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Black lives matter

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Black lives matter ! Ce slogan, on l’entend de plus en plus depuis la mort de George Floyd à Minneapolis. On se souvient d’ailleurs que ce n’est pas cette mort qui l’a fait naitre : il existe depuis près de 7 ans déjà : c’est en juillet 2013 qu’on a commencé à l’entendre, après l’acquittement de George Zimmerman, qui avait tué un adolescent noir en Floride : les manifestations contre le racisme et notamment contre ce qu’on appelle le racisme systémique, le racisme soutenu ou en tout cas peu condamné, du fait des lois et des jurisprudences des États-Unis, se multiplient. Donc on l’entend évidemment en Amérique, mais son succès le fait retentir bien au-delà des frontières de ce pays.

Et on l’entend, on le lit en anglais ! Ce qui peut se comprendre. D’abord, c’est peut-être pour rester au plus près de l’information. Tout le monde ne parle pas anglais en France ni dans les pays francophones, loin de là. Mais la langue anglaise et fréquente, familière. Et d’autre part, la formule ne se traduit pas facilement : elle est très anglaise, et même très américaine. Avec une scansion particulière, avec ses deux premiers mots d’une seule syllabe auxquels fait écho le second mot de deux syllabes : il y a un rythme particulier.

Et puis son côté laconique et concentré s’appuie bien sur la phonologie américaine. Qu’est-ce que ça donne en français ? Les vies noires comptent ? Ça ne sonne pas ! Ça n’a pas d’impact. La vie des noirs, ça compte ! C’est mieux… mais c’est trop long. Ça n’a pas cet aspect cinglant de la phrase qui claque. Les vies noires, c’est vague, moins précis qu’en anglais en tout cas. Et puis matter est un verbe qui lui aussi n’a pas d’équivalent exact en français. Ça renvoie à ce qui a de l’importance. Et le verbe est souvent utilisé à la négative : ti does’nt matter : ça n’a pas d’importance, ça n’est pas grave ! Retournée, la phrase a d’autant plus de force : « Mais si ça a de l’importance ! Mais si c’est grave ! »

Alors est-ce que le verbe compter a ce même effet de sens ? Pas exactement ! Pourtant on l’emploie également à la négative pour dire que quelque chose peut être oublié, passé sous silence, comme s’il n’existait pas, ne méritait pas d’être pris en compte. On a même des formules familières et amusantes pour dire ça : ça ne compte pas, ça compte pour du beurre, ça compte pour des prunes… C’est que le verbe compter, qui signifie au départ dénombrer, a pris le sens d’avoir de la valeur.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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