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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On parle beaucoup en ce moment du célibat des prêtres, puisqu’il semblerait que cette règle puisse s’assouplir dans un avenir relativement proche. Et on en parle d’autant plus depuis le synode d’Amazonie, réunion d’ecclésiastiques qui ont abordé le problème, et depuis la parution toute récente d’un ouvrage co-signé par Benoit XVI, Pape émérite, c’est-à-dire ancien pape, qui a démissionné. Ce livre en effet, même si l’ancien pape refuse maintenant d’en endosser la paternité, présente le célibat des gens d’Église comme l’un des piliers fondamentaux du catholicisme. Alors même que le Pape actuel, François, est bien plus mesuré sur le sujet.

Alors qu’est-ce que le célibat ? Le fait simplement de ne pas être marié, quand on pourrait l’être. (En effet, on ne parle pas du célibat des enfants puisque c’est pour eux une condition assez naturelle, sauf exception !) Bien sûr le célibat n’est pas la virginité ! Mais les deux situations ont un point commun : quand on les abandonne, c’est pour toujours. La virginité ne se rattrape pas ; le célibat non plus. Si l’on se marie, ce n’est pas toujours pour la vie : on peut divorcer. Ou malheureusement on perdre son conjoint ou sa conjointe. On devient alors divorcé, ou bien veuve ou veuf. Mais on ne retourne pas au célibat : on ne sera plus jamais célibataire.

Alors ce mot malgré tout est en perte de vitesse. À cause de l’évolution des façons de vivre, du moins en Europe occidentale : le fait de ne pas être marié ne détermine pas vraiment un mode d’existence : on peut vivre seul, en couple, avec des enfants, et même parfois être grands-parents sans être marié. Et ce n’est plus un cas rarissime. Même si ce n’est pas la situation la plus fréquente, c’est une norme parmi d’autres, c’est l’une des situations possibles sans que ça paraisse ni choquant ni exceptionnel. Et maintenant il est bien rare que le mariage advienne sans avoir été précédé par une vie de couple antérieure, pendant quelques mois, et souvent quelques années. Non pas pour tester si le mariage était possible, mais simplement parce que c’est une modalité de relation ordinaire. Et qui peut se transformer en mariage, mais pas toujours.

Ce qui fait qu’aujourd’hui on parle plutôt des gens non mariés que des célibataires. Alors que pendant longtemps le célibat est passé pour un genre d’échec de vie. C’est pourquoi on parlait de manière un peu dédaigneuse des vieux garçons et des vieilles filles. Qui vieillissait hors mariage, qui n’avait pas cette sanction du mariage. Si ça continue, il va rester vieux garçon, elle finira vieille fille. Il y avait toute une stigmatisation autour d’une condition qu’on associait avec des façons de vivre, et même des traits de caractère : la maniaquerie, la difficulté à accepter les autres, à sortir de ses habitudes.

Pourtant il y a un cas où le mot célibataire a pu reprendre du service : pour remplacer l’expression méprisante socialement fille-mère ! Une sorte de contradiction qui représentait un concentré de pêché et de malheur. Alors que mère célibataire avait un côté plus sociologique, donc plus neutre. Mais même cette formule a tendance à être délaissée aujourd’hui : ces mères célibataires ne représentent que les femmes vivant seules avec leurs enfants, et non pas des femmes non mariées vivant avec leur conjoint, ou dans le cadre d’une nouvelle famille recomposée. Et dans ce cas, on parle plus volontiers de famille monoparentale.  

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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