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Droit de perdre

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

« Municipales au Havre : Édouard Philippe n’a pas le droit de perdre. » C’est un titre des informations de RFI d’hier. Comment le comprendre ? Édouard Philippe, actuel Premier ministre, se présente aux élections municipales de cette grande ville de l’ouest de la France, Le Havre. Est-ce que s’il perd, on le mettra en prison ? Est-ce qu’on le trainera au tribunal ? Bien sûr que non ! Alors que veut dire cette affirmation selon laquelle il n’a pas le droit de perdre ? C’est un sens figuré de l’expression qui permet de la comprendre : s’il perd, il ruine sa carrière politique, du moins dans les mois qui viennent ! S’il perd, il ne peut rester Premier ministre. Et c’est toute la crédibilité du gouvernement qui va en souffrir. Cela signifie donc qu’Édouard Philippe ne peut pas se permettre de perdre s’il veut éviter cet ébranlement du camp du pouvoir. Ce n’est plus une question juridique, c’est simplement un problème de stratégie et d’équilibre des forces. Le droit n’est donc pas toujours en rapport avec la loi : il peut s’agir d’un droit moral ou d’un simple intérêt. Lorsque par exemple on parle du droit à l’erreur, et le plus souvent à la négative : je n’ai pas le droit à l’erreur signifie que je ne dois pas me tromper, sinon je le paierai très cher. Fréquemment d’ailleurs, on dit qu’on n’a plus le droit à l’erreur. Comme si on l’avait eu dans un premier temps : on peut se tromper, ce n’est pas si grave ; un repêchage est possible. Mais au bout d’un certain temps, ou de certaines erreurs, c’est fini : ça ne pardonne pas ! Toute faute est rédhibitoire, c’est-à-dire qu’elle vous élimine, qu’elle vous disqualifie, qu’elle vous met hors-jeu !

Mais le droit moral est important. Le droit à l’erreur par exemple, qui n’est pas une simple expression, mais qui est prévu par les textes officiels : on a le droit, dans une déclaration — ou une absence de déclaration) fiscale ou administrative de se tromper. À plusieurs conditions : il faut que ce soit la première fois, il faut que votre bonne foi soit reconnue.

Mais on parle aussi bien du droit au logement, un droit revendiqué, mais qui n’est pas prévu par les textes de loi. Comme si chacun pouvait revendiquer un logement décent pour lui et sa famille proche. Et le droit à l’oubli ? C’est plus vague. Mais ça englobe la possibilité de supprimer toutes les mentions personnelles sur les réseaux sociaux par exemple. Quant au droit à l’image, on en a beaucoup parlé, surtout depuis qu’il est si facile de prendre des photos avec un simple téléphone. Mais ces photos doivent rester privées et ne pas être proposées sur des espaces publics si les personnes représentées peuvent être reconnues.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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