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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Ce soir, à Paris, et dans le cadre de la Nuit des Idées, la DGLFLF organise une performance imaginée par Madame Moustache, et qui tournera autour du mot coquille. Pourquoi coquille ? C’est un mot qui fait partie des fameux dix mots du français, choisis chaque année pour représenter la langue française. Et cette année, ces dix mots tournaient autour du thème de l’écriture, de l’imprimerie, de la typographie. Et précisément, coquille fait partie de cette liste. Pourquoi donc ? Pourquoi cette petite conque marine s’est-elle donc égarée dans les méandres de l’écriture ? C’est que le mot a un sens précis dans le jargon, l’argot de la typographie, c’est-à-dire de la composition des mots à imprimer. Une coquille c’est simplement une erreur, c’est-à-dire une lettre imprimée pour une autre. Bien sûr ça peut concerner l’édition, mais cela s’applique bien plus encore à la presse : lorsqu’on imprime un livre, on peut prendre le temps de relire ce qu’on compose, et de corriger ce qui va de travers. Alors que dans la presse, comme son nom l’indique, on est pressé. On travaille dans l’urgence, car l’édition doit sortir vite, que les dépêches tombent vite, que les journalistes travaillent vite. L’erreur est donc plus fréquente : le typographe travaille (ou plutôt travaillait : tout cela est largement mécanisé ou informatisé de nos jours…) avec une casse, une caisse divisée en compartiments contenant chacun un certain type de lettres. Si l’on se trompe de casse, on se trompe de lettre. Alors la coquille a bon dos, et bien souvent le journaliste qui a fait une faute d’orthographe incrimine le typographe : c’est une coquille !

Ce qui peut avoir des conséquences désastreuses ou comiques : si je croise un collègue, je peux, en signe de politesse, me découvrir : j’ôte ma calotte. Si une coquille vient me frapper, j’ôte ma culotte. Alors pourquoi ce nom de coquille ? Peut-être parce que ces coquilles évoquent une lettre à l’envers, inversée : ce dessin en spirale est évocateur. On pense aussi au pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle, le plus connu des pèlerinages catholiques, où l’on va racheter ses pêchés, et tenter d’effacer ses fautes. La coquille serait-elle le symbole de la faute ? Peut-être… mais ce n’est pas sûr, il y a encore du mystère là-dedans, et en fait cette coquille appartient à ce genre de mots dont on ne sait pas très bien pourquoi ils ont tel sens ou tel son.

Et parfois la coquille peut même s’apparenter au lapsus, l’erreur significative, qui dit ce qu’on aurait voulu cacher.

Et l’une d’elles est célèbre : le Prince Jérôme Bonaparte, ancien roi de Westphalie, est au plus mal. Mais alors qu’on le croyait perdu, son état se stabilise. On attend encore vingt-quatre heures, et ça s’améliore encore un peu. La presse s’en réjouit donc et titre « Le mieux persiste ! » Mais une erreur malencontreuse fait lire dans le journal « La Patrie » : « Le vieux persiste. »

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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