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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le nombre de cas de Covid, en augmentation régulière en France, va-t-il finir par baisser de telle sorte que le risque épidémique diminue ? On peut le souhaiter, mais ce n’est pas ce qui se passe en ce moment : ce n’est pas le cas ! On vient d’employer deux fois ce mot cas : le nombre de cas, et l’expression « ce n’est pas le cas… » Deux emplois bien différents, pour ce mot, qui est d’abord un nom, mais qui est souvent employé comme si c’était une conjonction qui introduit, comme on dit en grammaire, une proposition subordonnée.

Expliquons-nous : le terme dérive du latin, d’un verbe qui signifie tomber. Donc le cas c’est d’abord ce qui tombe, ce qui échoit, ce qui se produit. Avec tout d’abord une signification très négative : ce qui tombe inexorablement, pour les humains, c’est la mort, qui arrive toujours à un moment ou à un autre. Il est donc assez logique qu’on dérive vers le vocabulaire de la maladie : un cas de covid, c’est une personne qui se trouve avoir le covid. Et de façon plus générale, c’est donc une situation particulière qui concerne une personne, ou même un état de fait : le cas s’est produit, c’est-à-dire la situation s’est rencontrée. Le cas devient donc la situation elle-même : dans ce cas-là, nous prendrons la décision qui s’impose. On a d’ailleurs une expression toute faite : « le cas échéant… », si le cas se présente.

Puis on assiste à quelques autres glissements de sens : le cas, c’est l’affaire judiciaire.

Mais le glissement est bien plus important, lorsque le mot prend un sens grammatical et introduit une possibilté, une hypothèse : en cas de malheur, c’est-à-dire si un malheur arrivait, venait à arriver : on a bien cette idée de possibilité incertaine, mais qu’il ne faut pas écarter. Et on forme l’expression « au cas où… ». Au cas où je mourrais avant d’avoir payé ma dette, mes héritiers n’auront rien à payer.

On termine avec l’encas ? C’est ce que l’on prévoit pour se sortir d’affaire, si c’est nécessaire, et en général, ça ne désigne rien qu’un petit casse-croute : quelques sandwiches qu’on a préparés si jamais on a un peu faim dans le courant du voyage.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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