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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Manifestations de chasseurs hier en France dans plusieurs villes, à la suite de l’interdiction validée par le Conseil d’État de plusieurs modes de chasse; à la glu (c’est-à-dire à la colle : certains oiseaux se posent sur des promontoires enduits d’un produit qui les empêche de repartir), au filet etc. Les chasseurs se sentent mal aimés, notamment par les politiques, surtout par les écologistes. En gros par des gens des villes, des bourgeois, au sens ancien du terme, qui habitent des bourgs, et ils mettent en avant une culture rurale qui serait méprisée par les urbains.

Alors un chasseur, sans ambiguïté, c’est bien celui qui va à la chasse, qui pratique la chasse, symétrique du pêcheur, qui va à la pêche. Et pour les femmes alors ? La langue traduit bien la culture ! Traditionnellement il s’agit d’une activité masculine, voire symboliquement virile. Peu de féminin donc. Chasseuse existe, peu employé. Pourtant, spontanément, c’est le mot auquel on aurait recours pour désigner une femme qui va à la chasse. Et chasseresse alors ? Le mot est ancien, lié à certains emplois. Et la plupart du temps, ce n’est pas un nom mais un adjectif. Bien souvent relié à une image mythologique : on parle dans la culture grecque antique de Diane chasseresse. Une figure féminine qui va chasser (dans tous les sens du terme) sur les terres des hommes, d’autant plus marquante qu’elle prend la coutume à contrepied. Chasseresse est donc littéraire et rare, et ce n’est pas le féminin standard de chasseur.

On sait que le verbe chasser a plusieurs significations: rechercher des animaux et les tuer, le plus souvent pour qu’ils deviennent de la nourriture. Mais aussi rechercher activement quelque chose (ou quelqu’un), avec ardeur, avec passion, surtout lorsque ce type de gibier est difficile à trouver. Et à partir de là, on a certains sens particuliers du nom chasseur, souvent précisé par un complément.

Le chasseur de tête est celui qui vient en premier à l’esprit. L’expression dérive d’une ancienne formule pour désigner une pratique qu’on trouve dans des civilisations assez nombreuses; en Océanie, en Amérique du Sud, mais aussi en Europe, Chez les Celtes, certains peuples germaniques etc. Ils s’agissait en gros de conserver la tête coupée de ses ennemis, dans un but symbolique, pour s’en approprier la puissance. Ces habitudes sanguinaires ont frappé les esprits occidentaux et francophones ce qui explique l’usage de cette expression dans un sens bien différent, propre aux civilisations occidentales contemporaines : un chasseur de tête est un recruteur, qui cible de manière très précise la personne à recruter: à la demande d’une entreprise, tel essaie de trouver la personne a priori la plus qualifiée pour remplir certaines fonctions.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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