialement anglaise. On écrit d’ailleurs colis exprès, lettre exprès. D’ailleurs dès le 17e siècle, le mot exprès désignait en français un messager rapide qui transmettait des missives, des nouvelles. C’est exactement l’image qui convient à un journal, et ce terme s’est souvent retrouvé dans des titres de presse.

Enfin, sous une influence assez lointaine de l’anglais, le mot sert aussi, en apposition, a donné l’idée de ce qui est fait à la hâte, de manière expéditive : on parle d’un procès express aussi bien que d’un repas express.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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